L’affaire Amarildo. - Selon le Ministère Public, quatre Policiers Militaires (PM) ont activement participé à la torture

, par Adriano Barcelos

Source : Journal Estado de São Paulo

Traduction pour Autres Brésils : Piera Simon-Chaix (Relecture : Roger Guilloux)

Selon la procureure les agressions ont eu lieu derrière le conteneur de l’Union de Police Pacificatrice (UPP), dans la partie haute de la Favela de la Rocinha

RIO – En ajoutant un supplément d’information à la dénonciation et en incluant les noms de quinze policiers militaires supposés impliqués dans la mort du maçon Amarildo de Souza, 43 ans, le Ministère Publique de Rio de Janeiro a détaillé les conclusions de l’enquête sur cette affaire. Jusqu’à présent, selon la procureure Carmen Eliza de Carvalho, il a été possible d’identifier quatre PM ayant activement participé aux tortures qui ont provoqué la mort du maçon, disparu depuis le 14 juillet après avoir été emmené par les PM jusqu’au siège de la UPP de la Rocinha .
D’après le récit des cinq PM qui sont restés à l’intérieur d’un conteneur et ont collaboré à l’enquête par leurs témoignages, il était possible d’entendre depuis l’intérieur de la structure de métal, la session de torture, et de reconnaître des voix indiquant la participation active du soldat Anderson Maia, du lieutenant Luiz Medeiros, du soldat Douglas Vital et du sergent Reinaldo Gonçalves.

Selon la procureure Carmen Eliza de Carvalho, la session de torture a eu lieu derrière le conteneur de l’UPP, dans le haut de la favela de la Rocinha. Le maçon aurait été soumis à la noyade, la tête mise à l’intérieur d’un sceau d’eau, à l’asphyxie à l’aide de sacs plastique sur la tête et la bouche, et à des chocs électriques avec un pistolet taser. Toujours selon Carmen, le corps aurait été évacué par le toit et enroulé dans la cape de la moto de l’un des PM, et attaché avec du ruban adhésif. Le Ministère Public n’a pas avancé quant aux hypothèses sur le lieu où se trouverait le cadavre d’Amarildo
Accusations – Du total des 25 PM accusés jusqu’à présent, 8 ont été punis pour omission – ils avaient la possibilité de faire cesser la torture mais ils n’ont rien fait pour l’arrêter. Il y a également eu 17 accusations pour dissimulation de cadavre, 4 pour fraude de procédure et 13 pour association de malfaiteurs.
Carmen affirme que le major Edson dos Santos, commandant de l’UPP à l’époque du crime, a commis par deux fois une fraude au niveau de la procédure : l’une, lorsqu’il aurait falsifié un appel téléphonique attribué au trafiquant Catatau où ce dernier prétendrait être responsable de la mort d’Amarildo, et l’autre où il indiquerait qu’il aurait jeté de l’huile sur le sol du lieu où la torture a eu lieu, afin de d’égarer les enquêteurs recherchant des gouttes de sang à cet endroit.
Dans le cas du coup de téléphone du trafiquant, les enquêteurs ont découvert que la voix qui serait celle de Catatau était en vérité celle d’un autre PM, qui avait appelé le numéro que le major Edson savait être sous écoute afin d’attribuer aux trafiquants la mort du maçon.
Selon la procureure, le major dirigeait la soi-disant association de malfaiteurs et était au siège de l’UPP durant tout le temps où Amarildo était torturé.

Le chef de l’Inspection générale de la Police Militaire, Cezar Augusto Tanner, qui a participé à l’entretien collectif aux côtés des promoteurs du Ministère Publique, a affirmé que « les PM impliqués vont cesser de travailler à partir de maintenant » et a fait l’éloge du travail des procureurs.

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