Jair Bolsonaro, le « pire ennemi des peuples indigènes »

, par Marie Naudascher

09/08/2019

Crédit : Mídia Ninja

Après la découverte du corps du chef indigène Emyra Wajapi dans une rivière le 23 juillet dernier, dans l’État de l’Amapa, dans le nord du pays, les membres de sa tribu ont autorisé son exhumation. Il s’agit d’une décision exceptionnelle dans la culture wajapi, qui vise à faire la lumière sur les conditions de cette mort violente. Mais avant même la conclusion de l’enquête, le nouveau président du Brésil Jair Bolsonaro a tranché : il n’y a pas « d’indices » entre cet assassinat et l’invasion d’une cinquantaine d’orpailleurs clandestins sur les terres Wajapi.

C’est pourtant la thèse soutenue par la Fondation nationale de l’Indien (FUNAI), et l’objet de l’enquête de la police fédérale. Délimitées en 1996 par l’État, qui en délègue la gestion aux Indiens, ces terres sont riches en or, manganèse, fer et cuivre. Elles restent l’objet des convoitises des orpailleurs clandestins qui se sentent encouragés par la politique favorable à l’agro-industrie et au tout business du président Bolsonaro.

Le champion de l’agro-industrie

« Pourquoi vouloir exploiter les terres indigènes ? La motivation ne peut être qu’idéologique de la part de ceux qui ignorent totalement la réalité des peuples traditionnels et ne conçoivent pas la possibilité de vivre autrement que comme les urbains », déplore l’anthropologue Dominique Tilkin Gallois, professeure à l’Université de Sao Paulo (USP).

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Voir en ligne : La Croix

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