Entretien avec Silvio Tendler : politique et culture de gauche dans l’œuvre d’un cinéaste engagé

, par Romulo Mattos

Source : Junho Blog - 06/07/2015
Traduction pour Autres Brésils : Pascale Vigier
(Relecture : Caroline Sordia)

Illustration de D. Muste

Un jour, j’étais en train de bavarder avec mes collègues de travail dans la salle des professeurs du département de communication sociale de l’Université catholique pontificale de Rio (PUC-Rio), lorsqu’est entré Silvio Tendler. À son arrivée, tous ont interrompu leurs conversations pour le saluer. J’ai remarqué un respect et une tendresse généralisés, ce qui est d’autant plus significatif que tous ne partagent pas ses idées politiques. Avec le temps, j’ai constaté que son arrivée en ces lieux est toujours un événement qui rompt les habitudes. Quand l’agitation est retombée, je me suis présenté à Tendler qui s’est montré intéressé lorsque je lui ai confié que je recommandais ses films Les Années JK – une trajectoire politique [1] (1980) et Jango [2] (1984) aux élèves de mes cours d’histoire du Brésil. Il m’en a su gré et je lui ai aussitôt parlé du projet de blog Junho. Sa disposition à discuter de l’action de la gauche à l’époque actuelle ne m’a pas déçu, et j’ai même été enthousiasmé quand Tendler m’a demandé si le blog accepterait la participation d’un marxiste non orthodoxe. « Bien sûr que oui », lui ai-je répondu, « et je pense que vous pouvez commencer en accordant une interview à Junho », ai-je ajouté, tandis que ma proposition était acceptée d’un signe de tête. Nous avons pris rendez-vous pour la semaine suivante, et le résultat de cette rencontre se trouve ci-dessous. Sa trajectoire et sa formation politique nous ont permis d’aborder divers sujets, tels que son adhésion initiale au mouvement des ciné-clubs des années 60 et les souvenirs d’une époque où la gauche était fortement représentée dans le champ culturel ; les affrontements rudes et pas toujours nets avec les militaires, hier et aujourd’hui ; sa formation en histoire en France dans les années 70, et les mouvements intellectuels engagés dans la transformation sociale dans lesquels il s’est impliqué, dans le même pays ; les coulisses et l’esprit de l’époque en lien avec ses films les plus connus du public ; ses fermes prises de position pour la démocratisation d’internet ; sa revendication d’une continuité de participation de la gauche dans le processus ouvert par les journées de Juin [3] ; et sa conception de l’artiste engagé et du professeur d’université formateur d’opinion. Il est toujours bon de lire ce que Tendler pense de la politique, de la culture et de la société brésilienne, dans une perspective historique. Après tout, il s’agit de l’un des plus importants documentaristes brésiliens, dont l’œuvre dialogue intensément, depuis des dizaines d’années, avec des thèmes chers à la gauche.

Romulo Mattos : Pourriez-vous parler de votre parcours initial ? Comment en êtes-vous arrivé à vous spécialiser dans le cinéma et quelles ont été vos influences ?

Silvio Tendler : Je suis né en 1950 à Tijuca [4], j’avais donc 14 ans en 1964. C’est un calcul facile à faire puisque je suis né en 1950, année au compte rond. J’étais d’une famille de la classe moyenne libérale de Copacabana [5]. Mon père était avocat, ma mère médecin, mais ils votaient toujours progressiste, ils votaient pour le président Juscelino Kubitschek, pour Henrique Teixeira Lott [6]. Quand est survenu le coup d’État de 1964, cela a été un grand choc pour les gens. Nous faisions partie du petit nombre qui dans la rue avait cette vision libérale du monde ; la majorité était pro-Lacerda [7], udéniste [8]. Alors, pour nous, vivre ce coup d’État a été compliqué, parce que nous devions protester de façon discrète et silencieuse, sinon la répression se serait abattue sur nous. J’ai toujours été très politisé, dès dix ou douze ans, je lisais des journaux politiques, je marchais accompagné de la petite épée du maréchal Lott. En 1965, à quinze ans, j’ai fait la campagne de Negrão de Lima [9] [pour le gouvernement de l’État de Guanabara]. Je me suis donc politisé petit à petit et c’était un moment où l’art et la politique se croisaient, se trouvaient à une intersection. Avec la répression de 1964, l’annulation des droits politiques des députés, l’expulsion de militaires des Forces Armées et la fermeture des syndicats et de l’UNE (Union Nationale des Étudiants), les seuls qui restaient pour réagir au coup d’État de 1964, ce furent les journalistes, les intellectuels, les pigistes, les écrivains, le théâtre, la musique et, dans une moindre mesure, le cinéma. C’est alors que j’ai commencé à entrer dans ce mouvement culturel et politique, qui était une réaction possible au coup d’État, et à faire des choses culturelles, et, en même temps, politiques. Je suis entré dans le mouvement des ciné-clubs vers 1966. En 1965, il y a eu un festival de cinéma du Jornal do Brasil, fait par des amateurs, et j’ai commencé à voir que je pouvais faire du cinéma moi aussi (j’avais 15 ans). J’ai commencé à me mobiliser, politiquement et culturellement. Par les ciné-clubs et la participation à des manifestations étudiantes, j’ai donné un coup de barre à gauche dans ma vie, d’une façon plus radicale que celle de mes parents, qui étaient libéraux. Et j’ai commencé à étudier, à lire beaucoup d’histoire, et, à travers les ciné-clubs, on avait aussi un militantisme politique. J’avais un ami qui m’avait mis dans les mains les livres de Nelson Werneck Sodré [10]. J’ai commencé à lire ces livres et je me suis dit : « Ces livres-là donneraient de véritables films ». J’ai commencé à penser à du super cinéma, avec ces histoires que Werneck Sodré racontait dans História militar do Brasil [Histoire militaire du Brésil ] et autres... C’étaient des films épiques. C’est alors que j’ai commencé à vouloir faire des films. J’ai lu un jour le livre d’Edmar Morel, A Revolta da Chibata [La Révolte du fouet] et j’ai découvert que João Cândido Felisberto, qui avait pris la tête de la Revolta da Chibata [11], était vivant, habitait São João de Meriti [12] et avait donné une interview au Musée de l’image et du son. J’y suis allé, j’ai parlé au directeur, Ricardo Cravo Albin, et il m’a dit : « Le fils de João Cândido, Candinho, travaille avec moi à la Direction nationale de l’approvisionnement (SUNAB) » [13]. J’ai tout de suite dit : « Alors, vous me le présentez ?— Oui, je vais vous le présenter. — J’aimerais rencontrer son père ». Il m’a emmené chez João Cândido, je l’ai filmé, et ce fut mon premier film, inachevé, parce que la répression nous est tombée dessus. Ceux qui conservaient la copie ont eu peur, l’ont brûlée, le matériel s’est perdu, mais il en resté ce ferment qui m’a fait ne plus jamais quitter le cinéma.

Romulo Mattos : Ce qui est intéressant, c’est que vous avez cité des journalistes et des historiens. Vous ne citeriez pas de cinéastes dans vos influences ?

Silvio Tendler : Si, à cette époque j’ai vu beaucoup de films... Je fréquentais pas mal la cinémathèque du Musée d’art moderne (MAM), il y avait un mouvement important... Premièrement, le cinema novo était à l’apogée de son succès. On publiait sur le cinéma dans les pages culturelles comme on publie aujourd’hui sur le rock. Le cinéma était alors une chose importante. J’étais voisin de Zelito Viana, qui était le producteur de Glauber Rocha, de Terre en transe, et sa maison était fréquentée par Eduardo Coutinho, Leon Hirszman, et j’ai vu tout ce monde. J’ai pu travailler pour un film de Paulo Alberto Monteiro de Barros, qui a pris le nom ensuite d’Artur da Távola. J’ai commencé à les fréquenter, à les voir de près, à fréquenter les bars d’Ipanema qu’ils fréquentaient. Le bar du MAM était un point de rencontre des artistes, des intellectuels. Moi, à 18 ans, je prenais mon café aux côtés de Caetano Veloso, Jards Macalé, Gilberto Gil, Rubem Gerchman, Leon Hirszman. C’est ainsi que ça s’est produit, les types nous donnaient leurs films par le biais de la Fédération des ciné-clubs de Rio de Janeiro, qui les distribuait, ainsi je suis entré peu à peu dans ce monde du cinéma. Au MAM, j’ai vu les films interdits, grâce à Cosme Alves Neto [14], qui nous passait clandestinement les films du MAM, les classiques. J’ai vu en cachette Le Cuirassé Potemkine, les films de Chris Marker, des films indépendants, quelques dessins animés qui venaient d’Europe de l’Est. J’ai fait la connaissance de ce monde à travers l’art et le cinéma, ainsi que du monde du socialisme.

Romulo Mattos : Vous avez parlé de la manière dont vous êtes arrivé au cinéma. Votre œuvre politique parvient au sommet de la reconnaissance du public avec Jango, en 1984. Plus d’un million de personnes ont vu ce documentaire, ce qui est assez phénoménal. Je voudrais que vous en décriviez le contexte.

Silvio Tendler : En réalité, c’était un moment de fin de la dictature. Je pense que Os Anos JK a eu un peu moins de public que Jango, mais plus par absence de stratégie commerciale que pour sa valeur cinématographique. Os Anos JK a été le premier film que j’ai fait contre la dictature, en 1980, et il a eu 800 000 spectateurs. Mais à vrai dire, je n’avais pas encore la notion de l’aspect commercial du cinéma, ni l’idée que mon film pouvait rester tant que la recette dépassait celle de la semaine précédente, je l’ai alors laissé retirer de certains cinémas. Mais il a eu 800 000 spectateurs, ce qui équivaut au million de Jango, ou plus. Le premier film donc qui a mis au jour la question de la dictature, le premier qui parlait de démocratie au Brésil, contre le coup d’État, ce fut Os Anos JK. Et par la suite est venu Jango, qui a fait un million d’entrées.

Romulo Mattos : Jango et Os Anos JK ont-ils aussi été des succès de vente en VHS et en DVD ? Ont-ils été bien reçus sous ces formes-là ?

Silvio Tendler  : Très bien. Jusqu’à ce jour, ils se vendent, ils sont en librairie. Ce que les gens ne comprennent pas, c’est qu’il n’est pas incompatible de donner accès gratuitement sur internet et de vendre en librairie. Il y a des gens qui sont passionnés par ces copies, qui ne veulent pas de copie numérisée. Parce que Youtube est un procédé numérique, non ? Alors on veut avoir cette copie originale, et elle se vend aussi bien. Pour moi, c’est formidable. Je respecte les deux publics.

Romulo Mattos : Et le choix de parler de ces deux personnages (Juscelino et Jango) dans ce contexte d’ouverture politique...

Silvio Tendler : Cela vient un peu du côté politique et un peu du côté cinéma. L’aspect historique, c’est que je voulais montrer qu’au Brésil il y avait eu une démocratie et qu’elle avait fonctionné. La soldatesque disait que le développement n’était pas compatible avec la démocratie. Et Jango représentait la justice sociale. C’est l’aspect historique... Et il y a l’aspect cinéma aussi, car j’ai toujours voulu faire du documentaire. Je me suis entendu avec un producteur, Hélio Ferraz, et il m’a dit : « Bon, je suis d’accord pour y contribuer, mais je ne veux pas perdre d’argent avec le cinéma ». À cette époque c’était une belle somme, il n’y avait pas d’argent pour du cinéma politique. Il a prélevé de l’argent de son compte bancaire et a financé. « Je ne veux pas perdre d’argent avec le cinéma » a-t-il insisté. Alors faisons un film dont le thème soit intéressant. Au lieu de faire un film sur des généralités, la lutte contre la dictature, la résistance, j’ai pris un personnage très aimé, Juscelino Kubitschek, ensuite j’ai pris Jango [João Goulart], parce que j’ai appris avec Joris Ivens [15] que le cinéma documentaire doit provoquer de l’émotion, montrer des personnages. Alors j’ai choisi Juscelino Kubitschek et Jango comme personnages. Et ça a marché.

Romulo Mattos : Dans ces deux films, Jango et Os Anos JK, vous faites une lecture de l’histoire du Brésil très proche de celle de la sociologie pauliste d’Octavio Ianni, et de Francisco Weffort [16]. Faisaient-ils partie de vos lectures ? Y en a-t-il eu d’autres importantes ?

Silvio Tendler  : Oui, tout à fait ... Je suis historien et, en réalité, je me suis révélé avec l’histoire. J’ai toujours été un mauvais élève dans toutes les matières, j’avais la pire note en tout, sauf, bizarrement, en histoire. Sauf que pour une famille telle que des immigrés juifs, l’histoire n’était pas une profession convenable. Pour eux, une profession, c’était le droit, la médecine, l’ingénierie ; donc la possibilité de suivre un cursus d’études en histoire ne m’est jamais passée par la tête. Je voulais être avocat, médecin, ce genre de choses. Je me suis inscrit en histoire tout à fait par hasard. Et puis, quand je me suis inscrit en histoire à l’Université de Paris VII, à Jussieu, en 1972, j’ai découvert ma passion pour l’histoire. Un des mouvements les plus importants auxquels j’ai participé, qui justement est né à Paris VII a été L’histoire, pour quoi faire ?, où de grands professeurs d’histoire ont décidé de discuter, en ces années post-1968, du sens de l’Histoire. Étaient présents Jean Chesneaux, Georges Boudarel [17] qui, par la suite, s’est mis dans de mauvais draps là-bas en France... Mais je pense que ce mouvement a été ce qui m’a beaucoup poussé à réfléchir aux formes possibles d’utilisation de l’Histoire, parmi lesquelles le cinéma. C’est pour cela que l’influence de l’histoire sur moi, pour avoir vécu en France de 1972 à 1976, pour avoir reçu mon diplôme là-bas, est beaucoup plus française que brésilienne. J’ai beaucoup plus lu les historiens de l’École des Annales – Marc Ferro, Jacques Le Goff, Pierre Nora- – que les paulistes. Il y avait une influence inhérente des paulistes dans la mesure où c’était dans l’air du temps. J’ai étudié ici à l’Université pontificale catholique en 1969 où j’ai suivi le cycle de base, à l’époque où nous étudiions tous ensemble, et c’est seulement après, la seconde année, que l’élève définissait son cursus. Mais j’étudiais le droit. Ce qui était à la mode à cette époque c’était O Colapso do populismo no Brasil [Le Choc du populisme au Brésil], de Ianni, c’était un livre qu’on lisait, ainsi qu’un peu Florestan Fernandes et d’autres. Mais je les trouvais très raffinés, trop intellectuels, trop abstraits pour discuter des questions politiques concrètes.

Ma vocation était donc plutôt le cinéma, la biographie de cinéastes, les cinéastes politiques, les films politiques comme le néoréalisme italien davantage que cette sociologie pauliste à proprement parler. Mais peut-être ai-je subi une influence subtile de la part de mes collègues de faculté. Et j’ai eu ici de bons professeurs de sociologie, j’étais présent à l’âge d’or de la sociologie à l’Université pontificale catholique, il y avait Helena Levy à la direction, y donnaient cours Werneck Vianna, Maria Lúcia, la fille de Chico Teixeira, José Nilo Tavares. J’avais aussi de grands professeurs d’histoire, Ilmar Mattos, Edmundo Fernandes Dias, Manuel Mauricio de Albuquerque. Pendant ce temps, les autres facultés de Rio subissaient la répression de la dictature... J’ai commencé à fréquenter l’Institut de philosophie et sciences sociales, de l’Université fédérale de Rio de Janeiro (IFCS), mais les professeurs ont été destitués, certains sont venus donner cours ici. J’ai eu des cours ici avec Américo Peçanha, qui est un crack de la philosophie. J’ai eu de grands professeurs, mais mes influences n’ont pas été tellement paulistes. Peut-être est-ce l’impression que mon film a donné.

Romulo Mattos : Nous parlons de Jango et de Os Anos JK. Avez-eu des problèmes avec la dictature à cause de ces deux films ?

Silvio Tendler :
Quand j’ai entrepris Os Anos JK, Hélio Ferraz a reçu beaucoup de menaces. On l’a menacé pour qu’il arrête le film, pour qu’il arrête de le produire. Il a eu un geste très courageux, il a continué. Et quand le film a été prêt, cela a coïncidé avec l’ouverture politique. C’est -à dire que, le film qui devait faire un bide, est devenu un exemple de reconstruction de la démocratie. Il a eu un grand succès pour cette raison. Il a ouvert des portes. Quand il est arrivé dans les salles de cinéma, ce devait être un échec total. Mais la semaine où il allait sortir, on a tué la secrétaire du président de l’Ordre des Avocats du Brésil (OAB), Lyda Monteiro da Silva. Alors Os Anos JK a fait la une : « Allez voir Os Anos JK, une leçon de démocratie ». Le film, qui était condamné à l’échec, est devenu à ce moment-là un exemple de lutte politique nécessaire pour ne pas perdre ce que nous avions acquis, éviter le retour en arrière, et il a donc explosé. L’histoire de Jango est semblable, parce que j’en ai fait une projection pour la censure afin de le montrer au Festival de Gramado [18] en 1984, et cette présentation est simplement formelle. Vous montrez le film, il est approuvé pour le festival, et c’est après qu’il passe la censure véritable. Quand il a passé la censure en vue du Festival de Gramado , au milieu du film la responsable de la censure l’a arrêté et a dit : « Les conditions ne sont pas réunies pour que j’approuve ce film. Ce film-là, ça ne va pas. Vous devez le modifier ». Ainsi nous étions informés. Je suis rentré à la maison accompagné par mon assistant et lui ai dit : « Va crier sur tous les toits pourquoi ce film ne sera jamais autorisé ». Il a organisé une projection privée pour toute la presse, qui s’est manifestée en bloc, et là le film a été autorisé, libre de censure, et il a atteint le seuil d’un million de spectateurs, comme vous l’avez dit. Et il est devenu le film de Diretas Já [19].

Romulo Mattos : En réalité, votre premier projet est resté inachevé à cause de la censure, n’est-ce pas ?

Silvio Tendler : C’était João Cândido.

Romulo Mattos : Avez-vous vécu d’autres épisodes de problèmes avec la censure ?

Silvio Tendler : D’autres problèmes du même genre, de censure, de dictature, je n’en ai pas eu directement, mais la censure des films, comme du Je vous salue Marie, de Godard, existait et nous atteignait. Je n’y étais pas ce jour-là, mais Fernando Gabeira a été arrêté, Roberto Amaral a été arrêté, parce qu’ils ont décidé de passer Je vous salue Marie en force. Les artistes ont beaucoup souffert de la dictature. Mais les problèmes les plus sérieux que j’ai eus avec la répression n’étaient pas liés directement au cinéma, bien qu’il y ait un lien. Je participais aux ciné-clubs, comme je l’ai dit, et en 1969, un camarade du ciné-club a détourné un avion vers Cuba. Comme le Brésil est un pays sentimental, ce camarade a décidé de me dire adieu. Quand la dictature a appris qu’il m’avait dit adieu, j’ai été suivi. J’allais prendre des coups, j’allais résister bravement, je ne dirais rien. Non pas que je sois courageux, mais parce que je ne savais rien, j’allais donc être trucidé par la dictature. Je suis resté deux mois dans la clandestinité. Ma mère a réussi à m’aider à me sauver. Ce fut un épisode très difficile. En 1971, je vivais au Chili d’Allende... j’ai envoyé une lettre à ma mère par l’intermédiaire de la même personne qui avait apporté la lettre de Rubens Paiva. Ma mère a été arrêtée, humiliée, ça a été une affaire terrible. En ce sens, oui, j’ai eu des problèmes avec les militaires... Dictature sauvage, mitraillette chez moi, mitraillette contre la tête de mon frère, ma mère conduite encapuchonnée au Détachement des Opérations de Renseignements – Centre des Opérations de Défense Interne (DOI-CODI) [20]. Ça a été extrêmement pénible.

Romulo Mattos : Nous pouvons faire le lien avec le temps présent parce que, en 2012, vous êtes entré en conflit avec le Club Militaire. Voulez-vous en parler ?

Silvio Tendler : Oui. En 2012 j’étais tétraplégique [21]. Les militaires, contre l’avis de la présidente de la République, qui avait ordonné que les militaires ne commémorent pas le coup d’État de 1964, ont décidé d’une cérémonie de commémoration au Club Militaire. Personne ne le sait, mais le Club Militaire est un immeuble fédéral, public, et ils y sont hébergés gratis. Bref, les militaires se sont opposés à la présidente de la République. Les jeunes m’ont demandé de lancer une convocation, que j’ai faite sur internet, appelant les gens à participer à une manifestation contre celle du Club Militaire. Et celle-ci s’est répandue sur internet comme une traînée de poudre. Sauf qu’un chef politique important a fait une déposition : « Sílvio Tendler appelle à une manifestation ». Je ne suis pas un meneur de foules, je suis un artiste. Mais je suis devenu un meneur de foules, je suis devenu un rassembleur, et les militaires se sont mis à me détester. Il y a eu une foule de gens là-bas à la porte, indignée par ce qui se passait là-dedans, et quelques affrontements se sont produits. Et les militaires ont protesté comme si j’avais organisé la manifestation et y avais participé, comme si je me trouvais là, or je ne pouvais pas sortir de la maison puisque j’étais tétraplégique. C’est donc une histoire complètement folle, mais elle ne fait qu’agrémenter mon curriculum.

Romulo Mattos : C’est Renato César Tibau da Costa, alors président du Club Militaire, qui a porté plainte pour « usage de violence illégale qualifiée ». Vous avez pu faire une déposition ?

Silvio Tendler : Oui, je suis allé à la Police, je suis allé faire ma déposition, j’ai mis un point d’honneur à y aller. J’ai également publié une lettre ouverte sur internet. Certains avocats m’ont suggéré d’envoyer un avocat à ma place, mais j’ai dit : « Non, je veux faire une déposition parce que je veux dévoiler cette mascarade ». J’y ai été et il y avait une foule à la porte. Ils ont alors vu que ce n’était pas si simple, qu’on ne pouvait pas mentir ainsi. Le militaire est menteur par principe, non ? Ils se croient bons à la guerre, mais ils aiment taper sur les civils. Ou bien ils sont lâches comme dans la guerre du Paraguay.

Romulo Mattos : Ou encore, ils aiment faire un coup d’État par téléphone. On parle beaucoup de Os Anos JK, Jango...Y-a-t-il d’autres films que vous considérez comme particulièrement importants dans votre carrière, bien accueillis par les mouvements sociaux ?

Silvio Tendler : Grâce à Dieu, du point de vue de la réaction du public et de l’impact de mes films sur la création du débat populaire, je pense que je suis un cinéaste à succès. Beaucoup de mes travaux sont discutés et encore, la plupart ne sont pas faits dans un but commercial. Par exemple, A Distopia do capital [La Distorsion du capital]. Rien que sur internet, il a eu 140 000 spectateurs. Il y a aussi O Veneno está na mesa 1 [Le Poison est sur table 1], avec plus de 300 000 spectateurs uniquement sur internet. Il y a encore O Veneno está na mesa 2 [Le poison est sur table 2]... J’ai terminé récemment Os Militares que disseram não [Les Militaires qui ont dit non], ceux qui ont résisté au coup d’État, dont les gens ne savent rien. On ne discute pas de cette histoire du Brésil, où de nombreux militaires ont été cassés, expulsés, emprisonnés, torturés, assassinés par la dictature. J’ai réalisé aussi Os Advogados contra a ditadura [Les avocats contre la dictature] qui étaient ceux qui, à une époque où il n’y avait pas d’habeas corpus [22], déposaient des requêtes pour éclaircissement auprès des tribunaux afin d’obtenir un emprisonnement et d’éviter la mort (de l’accusé). Dans A Distopia do capital, j’ai parlé du processus de privatisation brésilien ; dans O Veneno está na mesa 1 et 2, de l’industrie des agro-toxiques au Brésil. Et il y a Utopia e barbárie, sur les luttes politiques des années 60. Et puis aussi Memória e História em Utopia e Barbárie, sur la réalisation de Utopia e Barbárie. Il y a la série A Era das utopias, que j’ai faite pour la télévision – l’utopie socialiste et les utopies futures –, et maintenant je suis en train de réaliser Os Sonhos interrompidos [Les Rêves interrompus].

Romulo Mattos : Pouvez-vous en dire plus sur ce projet ?

Silvio Tendler : Tout d’abord, je me situe en 1790 à Haïti, lors du combat de Toussaint Louverture pour la fin de l’esclavage. C’est le premier pays des Amériques à décréter la fin de l’esclavage, en constituant une république et il a été presque massacré par la France libérale de la Révolution française. Mais ces individus ont lutté les premiers et vont influencer, dans les années 1960, l’indépendance africaine. Je travaille en ce moment sur la Conférence de Bandung [1955], quand a été créé le concept de Tiers-Monde, et je m’attèle à l’indépendance de l’Afrique, des pays arabes, aux luttes des fronts tiers-mondistes, à la formation du bloc des Non-Alignés, je travaille sur l’histoire d’une façon différente, qui va déboucher sur une Amérique latine en lutte contre l’impérialisme. Vous avez, au Brésil, une Amérique latine qui est fortement représentée par la période de João Goulart, mais vous avez les luttes autonomes en Argentine, en Uruguay, en Bolivie, au Chili, qui sont des luttes radicales pour des transformations dans les Amériques. Le premier grand héros des Amériques avant Che Guevara, c’est Camilo Torres [23], en Colombie, et cela, on n’en parle plus. Je fouille donc en ce moment dans cette histoire pour travailler, reconstituer par l’intermédiaire du cinéma l’histoire du Brésil, et du monde d’aujourd’hui.

Romulo Mattos : Vous avez cité internet à différents moments au cours de cette interview. Vous avez déclaré, entre autres, que vous voulez y être vu, et qu’on peut même copier vos films et les distribuer. Vous avez une vision progressiste de l’accès et de la circulation des produits culturels sur internet. Pourriez-vous définir votre position là-dessus ?

Silvio Tendler : Oui, je crois important de dire que 99% des films brésiliens sont faits grâce aux subsides de l’État. Le moins que l’on puisse faire, c’est rendre au peuple ce qu’il a investi dans le cinéma. Je pense que cette question de rentabilité d’un film ne m’intéresse pas beaucoup, sa visibilité m’intéresse beaucoup plus. Et si les films sont comme ils sont, les cinémas brésiliens comme ils sont, localisés dans les centres commerciaux qui vendent et poussent à un type de spectacle déterminé, pour ma part c’est un plaisir qu’ils soient diffusés sur internet, que les gens y assistent, les copient, les voient. Que vous voyiez mon film, le copiez et le passiez à vos élèves en salle de cours. C’est ça que je désire, que le cinéma soit vu.

Romulo Mattos : Comment voyez-vous la question de l’engagement et de l’implication sociale de l’artiste ?

Silvio Tendler : Cet engagement est total. Je pense que l’artiste, même s’il se dit apolitique, non engagé, est un être politique, un être engagé. Mes modèles d’artiste sont toujours les grands artistes qui ont eu une action politique parallèle à celle de leur création. Pablo Neruda était un maître dans les sonnets d’amour et était membre du Parti communiste. Picasso a inventé le cubisme, il a fait cette révolution formelle en art – il a inventé, joué avec les objets, a fait une chèvre avec un guidon de bicyclette –, mais il était du Parti communiste, et a fait la Colombe de la paix, il a fait Guernica. Eh bien, je crois que les grands artistes qui sont des références pour moi ont également une action politique.

Romulo Mattos : Le nom du blog auquel vous contribuez par cette interview est Junho – évidemment, une référence aux manifestations de 2013. J’aimerais que vous donniez votre impression sur les transformations du Brésil ces dernières années et, en particulier, sur les journées de Juin.

Silvio Tendler : Je suis en train d’en discuter dans Os Sonhos interrompidos. Je pense que les journées de Juin ont été très importantes dans ma vie et dans la vie du pays, parce qu’elles me disent qu’il faut résister. Quand on s’y attend le moins, la résistance apparaît. Les journées de Juin, si je devais utiliser une image pour les caractériser, seraient la scène où Chaplin fait signe avec le drapeau rouge qui est tombé du camion, dans les Temps modernes. Il fait signe avec le drapeau rouge pour prévenir le chauffeur qu’il a perdu son drapeau, et une foule arrive derrière lui. Je crois que les journées de Juin ont été ça, elles ont commencé avec le prix des transports, et les gens se sont subitement aperçu qu’il ne s’agissait pas seulement des 20 centavos des transports [24], mais d’un immense accablement face à ce qui se passait et se passe encore au Brésil. Je trouve votre site très pertinent pour débattre à l’avenir. En arrivant ici, j’ai dit que j’avais été très ému par ce que j’avais vu hier, ou avant-hier, à la télévision, sur un débat du G-7 qui va avoir lieu, et des jeunes à la porte prêts à aller au casse-pipe avec des drapeaux rouges, avec la faucille et le marteau et l’inscription « Partisans ». C’est-à-dire qu’ils récupèrent non pas la bureaucratie soviétique, mais la lutte révolutionnaire des guérilleros qui ont combattu pour le communisme.

Romulo Mattos : … Et contre le fascisme. Mais aujourd’hui, cette jeunesse lutte aussi pour le maintien de conquêtes sociales, n’est-ce pas ?

Silvio Tendler : Exactement. Et de conquêtes politiques. En vérité, il est nécessaire de discuter d’une nouvelle forme d’organisation politique, parce que nous vivons un moment dans lequel notre pays est complètement désuni, comme s’il souffrait d’une maladie mentale, avec une tête entièrement morcelée. Je crois que les journées de Juin ont seulement donné le coup d’envoi de cette lutte, et que cette lutte doit continuer.

Romulo Mattos : Vous avez commencé l’interview en évoquant la question de la culture dans les années 60, qui était très féconde, avec la présence de la gauche, sûrement par l’intermédiaire de l’UNE [Union nationale des étudiants] et de tant d’autres instances. Et aujourd’hui, comment voyez-vous la gauche dans le champ de la culture ?

Silvio Tendler : Je pense qu’aujourd’hui, bien moins que celui de la gauche, le problème est celui des média. En réalité, vous aviez de grands journaux qui se disputaient les tendances, c’était à qui avait le meilleur supplément littéraire, à qui le meilleur supplément culturel. Le Journal du Brésil (JB) donnait le ton. Il était ainsi question d’un film sur lequel on avait cinq ou six points de vue. Et la discussion durait des semaines parce que les lecteurs écrivaient, exprimaient leur accord ou leur désaccord, approuvaient, critiquaient, et le film continuait. Aujourd’hui vous avez un individu qui applaudit dans un entrefilet, et fini. Vous n’avez pas de discussion sur l’œuvre, sur le film. Et il y a beaucoup de bonnes choses dans la culture brésilienne qui passent à la trappe. Les gens critiquent un certain réseau de TV, mais si l’œuvre n’est pas recommandée par lui, personne ne va la voir. Personne ne change de chaîne, personne ne cherche d’autres chaînes. C’est ainsi qu’on est condamné à l’uniformité. Mais je pense qu’aujourd’hui il existe de grands films, de grandes pièces de théâtre, de grands artistes plasticiens, de grands livres, il y a une excellente littérature – ce qui manque, c’est un grand espace dans les média pour que les gens portent ce débat sur la place publique. Ce que pensent les gens, c’est qu’en réalité, la démocratie est devenue division. Vous avez tant de publications sur tant de sujets et vous n’avez aucune information. Il n’y a pas deux personnes lisant le même livre, discutant un sujet, à moins d’appartenir à un groupe déterminé, mais en ce cas 80 personnes affiliées à ce groupe discutent mais vont très vite chercher quelque chose de nouveau. Alors voilà ce que ça devient : 80 personnes par-ci, 70 par-là, 50 par là-bas... Le contraire de la pensée unique n’est pas la dispersion, ce n’est pas la fragmentation. Les gens doivent trouver un moyen terme, cet espace, là où personne ne se situe, précisément à cause de l’excès de pluralité qui existe dans les goûts.

Romulo Mattos : En plus de cinéaste, vous êtes professeur de cinéma à l’Université pontificale catholique. Quel cours donnez-vous ce semestre ?

Silvio Tendler : « Cinéma et histoire ». J’ai donné ce cours la première fois au Brésil, quand je suis arrivé dans le pays aux alentours de 1978 comme professeur choisi par le département d’histoire de l’Université pontificale catholique. C’est pour cela que je suis venu m’installer ici à l’Université pontificale catholique, c’est Miguel Pereira qui m’a invité pour le département de communication. Plus âgé, je suis revenu donner ce cours, qui est très intéressant, mais, curieusement, il n’a pas attiré tellement d’élèves, je ne sais pas si l’Université pontificale catholique va le maintenir, c’est pourtant un cours que j’aime beaucoup. Je crois que le mariage du cinéma avec l’histoire est aussi ancien que l’existence même du cinéma. Si vous prenez les grands classiques du cinéma, ils sont tous animés par l’Histoire. J’aime donc beaucoup cette relation, ce thème, ce sont mes deux passions, cinéma et histoire. Donner un cours là-dessus, c’est génial.

Romulo Mattos : Quel est le thème de votre cours ce semestre ?

Silvio Tendler : Je travaille sur les genres. J’ai d’abord travaillé sur l’image du Noir au cinéma. J’ai pris le Noir au début du siècle, avec le film Naissance d’une nation, de Griffith. Puis j’ai pris Stanley Kramer, avec La Chaîne, et Spike Lee, Malcolm X. Ensuite j’ai travaillé sur la Femme : j’ai montré Julia, de Fred Zinnemann, We want sex equality [25]de Nigel Cole, La Ciocara de Vittorio de Sica. En ce moment je passe des films sur l’Homosexualité, comme Beginners de Mike Mills, Harvey Milk de Gus Van Stant, Philadelphia de Jonathan Demme, et je verrai bien si je passe quelque chose de différent à la fin. Je vais voir si je travaille sur la violence policière.

Romulo Mattos : L’an dernier, vous avez aussi participé au débat sur les manifestations contre les commémorations des 50 ans du coup d’État, en abordant le cinéma et la dictature dans un cours de l’Université pontificale catholique. D’après ce que j’ai lu à l’époque, vous vouliez parler des films qui influençaient la jeunesse des années 1960 et 1970 ? Quels ont été ces films ?

Silvio Tendler : Le grand classique des années 1960, qu’on devait avoir vu, était Les Camarades de Mario Monicelli, qui traite de la première grève ouvrière en Italie, qui est une leçon de lutte politique. J’ai eu l’honneur d’interviewer Mario Monicelli et je lui ai dit : « Nous passons votre film en pleine dictature, clandestinement, c’est un film très sérieux, très important ». Il a répondu : « C’est étrange, pour moi, ici en Italie, c’était une comédie ». Et puis nous avions tout le cinéma français qui nous obligeait à repenser la vie, ce n’étaient pas seulement des films politiques : Godard, Truffaut, Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola, film fondateur, Roberto Rossellini, Allemagne année zéro et Rome ville ouverte, et aussi De Sica. Le cinéma italien avait beaucoup d’importance. En ce qui concerne le cinéma brésilien, Glauber Rocha, avec Terre en transe et principalement L’Âge de la terre, qui apporte une révolution dans le cinéma. Ils ne portent pas de smoking est un film intéressant. Sur le plan de la contre-culture, il y a Let it be, des Beatles, qui est très bon. Je pense que le cinéma est la grande forme d’expression, avec la littérature.

Romulo Mattos : Et votre expérience en tant que professeur de cinéma ? Quel rôle tient-elle dans votre vie ?

Silvio Tendler : Un rôle central. Pour moi, je ne suis pas un cinéaste qui donne des cours, ni un enseignant qui fait des films. Je suis cinéaste et enseignant. Je crois que les deux choses sont très liées, très unies dans ma vie. Pour moi, faire du cinéma est aussi important que donner des cours.

Romulo Mattos : Et le militantisme dans tout cela ?

Silvio Tendler : Il est partout, il rassemble tout.

Romulo Mattos : En tant qu’enseignant aussi ?

Silvio Tendler : Aussi, il rassemble tout. Vous discutez avec les élèves, les provoquez, les influencez. Je crois que sans militantisme il n’y a pas de vie.

Romulo Mattos : Aimeriez-vous laisser un message pour le blog Junho ?

Silvio Tendler : Je pense que ce projet, ce débat que vous ouvrez, est très important. Il doit fonctionner comme un catalyseur, (il faut) qu’il ne disparaisse pas à la seconde ou troisième édition. Qu’il reste un catalyseur d’opinions, de discussions, grâce auquel on arrive à créer quelque chose de beaucoup plus fort que ce qui est né jusqu’à aujourd’hui.

Romulo Mattos : Merci, ce fut un grand plaisir.

Silvio Tendler : Merci à vous, et longue vie au blog Junho.

Notes de la traduction :

[1Documentaire sur le parcours du président Juscelino Kubitschek depuis son entrée en politique jusqu’à la perte de ses droits politiques, en passant par la construction de Brasília. Le film, sorti en pleine dictature, fut remarqué en tant que représentation du pays sous la démocratie. On peut signaler la participation de Tancredo Neves, premier président après la dictature, élu en 1985 mais mort avant son investiture.

[2Documentaire sur le président João Goulart (surnommé Jango), détaillant le coup d’État d’avril 1964 au cours duquel il fut renversé. Le film montre l’effervescence des années 60 dans le contexte de la Guerre Froide, les mouvements de résistance à la dictature, et va jusqu’à la mort de João Goulart en exil en 1976.

[3Allusion aux journées de manifestations de Juin 2013 déclenchées par l’augmentation des tarifs des transports en commun.

[4Quartier de Rio

[5Quartier chic de Rio

[6Maréchal resté légaliste sous la présidence de Juscelino Kubitschek.

[7Opposant de droite aux présidents Vargas, puis Kubitschek, dont une tentative de coup d’État a été empêchée par Lott.

[8Union démocratique nationale (UDN), parti de tendance conservatrice opposé au Parti social démocratique (PSD).

[9Gouverneur PSD de l’État de Guanabara de 1965 à 1970.

[10Militaire (1911-1999) communiste et marxiste enseignant à l’Institut supérieur d’Études brésiliennes (ISEB).

[11Mutinerie de marins contre les châtiments physiques qui leur étaient imposés, ayant eu lieu en 1910 dans la baie de Guanabara à Rio.

[12Ville de l’État de Rio.

[13Organisme gouvernemental créé en 1962 par João Goulart, chargé de surveiller le marché et le gel des prix. Il fut fermé en 1997 par Fernando Henrique Cardoso.

[14Directeur de la cinémathèque du MAM

[15Documentariste néerlandais (1898-1989) engagé.

[16Professeur en science politique à l’Université de São Paulo, il fut d’abord proche du Parti des travailleurs, puis s’en éloigna et exerça les fonctions de ministre de la Culture sous la présidence de Fernando Henrique Cardoso (1995-2002).

[17Militant communiste (1926-2003) responsable d’un camp de prisonniers pendant la guerre d’Indochine, il a été accusé d’avoir torturé des soldats français.

[18Festival de cinéma annuel créé en 1973 dans le Rio Grande do Sul. Il est connu pour avoir affronté la censure dans les années 70.

[19Diretas Já (1983-1984) est un mouvement de civils qui réclamaient des élections directes pour le président de la République. Il a obtenu une première victoire par l’élection de Tancredo Neves comme président du Collège électoral en 1985.

[21A la suite d’une grave maladie survenue en 2011.

[22Principe censé protéger de l’arbitraire tout citoyen arrêté en lui donnant le droit de passer devant le juge qui décide de son arrestation, ou de sa remise en liberté sous caution, ou de son acquittement.

[23Prêtre sociologue (1929-1966), il œuvra pour les droits des pauvres, mais déçu par l’absence de résultats, il entra dans la guérilla et y mourut au combat.

[24Les journées de Juin ont débuté à Porto Alegre avec l’annonce de l’augmentation du prix des transports, mais malgré les tentatives du gouvernement pour revenir en arrière, les manifestations se sont largement étendues contre les dépenses faites pour la Coupe du Monde au détriment de la santé et de l’éducation.

[25Film sorti en 2011 qui relate la grève des ouvrières en 1968 de chez Ford Dageham, à l’est de Londres.

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