« Je ne parlerai pas ! » (4)

 | Par Marilena Chaui

Dans ce contexte, nous avons fini par proposer que le thème soit la figure contemporaine de l’intellectuel et Adauto a proposé l’intitulé « Le silence des intellectuels ». Une fois les invitations nationales et internationales envoyées aux conférenciers, les propositions d’interventions reçues et l’infrastructure organisée, Adauto a fait comme il fait toujours : de nombreux mois à l’avance, il en a parlé aux journalistes, il leur a présenté les interventions, il a expliqué le sens et la finalité du thème. Donc, au début de l’année 2005, la presse avait connaissance de ces journées et de leur intitulé. Et voila que, tout d’un coup, mais vraiment tout d’un coup, pendant la crise politique, certains ont parlé du « Silence des intellectuels », en se référant aux intellectuels du PT ! Choix de titre curieux pour un article journalistique... [« Le silence des innocents », reportage dans la Folha du 19 juin 2005]

C’est arrivé comme ça, par pure inspiration. Mais cette inspiration est plutôt bizarre si l’on considère que, tout au long de l’année 2005, presque tous les intellectuels du PT (à part peut-être Antônio Candido et moi) se sont manifestés à travers des articles, des interviews, des émissions de radio et de télévision !!! Quel silence ? Comme je vous l’ai dit, les informations sont données pour ou contre les faits. Et avec les informations sont arrivées les versions et les avis, les jugements sommaires et les dénigrements publics, dont le point culminant a été le traitement réservé aux journées lorsqu’elles ont démarré.

Les médias avaient décidé que les journées d’études se référaient aux intellectuels de PT, bien qu’ils sachent qu’elles avaient été organisées en 2004, qu’ils aient lu le programme, qu’il y avait des participants qui ne faisaient pas partie du ¨PT, sans parler des conférenciers étrangers. Les journées se sont transformées en spectacle.
Une revue a affirmé que, parmi les soutiens (Minc, Petrobras et Sesc), il manquait la Poste. Une autre a affirmé que les participants étaient des intellectuels du type « petits cochons pratiques » (sans expliquer ce que cela voulait dire). Un journal a parlé de la première conférence (la mienne) dans les pages politiques, sous la rubrique « Scandale du Mensalão », avec photos etc.

Le second type de faits me concerne directement. Quand j’ai publié l’article sur le cas « Waldomiro », un journaliste a écrit une colonne dans laquelle il me traite de tous les noms et emploie des expressions et des adjectifs qui me dénigrent en tant que personne, en tant que femme, écrivaine, professeure et intellectuelle engagée. Je n’ai pas répondu. J’ai juste écrit un deuxième article sur la réforme politique, et j’ai conclu mon intervention publique par voie de presse. A partir de ce moment, non seulement je n’ai plus publié d’articles dans les journaux, mais j’ai décidé de ne plus accorder d’interviews aux journaux, aux radios et télévisions (j’ai donné des interviews quand j’ai pris la direction du Conseil National de l’Education parce que je crois que, dans une république, celui qui est chargé d’un poste public doit donner des comptes sur ce qu’il fait, même si les moyens à ma disposition ne sont pas ceux que j’aurais choisis). Ensuite, ma mère est tombée malade, et ensuite la crise politique est devenue spectacle.

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