Brésil transgénique ?

 | Par Arnaud Apoteker, EcoRev’

L’avenir des OGM se joue peut-être au Brésil. Sous la pression de l’agro-business, et malgré ses promesses électorales, Lula a adopté une loi qui facilité considérablement l’autorisation des cultures transgéniques. Il s’agit notamment de maintenir la compétitivité des producteurs de soja brésilien face aux exportations américaines. Mais la justice brésilienne doit examiner la constiutionnalité de ce texte. Et les consommateurs européens et brésiliens ne l’entendent pas de cette oreille et pourraient arbitrer en faveur des filières traditionnelles. D’autant plus que la responsabilité du soja dans la déforestation de l’Amazonie ne fait pas bonne presse à l’agriculture brésilienne.

Le 24 mars 2005, le président brésilien Luis Inácio Lula da Silva signait la loi sur la biosécurité, adoptée par le congrès le 2 du même mois. Par cette signature, Lula abdiquait devant la pression des multinationales. Malgré ses promesses électorales et sa proximité avec la CUT ou le MST, il sera écrit que c’est le candidat du PT, devenu président, qui aura permis aux multinationales de l’agrobusiness de lancer la déferlante OGM sur le Brésil. Son ministre de l’Agriculture, Roberto Rodriguez, surnommé o ministro RR (comme Round up Ready) est il est vrai l’ancien président de l’ABAG, association brésilienne de l’agrobusiness, et a l’appui de son homologue à l’industrie et au commerce extérieur, Luis Furlan. Face à eux, les ministres de l’Environnement, Marina Silva, et du Développement Agraire, Miguel Rossetto, ont beaucoup moins de poids.

La loi de biosécurité, déjà surnommée « loi Monsanto » à cause des facilités qu’elle donne aux producteurs d’OGM, est le résultat d’années de pressions de la part des industriels des biotechnologies, aidés par le gouvernement américain, sur le gouvernement brésilien. En effet, cette loi étend considérablement les pouvoirs et les responsabilités de la Commission Technique Nationale de Biosécurité, CTNBio, lui permettant d’autoriser un OGM sans requérir d’étude d’impact environnemental ou sanitaire. Selon l’article 14 de la Loi de Biosécurité, c’est la CTNBio qui doit décider de la nécessité de réaliser ou pas une étude d’impact environnemental et qui devient la seule institution légalement apte à distribuer des licences d’exploitation de produits transgéniques. Ceci signifie que les ministères de l’Environnement, de la Santé ou de l’Agriculture n’ont pas de droit de veto sur la mise en culture et la commercialisation d’OGM. Cette loi permet donc de contourner la constitution brésilienne, qui impose la réalisation d’études d’impact environnemental pour les activités potentiellement néfastes pour l’environnement et fait le jeu du secteur agroalimentaire brésilien. C’est en raison de son inconstitutionnalité que la loi a été attaquée en justice par le parti Vert brésilien (qui a retiré son appui au gouvernement) et par l’association brésilienne de défense des consommateurs, l’Idec. Le Procureur de la République vient d’accepter d’examiner leur recours.

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