La réforme agraire, la grande bataille du Brésil

 | Par Pierre Beaudet

Il est déjà contesté par les grands propriétaires terriens qui détiennent l’essentiel des bonnes terres du Brésil, et adulé par les paysans sans-terre qui voient en lui celui qui va enfin rétablir la justice dans le pays le plus inéquitable du monde. Au début juin, le ministre brésilien du Développement agraire, Miguel Rossetto, sera à Montréal à l’invitation d’Alternatives. Ancien syndicaliste et vice-gouverneur de l’État du Rio Grande do Sul, le jeune ministre sait qu’il a devant lui tout un défi. La réforme agraire, promise depuis longtemps, sera ce qui fera ou défera le nouveau gouvernement de Luis Inacio da Silva, plus couramment appelé Lula.

Depuis l’inauguration de Lula à la présidence en janvier, le plus grand pays d’Amérique du Sud vibre à l’heure de la mudança (le changement). Les attentes sont énormes, à la hauteur des problèmes d’un pays de 178 millions d’habitants.
La pauvreté frappe la majorité des Brésiliens, dont le revenu moyen est inférieur à 250 dollars US par mois (le coût de la vie est à peu près équivalent à celui de Montréal). Dans un pays très riche (le PNB du Brésil dépasse celui du Canada), les plus démunis sont les paysans, les femmes, les enfants, les Noirs. Le chômage touche plus de 20 % de la population. Près de 60 % travaille dans le secteur dit informel (petit commerce, microproduction) dans des conditions très difficiles. Et dans les campagnes, plus de 50 millions de Brésiliens ont faim. Ils disposent d’un « revenu » de moins de un dollar US par jour. Leurs enfants ne sont pas à l’école, mais au travail dans des conditions moyenâgeuses sur les grandes plantations.

Le nouveau gouvernement s’est engagé à transformer ce Brésil de la misère et de l’exclusion. Mais le pourra-t-il ? Juste avant les élections, le Fonds monétaire international (FMI) a engagé le précédent gouvernement à rembourser la dette et à maintenir les mêmes politiques économiques, soit un programme néolibéral « pur et dur ». La marge de manœuvre de Lula est très mince, car un conflit avec le FMI pourrait coûter cher, du moins à court terme.

Les Brésiliens qui ont voté pour Lula (plus de 55 % de la population) ne sont pas prêts à attendre la semaine des quatre jeudis. Ils veulent voir des changements concrets. Des organisations populaires comme le Mouvement des sans-terre (MST) se disent mobilisées pour appuyer le gouvernement, mais si et seulement si ce dernier agit en faveur des démunis.

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