Déchiffrer Bolsonaro et le gouvernement du Brésil Une analyse de Antonio Martins

 | Par Antonio Martins, outraspalavras

Dans ce texte du 24 janvier 2020, Antoinio Martins, analyse les deux factions qui sont au gouvernement du Brésil : celle du poing américain et celle du gant de velours. Elles nuisent au pays, menacent la démocratie brésilienne et se protègent mutuellement. Cela a été rendu possible par une série d’erreurs tactiques et stratégiques dans lesquelles la gauche s’est fourvoyée.

Traduction : Jean Saint-Dizier pour Autres Brésils
Relecture : Luc Duffles Aldon

Que le gouvernement Bolsonaro soit un amalgame bizarre de forces en conflit ancien, nous le savions déjà [1]. Y cohabitent, d’un côté, des personnages instables et réactionnaires, tels que le président lui-même, ses fils, Damares [2], Weinbraub [3] et Araújo, [4]. De l’autre, des figures de proue des élites financières, à la main de fer dans un gant de velours. Paulo Guedes, par exemple, mais aussi les dirigeants de la Banque Itaú, qui émettent en série des rapports dithyrambiques sur l’action du gouvernement ; ou encore des économistes tels que Delfim Netto [5], qui plaident pour que les contre-réformes viennent réduire le pouvoir des travailleurs et “modernisent” le pays.

Nous savons aussi déjà que cet accouplement contre-nature n’est pas une particularité brésilienne. Voir le soutien de Davos à Trump, l’alliance explicite, en Espagne, entre le PP (de centre-droite), le parti Ciudadanos (issu de la droite “moderne”) et Vox (ouvertement fasciste). Ou encore en Italie, le siphonage de la droite traditionnelle qui a migré vers la Ligue de Matteo Salvini et de son conseiller principal, Steve Bannon. Nous reviendrons d’ailleurs plus avant sur cette alliance.

La nouveauté de cette semaine [6], c’est l’apparition de faits permettant de comprendre avec une clarté inédite, comment ces deux forces – que l’on peut qualifier de “proto-fascistes” et “ultracapitalistes”, coexistent, se soutiennent et se protègent mutuellement. Quelque chose d’encore plus délicat est aussi devenu évident. Les attaques menées par cette alliance ne sont possibles que dans la mesure où ses deux composantes profitent d’une situation improbable. L’opposition de gauche a disparu. Les partis dans lesquels une grande partie de la population faisait confiance, pour défendre une vision du monde alternative à celle de Bolsonaro ou de Paulo Guedes, ont peu à peu abandonné ce rôle. Cette absence restreint le champ du visible de la politique à une option entre l’atroce et l’épouvantable ; et laisse aux deux factions qui composent le gouvernement du Brésil, la liberté de ne jamais cesser leur offensive, de ne jamais être obligés de se confronter à des propositions contraires aux leurs, de ne jamais avoir à comparer leur vision du monde à d’autres.

Trois évènements forts ont dominé la dernière semaine de janvier, et c’est à leur lumière que nous examinerons l’action du gouvernement Bolsonaro et l’absence d’une vraie opposition pour y répondre. L’un d’entre eux a polarisé le débat public, ayant même des répercussions à l’étranger. Il s’agit de la mise en accusation, par un procureur fédéral connu pour son engagement politique partidaire, du journaliste Glenn Greenwald, au motif d’une collaboration supposée avec des hackers. Les deux autres, bien que plus importants, ont eu beaucoup moins d’impact. Ainsi, l’opération visant à transférer Embraer [7] – la plus grande entreprise brésilienne de haute technologie – à Boeing, société nord-américaine elle-même en pleine crise et au bord de la faillite, a suivi son cours. Et, pendant ce temps-là, au Congrès National, on étudiait tranquillement la fameuse “PEC du Pacte Fédératif [8]”, proposition d’amendement constitutionnel qui peut en finir avec l’obligation imposée aux gouvernements des états et aux équipes municipales, de garantir un budget minimum aux secteurs de la Santé et de l’Éducation. Si elle passe, elle risque d’en finir aussi bien avec le Système Universel de Santé (SUS) , qu’avec l’enseignement public. Mais ni ce risque-là, ni la liquidation d’Embraer n’ont fait l’objet de l’attention de la presse ni du débat public. Pourquoi ?

* * *
Une première réponse se trouve dans l’articulation rigoureuse des deux forces principales composant le gouvernement. Il ne s’agit pas de conspiration, mais de défense réciproque et combinée d’intérêts distincts. Revoyons le film de l’action afin d’en bien comprendre la dynamique. L’agenda proto-fasciste - avec la tentative de faire taire Glenn Greenwald et de restreindre la liberté d’expression – a réussi à faire les grands titres de tous les journaux entre mardi et mercredi. Elle a alimenté des dizaines d’articles, des milliers de commentaires sur les radios et les télévisions, des millions de messages sur les réseaux (anti-)sociaux. Ce qui n’a eu aucune conséquence majeure : la cause n’est pas plus populaire que cela, le procureur est récusé, la répercussion internationale négative a même contraint Bolsonaro à prendre ses distances avec cette tentative ratée, un jour seulement après l’avoir lui-même nourrie.

Mais cette polarisation a servi d’écran de fumée à la bande ultracapitaliste du gouvernement pour avancer, sans être vue et sans débat aucun, sur les dossiers bien plus cruciaux pour eux. Ce fut le cas cette semaine [24 janvier 2020] de la livraison d’Embraer à Boeing et de l’amendement constitutionnel qui dépouille le Système Universel de Santé et l’enseignement public. Tout au long de cette première année du gouvernement Bolsonaro, il est ainsi possible de trouver des dizaines d’autres cas semblables où le même artifice se répète. Rappelons-nous, par exemple, et pour rester sur des cas récents, du discours nazi du pathétique Roberto Alvim [9] ; de l’association, par Bolsonaro, de Leonardo di Caprio aux incendies en Amazonie ou de la nomination de Sergio Camargo, qui nie l’existence de racisme au Brésil, à la présidence de la Fondation Palmares [10].

Dissimulé derrière des “controverses” comme celles-ci, le gouvernement a pu mener à bien une deuxième contre-réforme du droit du travail, dévaster le Sécurité sociale, continuer à brader la Petrobras, menacer le BNDES , fragiliser la Banque du Brésil ainsi que la Caixa , avancer sur l’exploitation minière en territoires indigènes, sans oublier d’assujettir la diplomatie brésilienne aux EUA – entre autres actes du même genre.

Voyons maintenant de quelle manière l’association peut être mutuellement bénéfique pour les deux factions qui se partagent le gouvernement. Bolsonaro est le rideau de fumée parfait pour le projet ultracapitaliste. Si Geraldo Alckmin [11] était président, la totalité du programme d’attaque des droits sociaux, de dévastation des services publics et de renoncement à la souveraineté nationale, tout cela serait mis en place de la même manière – et peut-être même par des agents plus compétents, techniquement. Mais toutes ces politiques impopulaires se retrouveraient au centre du débat national, soumises en continu à l’approbation publique, provoquant ainsi l’épuisement de ses défenseurs. Bolsonaro leur épargne tout cela. Il est le clown qui distrait le public, tandis qu’en coulisses, de “ténébreuses transactions [12]” sont menées.

Carnaval 2020 - défile de Vigario Geral : « Bozo le clown » est devenue une représentation commune d’un président qui multiplie les bouffoneries

Mais les proto-fascistes tirent aussi profit de ce partenariat. Parce que les grandes puissances financières comprennent, et récompensent, les services rendus. Le président, par ses actes et ses prises de paroles – de la défense de la torture à la dissolution d’une politique étrangère indépendante – a déjà commis des crimes de responsabilité par dizaines. Chacun d’entre eux provoquerait un énorme scandale et engendrerait un processus de destitution, si le président du Brésil était un autre. Mais n’espérez pas cela et n’imaginez pas qu’à un moment donné, Bolsonaro dépassera les bornes et sera mis en accusation. Ses attaques contre la démocratie et ses radotages seront pardonnés, oubliés ou minimisés par le grand pouvoir financier, par la presse traditionnelle et par les hommes politiques conservateurs supposément “civilisés” – tant qu’il continue à jouer son rôle actuel...

* * *

Cela nous amène au deuxième élément central de la scène politique : la quasi complète inexistence d’opposition. La dévastation opérée par le gouvernement en si peu de temps (et qu’il veut prolonger indéfiniment) n’est pas l’œuvre d’une dream team – mais celui d’un misérable casting. Sur Bolsonaro, ses fils et ses ministres débiles, il n’est rien besoin d’ajouter. Mais prenez Sergio Moro, son provincialisme, son ignorance même en matière juridique, ou Paulo Guedes, contemporain médiocre des économistes auteurs des plans économiques des années 1980 et 90, qu’ils n’ont jamais sollicité pour quoi que ce soit ; un ministre qui a, à plusieurs reprises, montré qu’il connaissait très mal les mécanismes essentiels, aussi bien du service public que de l’économie brésilienne. Cette équipe de piètre niveau ne brille sur la scène brésilienne que grâce au vide laissé par le camp d’en face.

La paralysie de l’opposition s’explique par deux raisons : l’incapacité de résister à l’agenda de Bolsonaro et à l’inappétence, plus grande encore, de retrouver une imagination rebelle et anti-systémique – qui commence déjà à renaître dans diverses parties du monde. Revenons-en d’abord aux principaux évènements de cette semaine et aux opportunités d’actions qu’elles permettent. Chez Embraer, 16 000 travailleurs ont été mis en congés d’office, entre le 6 et le 21 janvier. Devant les incertitudes provoquées par la crise aiguë de Boeing, la direction de l’entreprise ne sait toujours pas quel sera son avenir. Cette situation à elle seule suffirait pour que n’importe quelle figure de l’opposition se rende à São José dos Campos [13], et organise, avec le syndicat, une visite aux usines saisies d’angoisse, et échange avec les travailleurs. La répercussion serait assurée – sans oublier qu’il existe, en plus des médias traditionnels, un important réseau de publications alternatives. Quant à la proposition d’amendement constitutionnel (PEC) du “Pacte fédératif” , elle permettrait, par exemple, d’amorcer un dialogue avec les étudiants (responsables d’un important mouvement de manifestations contre les coupes budgétaires en 2019), avec le vaste réseau de défenseurs du SUS (présentes dans tous le pays), avec les usagers des services de santé, en plein processus de liquidation.

Vous n’avez certainement vu aucune de ces initiatives durant la semaine passée. Et cette lacune ne date pas d’aujourd’hui. Depuis le début du gouvernement, l’opposition s’est abstenue de toute critique envers ces actes de pillage. Elle a préféré se concentrer sur un agenda unique – la libération de Lula – et, sans nier son évidente justice, n’a jamais été capable de se mettre au diapason des drames quotidiens du plus grand nombre. Depuis novembre, et la remise en liberté de Lula, l’agenda unique s’est transformé en sans agenda aucun. D’ailleurs, jusqu’à ce jour, Lula libre produit beaucoup moins de faits politiques que n’en produisait Lula incarcéré...

La situation est encore pire lorsque l’on examine la disposition de la gauche institutionnelle à imaginer de futures alternatives à l’ultra-capitalisme et au proto-fascisme. Cette étape-là est indispensable pour sortir le pays du labyrinthe dans lequel il se trouve, parce qu’il ne suffit pas de dénoncer les régressions subies. Pour reconstruire un mouvement visant à la transformation de la société, il faut faire appel à d’autres logiques, d’autres politiques, d’autres façons d’être au monde.

La crise du système a ouvert, dans différents pays, un espace pour reconstruire un imaginaire post-capitaliste. Prenons le cas du Chili. Sur le thème de la recherche du commun, de services publics d’excellence, s’est tissé, tout au long de ces dernières années, une alternative aux privatisations et à la transformation de la vie en une marchandise à bas prix. En septembre de l’année dernière, une manifestation étudiante contre la hausse du prix du ticket de métro, a servi d’étincelle pour allumer la révolte qui a fait voler en éclat la “vitrine du néolibéralisme” en Amérique latine, débouchant sur la convocation d’une assemblée constituante [14] . Aux États-Unis, Bernie Sanders bouscule les élections présidentielles et polarise la jeunesse en proposant, entre autres projets impactants, un Green New Deal. La proposition combine la conversion à une économie propre avec un gigantesque plan d’investissements en infrastructures (usines solaires, lignes de chemins de fer, transports publics urbains, accès gratuit à la fibre) et la garantie, pour tous les travailleurs qui le souhaitent, de pouvoir accéder à un emploi formel avec un salaire décent. En France, une grève générale prolongée, combinée à des formes de luttes novatrices et irrévérencieuses, ont obligé le gouvernement à revenir sur le point principal de sa contre-réforme du système de retraite – le relèvement de l’âge minimum légal de départ à la retraite [15] .

Au Brésil, la gauche institutionnelle reste sourde à cette effervescence et à ce bouillonnement d’idées. Le projet de gouvernement qui a porté Lula et Dilma s’est épuisé en 2014 et, agonisant, a débouché en 2015 sur un “réajustement fiscal” qui a provoqué la rupture des liens avec une majorité de Brésiliens et ouvert la voie au coup d’État. Mais il n’y a aucune réflexion en cours, ni sur l’effondrement de ce projet, ni sur les alternatives pour le remplacer. Deux postures morbides prédominent : la lamentation mélancolique sur la fin de “la belle époque”, et l’adaptation silencieuse aux retours en arrière : la majorité des gouverneurs d’opposition commencent à mettre en place, dans leurs états respectifs, des contre-réformes des retraites très semblables à celles de Bolsonaro [16]. Qui peut s’enthousiasmer, ou se mobiliser, devant des attitudes telles que celles-ci ?

* * *

Il n’existe pas de vide durable en politique, mais certains des pires désastres se produisent lorsque ceux qui ne remplissent plus leurs anciens rôles s’accrochent à leurs anciens postes, comme des fantômes de ce qu’ils furent un jour. Comme on l’a vu, vaincre la coalition entre proto-fascistes et ultracapitalistes, articulés autour du président du Brésil, n’est ni simple, ni facile. Mais ce n’est pas non plus impossible. Le soutien au gouvernement du Brésil est minoritaire au sein de la société. Une large majorité n’est pas d’accord avec les attaques menées contre les droits civiques et les services publics, ni avec la tentative de restreindre, voire liquider la démocratie. Il y a surtout, une immense énergie contenue : des millions de personnes – douées de sens critique, instruites, créatives – qui se sont mobilisées, ces dernières années, à l’occasion des manifestations contre le coup d’Etat, des révoltes étudiantes, des grèves générales pendant le gouvernement Temer, du mouvement #elenão[ #Paslui, [Mouvement de mobilisation contre Bolsonaro et la menace du fascisme au Brésil en 2018 ; Rachel Knaebel sur Basta !]], des manifestations contre l’assassinat de Marielle Franco, de la lutte pour la défense de l’éducation, l’université et la science contre les coupes budgétaires de Weintraub.

Ces personnes, qui connaissent les menaces exprimées par Bolsonaro et sont disposées à les affronter, attendent que quelqu’un les informe, les organise, les mobilise. Ils se retrouvent malheureusement avec une gauche fantomatique. Cette contradiction a, depuis peu, été résolues de deux manières distinctes dans d’autres pays. Soit une brèche pour la rénovation s’ouvre dans le giron de la gauche elle-même – comme cela s’est passé aux États-Unis et en Angleterre, avec Bernie Sanders et Jeremy Corbyn –, soit des alternatives surgissent, en réponse aux partis qui se refusent à mourir. C’est le cas des Indignés et de Podemos en Espagne ; ou encore, au Chili de Frente Ampla et, plus récemment de la Plataforma Unidade Social.

Hanté de fantômes, le Brésil se doit de vivre, sans attendre, l’un de ces deux processus. Il est essentiel de s’en rendre compte afin de ne plus être captif d’une coalition qui menace les droits, la démocratie et l’idée même de pays.

Voir en ligne : Outras Palavras

[1Les textes de Eliane Brum décrivent souvent les intéractions stratégiques entre ces forces.

[2Au sein du gouvernement Bolsonaro, Damares est secrétaire d’État « de la femme et des droits humains

[3ministre de l’Éducation

[4ministre des Relations Extérieures

[5Delfim Netto a été ministre de l’économie, de l’agriculture, de la planification successivement, durant les années de dictature militaire. Il est aussi l’un des signataires de l’AI-5, en 1968.

[6Celle du 20 janvier 2020

[7Le constructeur aéronautique brésilien, spécialisé dans les avions civils de petite et de moyenne taille.

[8Le pacte fédératif est un des fondements de la Constitution de 1988 et établit les obligations et les principes de solidarités financières entre les membres de l’Union, c’est-à-dire, les collectivités : les municipalités, les états et l’État fédéral. Le plan de gouvernement de Bolsonaro « Mais Brasil » inclut trois amendements à la Constitution pensés par Paulo Guedes, celui de Pacte fédératif ; celui des Mesures d’urgence ; celui des Fonds publics. Le projet d’amendement au Pacte fédératif a été présenté en mars 2019 au Parlement mais les discussions sont freinées par les équilibres politiques autour de la réforme de la retraite.

[9le ministre de la culture a été, depuis, forcé à démissionner.

[10Organisation gouvernementale qui défend les droits des noirs depuis plus de trente ans

[11Ex-gouverneur de l’Etat de São Paulo, candidat malheureux aux dernières présidentielles pour le PSDB de centre droit.

[12Expression tirée du texte de la chanson “Vai passar” de Chico Buarque.

[13Ville située dans la région métropolitaine de Sao Paulo, où se trouve le siège d’Embraer.

[14Le plébiscite chilien est prévu pour le 26 Avril 2020. Les violations des droits humains contre les manifestants ont été dénoncé dans différentes instances internationales et l’ONU a envoyé une mission d’évaluation de la situation. En parlant de Chile, rappelons qu’en Septembre 2019 Bolsonaro a insulté l’ancienne présidente du Chili, Michèle Bachelet, en faisant référence à la Dictature de Pinochet. L’actuelle Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits Humains avait déclaré un « rétrécissement de l’espace démocratique au Brésil ».

[15Notons que le sujet n’est toutefois pas annulé, mais juste repoussé “à une date ultérieure”.

[16Bien qu’il ne soit pas le seul, cette référence fait immédiatement penser au Gouverneur de Bahia (Rui Costa, Parti des Travailleurs) qui a agencé une stratégie politique pour que son Projet d’Amendement à la Constitution [PEC 159-2020], soit étudiée et approuvées avant le Carnaval 2020. Les mesures proposées sont comparables à celle de la réforme nationale de la Sécurité Sociale.

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