La violence à Rio et à São Paulo (2)

, par Ariel de Castro Alves

(2è partie)

Cette routine a maintenu pendant quelques années un calme apparent dans le système. Durant cette période les autorités se targuaient de la diminution des évasions et du peu de rébellions. L’arrêt des incarcérations au sein des postes de police et l’inauguration de nouveaux établissements pénitentiaires modèles faisaient également de la publicité. Mais le crime organisé s’accrut rapidement, suivant l’ambition des têtes anciennes et émergentes de la faction criminelle majoritaire, s’échappant totalement du contrôle étatique. Divers signes annonçaient cela avant les assauts contre les forces de police en mai 2006. La principale épreuve de force du groupe eut lieu lors de l’immense rébellion de février 2001, qui s’étendit à 29 prisons dans l’État de São Paulo, et le centre de l’articulation fut le complexe pénitentiaire de Carandiru.

Les transferts de prisonniers entre États de la Fédération durant cette période ont fini par permettre à la faction de créer des ramifications et des appuis dans tout le pays. En 2001, 2002 et 2003 également, divers assauts contre des policiers et des Palais de justice ont été attribués au PCC. En 2003, un juge de Presidente Prudente, Antonio José Machado Dias, fut assassiné sur décision de la faction. Pendant ce temps, l’État se maintint pratiquement inerte, réalisant peu d’actions et de mesures efficaces pour rétablir son autorité. Une Commission Parlementaire d’enquête vit le jour à l’Assemblée Législative de São Paulo après l’immense rébellion de 2001, mais elle fut rendue inutile par le groupe d’intérêts du gouvernement et ne put rien conclure, précisément quand la cible d’enquête était la possible participation de dirigeants du système carcéral dans le crime organisé. La seule grande et substantielle action de lutte contre la faction ne fut rien de plus qu’une mise en scène qui provoqua la mort de 12 personnes sur l’autoroute Castelinho en mars 2002.

Du fait qu’aucun des signes avant-coureurs cités précédemment n’avait été considéré avec une attention suffisante et que presque rien n’avait été fait pour garantir la sûreté publique et pour démanteler les groupes criminels au travers d’un sérieux travail de renseignement, d’organisation du système carcéral, de priorité donnée à l’accomplissement de la loi et de la structuration des forces de police, le 12 mai 2006 le crime organisé initia les exécutions sommaires d’agents de l’État. Entre mai et août la faction aurait en tout tué 59 personnes au cours de trois vagues d’attentats. 25 policiers militaires, 4 gardes civils, 7 policiers civils, 14 agents pénitentiaires, 6 civils et 3 agents de sécurité ont été tués. Il y eut en tout 998 attaques durant la période. Des rebellions ont éclaté dans pratiquement toutes les prisons et dans quelques unités de la Febem (Fundação Estadual do Bem Estar do Menor : « Fondation Étatique pour le Bien-Être du Mineur »). Certains mouvements ont aussi été observés dans d’autres États, comme dans l’Espírito Santo, au Paraná et au Mato Grosso. Mais São Paulo est l’État qui a le plus vécu de jours de panique et de terreur.

Après la première vague d’attaques du 12 mai, apparurent également des exécutions sommaires et des exterminations délibérées menées par les forces de police et des groupes d’extermination. Au total, 492 personnes ont trouvé la mort entre le 12 et le 20 mai, selon les comptes faits par des entités et par le Conseil Régional de la Médecine en collaboration avec les sièges de l’Institut de Médecine Légale. Des données du propre Secrétariat de Sûreté Publique ont démontré que durant le second semestre de 2006, 1888 personnes sont mortes à São Paulo. Ce nombre correspond à plus du double de morts sur la même période en Irak, pays en État de Guerre depuis un certain temps déjà.


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