Des policiers et des magistrats dédiés à la lutte contre les violences faites aux femmes : l’exemple brésilien

, par Rachel Knaebel

Porter plainte pour des violences sexuelles ou conjugales dans un commissariat, souvent face à des hommes, constitue régulièrement une expérience traumatisante pour les victimes. Au Brésil – où, chaque jour, douze femmes meurent assassinées et plus de 120 femmes portent plainte pour viol ! – la loi dite « Maria da Penha » a été adoptée il y a dix ans. Elle prévoit une série de mesures pour mieux protéger et prendre en charge les femmes violentées, comme la mise en place de délégations spéciales de défense des femmes dans les commissariats et de chambres spéciales au sein des tribunaux. Reportage.

C’est un espace protégé au fond du commissariat de police du quartier de Vila Clementino, à São Paulo, mégalopole brésilienne peuplée de onze millions d’habitants. « Avant, ici, il y avait des cellules pour les gardés à vue », rapporte Jacqueline Silva. La jeune femme, habillée en civil, est inspectrice de police. Elle est aussi la responsable de la délégation de défense des femmes de ce commissariat situé dans la zone sud de la ville.

L’espace est séparé du hall du commissariat par des portes vitrées. À l’entrée, une secrétaire, une femme, oriente les personnes qui arrivent. Derrière, une zone d’attente. Et dans le fond, des jeux pour les enfants. « Ici, les femmes se sentent plus à l’aise pour dénoncer les violences dont elles ont été victimes, elles se retrouvent côté à côte avec des personnes qui ont des histoires similaires », poursuit la policière.

Une formation spécifique pour tous les policiers

Cette délégation spéciale fonctionne depuis le début des années 2000. La première annexe de commissariat de ce type, entièrement dédiée aux violences sexuelles et conjugales, est née dans le centre-ville de São Paulo en 1985.

Ici, seuls les cas de violences sexuelle et conjugales envers les femmes et les enfants sont traités. « Quand les femmes arrivent dans des commissariats classiques, il y a souvent beaucoup d’hommes. Elles se retrouvent au milieu d’autres crimes, qu’ils s’agisse de trafic, de braquages, de vols. Les violences dont elles ont été victimes sont souvent minimisées, mises au second plan », détaille l’inspectrice Jacqueline Silva. Il existe neuf délégations comme celle-ci dans la ville, et 133 dans tout l’État de São Paulo. Les personnels de ces délégations sont souvent des femmes. Mais ce n’est pas une obligation.

« Il n’est pas possible d’avoir du personnel exclusivement féminin partout, constate la responsable. Mais tous les policiers reçoivent dans leur formation initiale un entraînement sur les violences domestiques. C’est récent, donc les policiers plus âgés passent également des formations spécifiques. C’est important, car ces problématiques nécessitent une prise en charge pluridisciplinaire, pas seulement une approche en termes de criminalité. Nous avons aussi une assistante sociale, qui accompagne les personnes vers une prise en charge globale, y compris psychologique. »

Voir en ligne : Basta !

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