Homophobie, foot, prières de rue : plongée dans la déferlante évangélique au Brésil

, par Cyril Camus

Depuis les années 1970, le nombre de protestants évangéliques explose au Brésil, jusque-là premier pays catholique du monde. La journaliste Lamia Oualalou, publie le livre « Jesus t’aime ! », enquête sur ce mouvement dont les idées réactionnaires prospèrent et ses hommes de foi qui se font entendre dans un pays frappé par la crise politique.

A ses yeux, le 21 août 2016 représente sans doute le moment le plus important de sa jeune carrière. D’abord buteur puis auteur du tir au but décisif, Neymar offre au Brésil et à son football le dernier titre manquant à son palmarès, l’or olympique. Deux ans plus tôt, lors de la Coupe du monde dans son pays, celui qui était déjà présenté comme l’homme providentiel avait échoué dans sa mission. En guise de trophée, il n’avait reçu qu’un violent coup dans le bas du dos, lui fracturant vertèbres et rêve de victoire devant son public.

Cette victoire de l’été 2016, c’était surtout la sienne. Pourtant, au moment de recevoir sa médaille olympique, ce n’est pas lui que l’idole met en avant. Sur le podium au centre d’un stade Maracana de Rio qui hurle son nom, l’attaquant arbore un bandeau « 100% Jésus ».

Ce n’est pas une première pour le joueur. Déjà en 2015 remportant la Ligue des Champions avec le FC Barcelone, Neymar avait exposé son bandeau, obligeant la Fifa à retoucher les images prosélytes en vue de la cérémonie du Ballon d’or qui récompense le meilleur footballeur de l’année.

Le joueur est loin d’être une exception parmi la seleçao, l’équipe nationale brésilienne. Depuis une dizaine d’années et les t-shirts « I belong to Jesus » de Kaka, les Brésiliens du ballon rond se sont faits les porte-étendards de la nouvelle vague religieuse qui bouleverse le paysage politique et culturel de leur pays.

Étrange branche du protestantisme

Dans ce qui était jusque-là le premier pays catholique du monde, l’Eglise de Rome est en passe de se faire supplanter par une multitude de structures tenues par les baptistes évangéliques. Dans son livre Jésus, t’aime ! La déferlante évangélique, aux éditions du Cerf, la journaliste française Lamia Oualalou a enquêté sur la montée de cette étrange branche du protestantisme qui est en train de changer radicalement la face du pays.

Les évangéliques brésiliens sont majoritairement issus du pentecôtisme, né aux États-Unis au début du siècle dernier. Dès les années 1950, le Brésil héberge la troisième communauté pentecôtiste au monde. A partir de ce moment, leur nombre explose, passant de 6 % de la population en 1970 à 22 % en 2010. Ils devraient faire jeu égal avec les catholiques d’ici 2030. Leur méthode : occuper le terrain, dans les rues comme les médias.

Voir en ligne : LesInrocks

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