Sans terre

Le Mouvement des travailleurs sans terre (MST) est sans doute l’un des plus important phénomène politique brésilien. Découvert en France grâce aux photographies de Sebastião Salgado, c’est hélas à cause des assassinats répétés de ses membres dans le Nord-Est brésilien que l’on évoque en général ce mouvement. Il mérite pourtant plus d’attention tant par son ampleur et ses revendications, que par ses pratiques. Il s’agit sans doute, avec la CUT et le MNLM, de la principale composante du mouvement social brésilien. Il nous paraissait important de rencontrer un de ses responsables pour comprendre la stratégie du MST après l’arrivée de Lula au pouvoir. C’est chose faite avec Vilson Santin, membre de la direction nationale du Mouvement des Sans Terre et d’une coopérative agro-pastorale à Santa Catarina.

R&V : Pouvez-vous nous rappeler d’où vient le Mouvement des Sans Terre (MST) ?

Vilson Santin : Le MST s’inscrit dans la longue histoire des luttes pour la terre au Brésil, commencées avant même la fin de la colonisation : les résistances indigènes et les luttes des populations noires. Le MST est le fruit de cet apprentissage.

A la fin des années 70, et après 20 ans d’une dictature militaire de plus en plus fragilisée, naît un grand mouvement de contestation. D’abord ouvrier, à Sao Paulo - c’est de ces luttes que sont issus Lula et la CUT - ce mouvement se développe ensuite sur le terrain des réformes agraires à partir de 79 avec des mouvements spontanés de paysans pauvres et d’indigènes.

Depuis 75, avec la Commission pastorale de la terre, fondée par les secteurs de la pastorale de l’Église catholique les plus influencés par la théologie de la Libération, un mouvement propre aux Sans-terres commence à se constituer.

En 84, une rencontre nationale permet la création du MST. En Janvier, nous définissons, lors de notre premier congrès, notre stratégie (l’occupation des latifundia comme moyen de pression pour obtenir une réforme agraire) et notre orientation politique : un mouvement de masse, organisé à la base et autonome du gouvernement, des partis, syndicats et Églises. Ce fut le fruit de discussions difficiles. L’Église catholique, par exemple, souhaitait nous voir continuer à participer à la commission pastorale de la terre. Pour d’autres, cette lutte devait s’inclure dans un projet syndical rural plus large.

Nous avons créé ce mouvement de base, axé sur les luttes concrètes et les conquêtes pour les sans terre : la terre, l’éducation, la santé… La lutte s’est développée sur des objectifs clairs :

  • Organiser les sans terre dans leur lutte pour la terre
  • Lutter pour une réforme agraire qui changerait le modèle d’agriculture
  • Participer au changement de la société brésilienne, la « lutte pour la construction populaire du Brésil ».

Nos victoires ont permis le développement du mouvement. 350 000 familles ont conquis leur terre, mais pas seulement la terre : elles ont retrouvé leur dignité.

Tous les aspects de la vie comptent : l’économique, le social, le politique, le culturel, la communication, l’environnement, les droits humains, l’éducation, la santé. Nous travaillons sur tous ces domaines. Pour chaque sujet, nous avons des collectifs qui se spécialisent. C’est une autre dimension du mouvement. Nous avons à peu près 100 000 familles dans nos campements sur 24 États.

Certaines familles campent depuis 4 ou 5 ans dans les latifundias. On s’est toujours préoccupé de leur formation politique, idéologique et personnelle, et de la formation de nos cadres pour garantir la continuité de notre lutte après la conquête de la terre.

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