Fascisme au Brésil : demain, la résistance ?

, par Glauber Sezerino

Le Brésil connaît la pire crise sociale, économique et politique de ces 30 dernières années. Et elle ne fait peut-être que commencer.


Luiz Rocha / Mídia NINJA / Cobertura Mulheres Contra Bolsonaro

Des mobilisations de rue massives en juin 2013, en passant par un coup d’État institutionnel en août 2016 et l’implémentation d’un agenda économico-social marqué par l’autoritarisme et l’austérité, à la campagne présidentielle extrêmement violentes d’octobre 2018, le pays semble loin des années fastes du début du XXIe siècle. Encore plus tragique, les résultats de l’élection présidentielle ont laissé toutes et tous abasourdis, même les plus pessimistes d’entre nous.

Le dimanche 28 octobre, le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro (Parti social-libéral - PSL) a remporté le scrutin avec 55,13 % des voix, face au candidat du Parti des Travailleurs, Fernando Haddad. Avec le soutien d’une partie des élites traditionnelles, notamment des grands propriétaires terriens, des lobbies pro-armement et de puissantes églises évangélistes, Jair Bolsonaro a réussi à incarner faussement le candidat « antisystème », qui se prétend capable de régler les problèmes de violence et de corruption du pays.

Sa victoire met au jour également les tendances racistes, sexistes, homophobes et conservatrices d’une partie non-négligeable de la société brésilienne. La visibilité que les mouvements féministes, noirs et LGBTI ont atteint ces dernières années au Brésil, est venue bousculer cette frange de la société qui voit dans le discours de Jair Bolsonaro le renvoi à un système autoritaire composé uniquement de « citoyens de bien », qui maintient la hiérarchie sociale en vigueur depuis toujours.

Le tournant fascisant de l’élection présidentielle de 2018

Entre les deux tours de l’élection, le Brésil a vécu une vague d’agressions haineuses, contre des partisans des mouvements de gauche, des personnes homosexuelles ou encore des journalistes. Plus d’une centaine de cas ont déjà été recensés, dont au moins trois homicides. Ainsi, le soir du premier tour, le maître de capoeira Moa do Katendê, militant anti-raciste, a été assassiné de douze coups de couteau par un partisan de M. Bolsonaro : il avait déclaré avoir voté pour Fernando Haddad.

Cette haine et cette violence ont été très clairement encouragées par Jair Bolsonaro et les candidats de son parti. Galvanisant l’auditoire avec un discours anti-communiste et anti-gauchiste, l’ancien capitaine de l’armée de terre a déclaré dans une vidéo, le 20 octobre, que sous sa présidence, le Brésil sera vidé de tout militant ou activiste.

Voir en ligne : Equal Times

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