Bolsonaro s’attaque aux fonctionnaires de gauche et aux populations indigènes

, par Rachel Knaebel


Photo : midininja

Le 1er janvier, le nouveau président du Brésil Jair Bolsonaro a officiellement été investi lors d’une cérémonie au Planalto, le palais présidentiel, à Brasilia. Tout juste en poste, il a immédiatement décrété des mesures qui s’attaquent directement aux populations indigènes et aux droits des travailleurs. Le président d’extrême droite a ainsi décidé de transférer la compétence de la démarcation des terres indigènes au ministère de l’Agriculture. Cette démarcation était auparavant du ressort d’un organisme gouvernemental, la fondation nationale des indiens (Funai). Cette institution était chargée de cartographier et de protéger les terres traditionnellement habitées et utilisées par les communautés indigènes, qui comptent 900 000 personnes, selon l’ONG Survival International.

Fin de la protection des terres pour les communautés autochtones

Protégées, ce terres ne peuvent pas être accaparées par l’agrobusiness, ni soumises à la déforestation ou à l’extraction de minerais. Le transfert de la compétence au ministère de l’Agriculture représente donc une menace directe pour les populations indigènes : la nouvelle ministre de l’Agriculture, Tereza Cristina (l’une des deux seules femmes du gouvernement) est une fervente partisane des intérêts de l’agrobusiness. Elle était la tête de file du groupe des « ruralistes » – les gros propriétaires terriens – au Parlement brésilien, qui avait soutenu la candidature de Bolsonaro dès le premier tour des élections présidentielles d’octobre. Autant dire qu’aucune nouvelle démarcation de terres n’est à attendre sous cette législature.

Le droit à la terre des populations indigènes brésiliennes est garanti par la constitution de 1988, celle adoptée après la fin de la dictature militaire. « Si nous sommes les premiers à être attaqués, nous devons être les premiers à réagir. Si nous avons résisté jusqu’à maintenant, ce n’est pas maintenant que nous allons reculer », a réagi Sonia Guajajara, activiste indigène brésilienne, qui a été candidate à la vice-présidence en octobre pour le parti de gauche PSOL.

Voir en ligne : Basta !

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