Voix et Visions Autochtones du Brésil TOURNÉE EUROPÉENNE 03 & 04 2019

Les peuples et territoires autochtones peuvent être des allié.e.s et des lieux d’une importance considérable pour cel les et ceux qui souhaitent comprendre et surmonter les crises profondes que nous vivons actuellement.

Au Brésil , les Premières Nations subissent des at taques d’une ampleur inédite.

Au fil de 14 étapes dans 6 pays d’Europe de l ’Ouest , nous vous convions à une série de rencontres, d’échanges et d’actions avec Daiara Tukano, Jaider Esbell, et Fernanda Kaingang.

CONTEXTE

Nous sommes mondialement confronté.e.s à une crise des droits humains couplée à une crise environnementale d’une ampleur gigantesque. Le Brésil les exemplifie. Il vit actuellement une vague de retours en arrière : en matière de relations de genre, de droits des femmes, de droits des LGBTQ, de droits du travail, de droits environnementaux et de droits des peuples indigènes. Ces derniers sont plus que jamais attaqués. Ils le sont de manière inédite.

Apparaissent également diverses alternatives façons d’y faire face et de survivre non seulement comme espèce humaine mais comme forme de vie sur la planète. Elles concernent nos moyens d’existence, la relation entre les êtres humains et la nature, les conséquences de l’anthropocène, les grands changements sociaux et culturels.

Quel est le rôle des peuples autochtones dans ce panorama ? En tant que peuples originaux, peuples anciens dont les cultures subsistent, survivants, résilients, face à un processus colonial de plus de 500 ans, et face au capitalisme mondial toujours plus sauvage et violant toujours plus les droits humains.

Nous, peuples indigènes, nous ne parvenons jamais à nous détacher de notre territoire, de nos forêts, parce que notre relation avec notre culture, notre vision du monde, notre spiritualité, nous place dans un autre modèle de relation avec la vie et avec tout ce qui existe. C’est pour cela qu’au Brésil, et dans d’autres parties du monde, les territoires indigènes délimités et reconnus, sont aussi de grands espaces de préservation de la biodiversité environnementale mais aussi celle des cultures et des façons de penser.

Le Brésil compte 305 peuples autochtones qui parlent 274 langues. 65 peuples d’entre eux se situent en isolement volontaire et sont menacés d’extermination par des entreprises agroalimentaires, forestières et minières. La plupart des langues indigènes du Brésil n’ont pas été étudiées et apparaissent dans l’Atlas de l’UNESCO comme langues du monde en danger de disparition.

Nos expressions culturelles, nos chants, nos danses, nos graphismes, les connaissances et les actions de nos maîtres : chamans, tuxauas, xamãs, kujäs sont cibles d’appropriations et détournés par les droits de propriété intellectuelle sans respecter le consentement libre, préalable et éclairé mais aussi la distribution juste et équitable des bénéfices multimillionnaires que les grandes industries refusent de partager.

INTENTIONS

Nous espérons pouvoir partager avec vous, nous inviter à construire des actions collectives en co-responsabilité pour cette diversité, le bien vivre, la liberté et la dignité humaine, autant que pour celle de la nature. Il s’agit aussi de ce que nous croyons être l’idée de démocratie, où les droits acquis soient respectés et où les politiques visant à les protéger soient appliquées.

Nous souhaitons partager nos visions du monde en utilisant des langages variés, plus larges que le langage académique ou celui des mouvements politiques, les langages artistiques de la visualité, de la gestualité et de la présence du corps indigène dans l’espace. Un espace européen, historiquement reconnu comme celui des cultures qui ont colonisé le monde.

La provocation permettra de réfléchir aux relations de pouvoir scientifique, culturelles, marchandes, guerrières, politiques dans nos rapports aux autres etl a vie elle-même.

Nous serons trois : Daiara Tukano, Jaider Esbell, et Fernanda Kaingang. Nous travaillons dans divers domaines et portons un éventail d’alternatives, d’activités et de propositions. Elles permettent de voir les violations des droits humains contre nos peuples au Brésil dans le contexte actuel du gouvernement de Jair Bolsonaro et dans une perspective historique longue.

Notre intention est d’aller au-delà de ce qui est généralement présenté, en abordant l’art contemporain autochtone, en montrant la richesse du protagonisme, la création culturelle indigène brésilienne et en invitant à connaître l’ indigène dans le monde, dans sa contemporanéité parce que nous existons toutes et tous dans le même temps, nous ne sommes pas des créatures du passé.

Nous souhaitons aborder avec celles et ceux que nous rencontrerons le changement climatique et comment l’anthropocène, ce basculement dans lequel l’être humain se place dans une relation de supériorité à la nature, nous amène aux crises actuelles ; vis à vis des ressources naturelles, des modèles de production, des impacts sur la santé de tous les êtres vivants.

Invitons-nous à un changement, une transformation de cette relation, en faveur du bien vivre afin que nous ayons toutes et tous, humain-ne-s, animaux, plantes, des droits et des garanties de dignité, de santé et aussi de diversité, éléments fondamentaux pour une culture de paix et de justice sur notre planète.

BIOGRAPHIES

DAIARA TUKANO

Peuple Tukano (Amazonie) - Yé´pá Mahsã - Master en Droits Humains - Artiste Plasticienne - Coordinatrice de la Radio Yandê.

Daiara Tukano, du peuple Tukano do Alto Rio Negro, est militante et artiste plasticienne, titulaire d’un Master en droits humains de l’Université de Brasilia, chercheuse en droit à la mémoire et à la vérité des peuples autochtones.

Communicatrice indépendante et coordinatrice de Radio Yandê, la première web radio indigène du Brésil (www.radioyande.com) . Elle est l’une des premières femmes de son peuple à avoir été initiée à la spiritualité traditionnelle Tukano, étudiant les médecines sacrées avec son père lors de cérémonies.

Daiara considère que l’activisme est un exercice de conscience pour l’ intégration avec la nature, afin que nous puissions travailler ensemble à cultiver une société plus juste et respectueuse de la diversité, honorant la dignité de tous les êtres vivants. Il existe plusieurs chemins pour se connecter à cette conscience. Pour elle, tout est spiritualité : l’art, les relations politiques et sociales, ainsi que notre recherche d’une compréhension plus profonde de l’univers.

LUCIA FERNANDA JÓFEJ

Lucia Fernanda Inácio Belfort Sales, connue dans le mouvement autochtone brésilien sous le nom de Fernanda Kaingáng, appartient au Peuple Kaingáng du Sud du Brésil. Elle a été conseillère de la Présidence de la Fondation Nationale Indienne (FUNAI) en 2003 et est membre fondatrice de l’ Institut Indigène Brésilien de la propriété (INBRAPI) et de l’Institut Kaingáng (INKA), travaillant principalement à la diffusion des droits des peuples autochtones auprès des peuples et des organisations autochtones des 5 régions du Brésil et auprès d’agences des Nations Unies.

Fernanda Kaingáng a été la première avocate autochtone dans le sud du Brésil. Depuis 2004, elle participe aux réunions de la Convent ion sur la Diversité Biologique (CDB) et est l’une des négociatrices autochtones au sein du Comité intergouvernemental de la propriété intellectuel le relative aux ressources génétiques, aux savoirs traditionnels et au folklore de l ’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) à Genève.

Elle est professeure d’art Kaingáng au Kanhgág Jãre Culture Point sur la terre indigène Serrinha, dans le sud du Brésil, professeur de droits des peuples indigènes et a enseigné dans différents établissements d’enseignement supérieur depuis 2011.

https://www.instagram.com/pontodeculturakanhgagjare/

JAIDER ESBELL

En 2009, il reçoit la bourse Funarte pour la création littéraire avec le livre de néo-contes Terreiro de Makunaima - Mythes, légendes et histoires en vécus. En 2013/2014, il enseigne la culture amazonienne aux États-Unis. En 2016, il a remporté le prix PIPA Online d’art contemporain.

Artiste indigène Makuxi, peuple transfrontalier vivant autour du Mont Roraima, entre le Brésil (RR), le Venezuela et la Guyane. Esbell est le petit-fils de l’entité culturelle Makunaima qui est au centre de la création du monde pour son peuple.

L’artiste a publié plusieurs articles dans des revues d’art comme Select, et des articles scientifiques comme Iluminuras de l’UFRGS. L’une de ses expositions les plus importantes est Mira-Artes Visuais des peuples indigènes, qui a réuni des artistes autochtones du Pérou, de Bolivie et d’Équateur (UFMG/2013). Depuis 2016, l’artiste vit exclusivement de l’art et a son espace de création à Boa Vista-RR où il réside et développe diverses activités interculturelles.

http://www.jaideresbell.com.br/site/2016/07/01/it-was-amazon/

DATES & ÉTAPES

  • Lisbonne 15-17 / 03
  • Bruxelles 18-22 / 03
  • Lausanne 23 / 03
  • Amsterdam 24-28 / 03
  • Lieden 26 / 03
  • Bâle 29-30 / 03
  • Berne 01 / 04
  • Genève 01-05 / 04
  • Paris 15-17 / 04
  • Londres 23-24 / 04
  • La Haye 27-28 / 03
  • Grenoble 07-12 / 04
  • Manchester 25-29 / 04
  • Clays sous Bois 15-17 / 04

COLLECTIFS, MOUVEMENTS & ORGANISATIONS PARTENAIRES

Autres Brésils, Climate Games Basel, Climate Justice Action, Coordination Climat Justice Sociale, Collectif BreakFree, Collectif Mémoire-Vérité-Justice Rhône-Alpes, Climaximo, Extinction Rebellion, CRID, CSIANITASINAN, Instituto Kaingáng e do Ponto de Cultura, Lado Brasil, Pela Democracia no Brasil, Plateforme Amerinde, Radio Yandê, Société Pour les Peuples Menacés, Terre Indigène, Transnational Institute

CONTACTS & INFORMATIONS

Regina Trindade (français, portugais)
00.33(0)6.95.13.18.40 - ladobrasil@gmail.com

Olivier de Marcellus (français, anglais)
00.41(0)7.93.42.70.25 - elviejo@riseup.net

Guillaume Durin (français, anglais)
00.33(0)6.64.94.84.43 - guillaume_durin@hotmail.com

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