La police de São Paulo arrête des étudiants

, par Rafael Sampaio

Mercredi 14 septembre , 19h30. Environ 1000 manifestants, en face de l’Assemblée législative de São Paulo, attendent les négociations de leurs portes-paroles avec la Police Militaire (PM) pour entrer à l’Assemblée. Plus de 90 policiers bloquent le passage des étudiants et des fonctionnaires des universités de l’état de São Paulo. Quand ils réalisent que l’entrée est impossible, 500 étudiants décident d’occuper l’avenue Pedro Álvares Cabral, en face de l’Assemblée. La police anti-émeute les reçoit, avec violence et bombes lacrymogènes.

Réunis dans l’Assemblée, les parlementaires discutent du veto du gouverneur Geraldo Alckmin aux amendements qui augmentent de R$ 470 millions le budget pour l’enseignement public de São Paulo. Près de 400 manifestants, y compris les leaders du Fórum das Seis (Forum des six - entité qui réunit des syndicats des fonctionnaires et ceux des enseignants des universités USP, UNESP et UNICAMP), accompagnent le débat quand ils entendent l’explosion des bombes. La députée Maria Lúcia Prandi du PT (Parti de Travailleurs), qui occupe la tribune lors de l’incident, critique l’appareil répressif monté devant l’Assemblée et reste silencieuse pendant les vingt minutes réservées à son discours, comme acte de protestation. La session a été annulée à 21h. Les députés du PSDB (Parti social-démocrate brésilien) font faussement valoir qu’il n’y a plus eu de confrontations après la dispersion des manifestants.

Il y a eu, oui, du tumulte et de la confusion. La majorité des étudiants, désorientée, a cherché à fuir la police anti-émeutes et à sortir de l’avenue Pedro Álvares Cabral. Un groupe s’est maintenu uni et a poursuivi en direction de l’avenue Brigadeiro Luís Antônio, adjacente à l’Assemblée, pour bloquer le trafic. Ils ont été poursuivis par les policiers. Au moins cinq étudiants ont été blessés, quatre avec des éclats de bombe. Entre eux, Eduardo PORTELA (USP - Université de São Paulo) et Leandro Moderato (UNICAMP - Université de Campinas). Henrique (Sciences Sociales - USP) a été renversé par un taxi quand il fuyait. Le député Mário Reali (PT) est sorti de l’Assemblée et a marché parmi les manifestants, cherchant des informations sur la situation.

La police anti-émeutes a retenu 13 étudiants, y compris Tadeu Breda Jr. (Journalisme - USP). "Je me suis couché sur le sol pour qu’ils ne me poursuivent pas. Même couché, j’ai pris deux coups de pieds dans les côtes ", affirme l’étudiant, qui informe encore qu’un collègue, étudiant de Droit à l’USP, a été atteint plusieurs fois dans la jambe gauche par un policier muni d’une matraque. Selon lui, d’autres étudiants ont été agressés, même quand le groupe s’est dispersé. L’équipe de reportage de Carta Maior a remarqué la présence de la cavalerie et d’hélicoptères survolant l’Assemblée, en plus d’une unité de la ROTA ( Patrouilles Ostensibles Tobias Aguiar - une division de la Police Militaire) et trois camions, deux de la police anti-émeutes et une de la Force Tactique.

Selon Rodolfo Vianna, du DCE-USP (Directoire Central des Étudiants de l’USP), la police a effectué des tirs de balles en caoutchouc, mais personne n’a été atteint. Les bombes à effet moral ont continué à être tirées au milieu de l’avenue. "La réponse du gouvernement de l’état de São Paulo à nos revendications est la truculence", crie Américo Kerr, ex-président de l’ ADUSP (Association des Professeurs de USP).

Le colonel Júlio António de Freitas Gonçalves, désigné par le gouvernement d’état pour expliquer l’action de la PM, a révélé à la presse que “tout avait été fait pour garantir le droit de manifestation des étudiants qui n’ont pas bloqué l’accès à la voie publique”. Encore selon le colonel, il n’y a pas eu d’excès dans l’action de la police. Les députés Beth Sahão, Mário Reali et Simão Pedro du PT se sont rendus dans le commissariat de police du 78° District, où ont été envoyés la majorité des étudiants arrêtés.

En protestation, un groupe de manifestants a campé dans l’auditorium Juscelino Kubitschek de l’Assemblée, et affirme qu’ils ne sortiront pas tant que la cassation du veto n’est pas votée. Ce jeudi (15) soir, le veto sera repris dans l’Assemblée plénière, dans une session extraordinaire, à partir de 19 heures.

Le chef du gouvernement à l’Assemblée, Edson Apparu, du PSDB, a affirmé mardi (13) que l’éxécutif enverra une proposition pour inclure les subventions aux universités dans le budget de l’État de 2006. La proposition doit être présentée mardi prochain (20), pendant la réunion des chefs de partis. Selon le règlement, les députés alliés au gouvernement peuvent exiger jusqu’à 12 heures de discussion avant que la cassation du veto soit soumise au vote par l’assemblée plénière. Pour qu’il y ait vote, sont nécessaires 48 voix, des 94 députés qui composent l’Assemblée.

Grève

Deux des universités publiques - USP et UNESP - sont partiellement en grève contre le veto du gouvernement aux amendements de la Loi de Directives Budgétaires (LDO). Les professeurs de l’UNICAMP ont lancé une annonce de grève à partir du 20 septembre. Les unités de l’UNESP (Universités de l’état de São Paulo) de Araraquara, Ilha Solteira, Jaboticabal, São Paulo et Rio Claro ne sont pas en grève. A Araçatuba, Assis, Bauru, Botucatu, Marília, Presidente Prudente e São José do Rio Preto toutes les activités sont paralysées.

Raisons

Le veto du gouverneur Geraldo Alckmin, raison de la mobilisation étudiante, a des incidences sur les amendements proposés pour la Loi de Directives Budgétaires de l’état de São Paulo : l’éducation de l’état recevrait une augmentation de R$ 470 millions, donc sa tranche dans la collecte d’impôts passerait de 30% à 31% du budget. Les universités bénéficieraient d’une augmentation de R$ 160 millions - leur budget passerait de 9,57% à 10%. Le Centro Paula Souza (qui fait partie des FATECS) aurait un budget fixe de 1% de la quote-part de l’ICMS (impôt sur la circulation des marchandises et services).

Par Raphael Sampaio - agence Carta Maior - 15/09/2005

Traduction : Tatiana Perez pour Autres Brésils

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