Festival Brésil en Mouvements 2021 : bilan d’une belle édition !

 | Par Autres Brésils

Du 1 au 3 octobre, le cinéma Les 7 Parnassiens accueillait le festival de documentaires et de débats « Brésil en Mouvements » (BEM) pour sa 17ème édition. Faite sous le signe d’une crise sanitaire qui a fait presque 600.000 morts parmi les plus de 20 millions de cas au Brésil, la programmation de 2021 a décidé d’ouvrir chaque séance avec des court-métrages pandémiques, inédits en France, explorant différentes expériences socio-politiques et cinématographiques. Face à cette situation qui exacerbe les crises et les tragédies brésiliennes, le festival a mis en avant les déchirures mais aussi les puissances d’un pays et de son cinéma.

Le Festival « Brésil en Mouvements » a su rester fidèle à son objectif initial : offrir un moment de cinéma de qualité mettant en évidence les contre-champs de la société brésilienne. Comment affronter les crises ? À un an des présidentielles brésiliennes, la sélection de cette année à permis de questionner le Brésil des années Bolsonaro et de retrouver, collectivement, l’esprit des luttes populaires.

Sept séances thématiques ont été proposées pour tâcher de trouver des réponses aux crises qui traversent le Brésil :

  • Luttes autochtones
  • Des Usages du Sport
  • Effervescence Électorale
  • Occupations Urbaines
  • Résistances Populaires
  • Démocratie en Question
  • Affronter les Crises

Réalisat·eur·rice·s, product·eur·rice·s, représentant·e·s de mouvements sociaux, brésilien et français ont été, une fois encore, au rendez-vous pour échanger avec le public lors de ces trois jours intenses.

Membres de l’équipe d’Autres Brésils accompagné.e.s de Raí, Bruno Barrenha et les joueuses de l’équipe de rugby féminine de Pantin.

Ce furent trois jours de projections de films documentaires qui portent un regard acéré, cru ou bien poétique de l’actualité brésilienne. Trois jours de rencontres, destinées à dresser des ponts et consolider les échanges entre les sociétés françaises et brésiliennes. Nous vous proposons ici un retour non exhaustif sur le festival.

Cette année, le mot d’ordre de la programmation était : « Affronter les crises, réimaginer l’avenir ». A travers 16 films, la 17ème édition a voulu mettre en avant un cinéma fait par une jeune génération qui refuse de se faire écraser par la réalité autoritaire, ultra-libérale, patriarcale et néocoloniale du pouvoir. Le gouvernement néofasciste rassemblé derrière le Président brésilien Jair Bolsonaro mène une stratégie de violence et de mise en crise générale, essayant de voler le présent et l’avenir à celles et ceux qui s’opposent. Ici, le cinéma brésilien fait face à cette crise de nos rêves et à l’étourdissement de nos désirs. Plus que jamais, il permet de se libérer des oppressions et violences subies au quotidien.

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Des séances engagées, reflets de l’actualité brésilienne

Erika Campelo, co-présidente d’Autres Brésils, lors de l’ouverture du festival « Brésil en Mouvements » 2021 © Tristan Grindard

Le festival s’est ouvert avec la projection de Nuhu Yãg Mu Yõg Hãm : Essa Terra é nossa ! [Cette terre est à nous !] d’Isael Maxakali, Sueli Maxakali, Carolina Canguçu et Roberto Romero, dans lequel les peuples autochtones Tikmũ’tn de Minas Gerais racontent eux-mêmes la manière dont l’homme blanc a envahi leurs terres.
La projection a été précédé du court métrage Se eu morrer digam meu nome [Si je meurs, dites mon nom] d’Agência Farpa. À travers une perspective singulière, située au cœur des prisons brésilienne, le film dévoile le quotidien invisible des prisonniers face à la pandémie de la Covid-19 . Nous avons également présenté le court-métrage Entre Parentes [Entre proches parents] de Tiago de Aragão qui, un an après la destitution de Dilma Rousseff, et alors que les parlementaires brésiliens font reculer les droits des peuples autochtones, revient sur la gigantesque mobilisation autochtone ayant eu lieu à Brasilia lors de la 14ème édition du camp Terre Libre.

Pour le deuxième jour de ce merveilleux festival documentaire, ce sont quatre séances autour des thèmes du sport, de l’effervescence électorale, des occupations urbaines et des résistances populaires qui ont été présentées à l’écran.

Exposant le rapport au sport par des jeunes joueuses ou des supporter.rices, les films de la première séance de la journée Modo Noturno [Mode Nuit], de Calebe Lopes), Vai ! [Allez !] de Bruno Barrenha et #SóVai, de Capucine Boutte et Emmanuel Saunier, ont été suivis d’une rencontre à l’issue de la projection avec les réalisateurs.rices Bruno Barrenha, Capucine Boutte et Emmanuel Saunier, ainsi que l’association Rugby Olympique de Pantin et les joueuses de rugby participantes du projet "Essai du bout du monde" en coopération avec l’équipe féminine de Paraisópolis (São Paulo). Pour cette session nous avons également pu compter sur la présence et participation de Raí, ancien footballeur et co-fondateur de la Fondation Gol de Letra.
Vous pourrez retrouver l’intégralité du débat sur notre page Facebook, sur notre podcast, mais aussi retrouver l’entretien de Bruno Barrenha à RFI

Les joueuses de l’équipe féminine de rugby de Pantin pendant la rencontre de la séance « Des usages du sport » © Maria Guerra

L’après-midi de samedi a été dédié à deux thèmes. La première séance, sur l’effervescence électorale, était composée du court-métrage Elos da Matriarca [Les liens de la matriarche] de Thor de Moraes Neukranz suivi du film Camocim, de Quentin Delaroche, retraçant le quotidien de cette petite ville du Nordeste, chahuté par les élections municipales, entre effusion de joie, de haine, d’espoirs et de désillusions. La seconde séance sur les occupations urbaines proposait à travers le film Entre nós talvez estejam multidões [Parmi nous, la multitude] de Pedro Maia de Brito et Aiano Bemfica, un voyage expérientiel à travers l’occupation d’Eliana Silva, tout au long de la campagne qui a élu Bolsonaro en tant que Président brésilien, dans la récente montée du fascisme au pouvoir au Brésil. Le film est porté par la profondeur des sujets qui vivent dans la communauté et où, à travers leurs rêves, leurs désirs, leurs contradictions et leurs souvenirs, ils constituent l’imaginaire de ce microcosme, construisant un documentaire qui s’articule comme une peinture murale.

La soirée de samedi a permis de donner voix aux résistances populaires. Grupo de risco [Groupe à risque] de Emanuelle Rosa ,ous plonge dans les problématiques sociales et politiques traversées durant la pandémie de Covid-19. Cadê Edson [Où est Edson], de Dácia Ibiapina, suit les mouvements populaires qui défendent l’accès au logement : l’État contre les sans domiciles, dans la capitale du Brésil.
Appuyé par ces images puissantes, le débat, ancré dans une problématique quotidienne de milliers de brésilien·ne·s, a permis aux spectateur·rice·s d’échanger sur le phénomène de criminalisation des mouvements sociaux au Brésil et en France par les personnes détentrices de l’autorité avec les intervenant·e·s qui nous font l’honneur et la confiance d’être présent·e·s.

Nous nous sommes retrouvé·e·s dimanche après-midi pour cette troisième journée de projections et débats. Cette année, ce sont trois séances qui ont été organisées pour ce dimanche 3 octobre. La première fut consacrée au questionnement de la démocratie au Brésil et suivie d’une rencontre avec les réalisat.eur.rices des films présentés : Elle, de Liliane Mutti et Daniela Ramalho, retraçant l’arrivée d’Antônio et Marinete Silvia à Paris pour participer à l’inauguration du jardin qui porte le nom de leur fille, Marielle Franco, un an après son assassinat. Puis, The Coup d’Etat Factory, de Victor Fraga et Valnei Nunes est revenu sur une longue tradition brésilienne de coups d’état, qui n’auraient pas été possibles sans le soutien de grands médias comme TV Globo.

Grand débat politique avec Leïla Xavier (à gauche de l’image), puis Erika Campelo, Jamil Chade, Raí et Jean Wyllys (en visio) © Tristan Grindard

Lors du débat politique de l’après-midi, un bilan de la situation au Brésil a été dessiné, à un an de la nouvelle élection présidentielle, marquée par de multiples crises (sanitaire, environnementale, politique...). Jean Wyllys, écrivain et ancien député, Jamil Chade, journaliste correspondant à Genève, Julien Boal, animateur du "Teatro do Oprimido" et membre de la coordination de la "Escola de Teatro Popular", Leila Xavier, militante et chercheuse sur les questions raciales et Raí (ancien footballeur brésilien et fondateur de l’association Gol de Letra), ont partagé leur vision de ces crises. Leurs perspectives se sont croisées pour donner un éclairage aigu sur l’état de la démocratie dans le pays et sur les suites envisageables pour les mouvements sociaux et les forces de gauche. Le festival s’est clôturé par le sensible Limiar [Le Seuil], de Coraci Ruiz, poussant à la réflexion sur les identités et normes de genre à travers la transition du fils de la réalisatrice. Il était précédé par deux courts métrages : Ouça [Écoutez], de Cris Lyra et Dois [Deux], de Guilherme Jardim et Vinícius Fockiss, portant tous deux sur la vie affective de personnes LGBT pendant les confinements.


Des moments d’échange pour tisser les solidarités

Chaque jour, des partenaires du festival étaient présent·e·s, pour proposer de la littérature brésilienne, parler de la situation des droits humains au Brésil, faire connaître les événements politico-culturels sur l’Amérique latine à Paris ou encore vous faire déguster des produits naturels tout droit venus du Brésil

La Brigaderie de Paris, Donna Tatta et Guayapi étaient notamment partenaires du festival ! © Maria Guerra

« Brésil en Mouvements », c’est aussi un espace privilégié pour rencontrer ou retrouver les membres de l’équipe des bénévoles ! Et plus généralement, l’occasion de tisser des liens, consolider les échanges et les solidarités !

© Maria Guerra
© Maria Guerra
Une partie de la fine équipe de bénévoles présent.e.s pour le festival © Maria Guerra
© Maria Guerra



Remerciements
Pour leur mobilisation dans la préparation de cette 17e édition, merci à toute l’équipe bénévole d’Autres Brésils, au Conseil d’Administration, à Antoine Olivier pour son magnifique travail graphique, à Fabrizio Rosa pour notre belle bande-annonce, aux traducteur•trice•s pour le sous-titrage des films, à Juliana Smith pour son aide précieuse.
Pour leur confiance et leur soutien réitéré, merci à Élodie Pericaud et la Mairie de Paris, Chrystel Le Moing de la Fondation Gabriel Péri, Alain Escourbiac pour les impressions d’affiches et flyers.
Merci aux festivals partenaires et à leurs équipes pour leur soutien et leur engagement cinéphile : le festival Chéries-chéries (Grégory Tilhac) ; l’association De la Plume à l’Écran (Sophie Gergaud) ; Ciné-Brésil du Collectif Brésil de Rennes (Fanchette Bourblanc).
Merci à tous nos partenaires médias qui ont relayé la diffusion de l’événement : merci à Basta !, Politis, les Nouveaux Espaces Latinos, El Café Latino, Cap Magellan ainsi qu’à Mediawen pour le sous-titrage des films !
Merci à Guayapi, Donna Tatta et aux éditions Anacaona pour leur présence sur le festival.
À toute l’équipe du cinéma Les 7 Parnassiens, qui nous a accueilli de la plus belle des manières, merci !
À tou•te•s les intervenant•e•s qui ont accepté notre invitation, merci.
Un grand merci enfin à tou•te•s celles et ceux qui ont participé à la campagne de financement collectif HelloAsso et à toutes les personnes qui contribuent, avec leur énergie et leur enthousiasme, à faire vivre Brésil en Mouvements.

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