Communiqué : L’assassinat de Marielle Franco est un meurtre de masse

, par Autres Brésils

Autres Brésils exprime publiquement sa tristesse et sa profonde solidarité avec les proches de Marielle Franco et Anderson Pedro Gomes assassinés le 14 mars 2018. L’exécution de Marielle Franco est une menace à celles et ceux qui s’opposent aux croissantes violations des Droits Humains. La question reste irrésolue, qui a tué Marielle ?

L’assassinat de Marielle Franco est un meurtre de masse

Autres Brésils exprime publiquement sa tristesse et sa profonde solidarité avec les proches de Marielle Franco et Anderson Pedro Gomes assassinés le 14 mars 2018. L’exécution de Marielle Franco est une menace à celles et ceux qui s’opposent aux croissantes violations des Droits Humains, celles et ceux qui luttent contre la criminalisation des mouvements sociaux et à l’opposition à l’intervention militaire dont le modus operandi résulte systématiquement en plus de morts, notamment des populations noires et autochtones.

La voix collective de Marielle Franco

Marielle Franco est une voix courageuse, dissonante et jamais pessimiste. À 38 ans, cette jeune sociologue, élue municipale, militante Noire et LGBT, elle défendait un mandat féministe, entièrement tournée vers les Droits Humains. Marielle Franco démontrait par son énergie que l’on peut faire de la politique autrement, en investissant les espaces de pouvoir.
Comme élue, Marielle Franco faisait le choix de parler au pluriel, « je suis parce que nous sommes », le reflet de ce qu’elle appelle un mandat collectif. La réponse collective qui lui fait écho montre que Marielle est encore présente, aujourd’hui et pour toujours.

Une défenseure des Droits Humains

Le rapport 2017/2018 d’Amnesty International sur le Brésil souligne la multiplication des violences contre les défenseurs des droits humains au Brésil depuis août 2016. De même, le gouvernement en fonction démantèle les institutions garantes de surveiller et protéger les droits humains, révoque des acquis économiques et sociaux constitutionnels et militarise sa gestion politique. Rappelons qu’au long de 2017, un cadre institutionnel et légal s’est consolidé, permettant aux membres des Forces Armées d’agir en dehors de la juridiction civile, pouvant même jugé des civils. De plus, les derniers signes la politisation de la jurisprudence remettent sérieusement en question la garantie de la présomption d’innocence.

Le 28 février 2018, Marielle Franco avait été élue Rapporteuse de la Commission municipale qui scruterait l’intervention militaire décrétée par le président en fonction, Michel Temer. Militante, elle disait que cette mise sous tutelle militaire était une farce, un projet électoral de pérennisation de la crise socio-économique et institutionnelle, indissociable du coup d’État d’août 2016. Samedi dernier elle dénonçait les tactiques de terreur du 41e Bataillon de la Police Militaire de l’État de Rio de Janeiro violant les droits des habitants de Acari. Si la terreur n’est pas nouvelle, elle s’intensifie sous l’intervention militaire.

Selon Human Rights Watch citant le Forum Brésilien de Sécurité Publique, en 2016 les représentants des forces de l’ordre ont provoqué la mort de 4 224 personnes, soit 26% de plus qu’en 2015. Une large majorité est noire. En 2017, 1 035 personnes sont mortes lors des opérations militaires dans les favelas de l’État de Rio de Janeiro.

En France, elles Marchent pour Marielle

Ce samedi 17 mars, lors de la Marche pour Marielle, Autres Brésils se solidarise avec les mouvements populaires français et brésiliens dénonçant le Racisme d’État.

Autres Brésils alerte également du traitement électoraliste de l’exécution de Marielle Franco. Alors que les mouvements sociaux dénoncent un modus operandi militarisé et des inégalités structurelles, les discours politiques conservateurs entretiennent un sentiment de proactivité des forces de l’ordre et de justification de l’intervention militaire.

Autres Brésils se solidarisent avec celles qui poursuivent le mandat de Marielle Franco contre l’invisibilisation des violations des Droits Humains dans le cadre de l’intervention militaire dans l’État de Rio de Janeiro. La question reste irrésolue, qui a tué Marielle ?

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