Au Brésil : Marielle Franco, l’espoir interrompu

, par Marc Berdet

Marielle Franco, conseillère municipale à Rio, défenseure populaire des "sans voix" et critique farouche de la répression policière, vient d’être assassinée le 14 mars à Rio de Janeiro, de quatre balles dans la tête. Elle sortait d’une réunion politique du féminisme noir. La police est sur la piste de l’assassinat.

Marielle Franco avait trente-huit ans et une fille de dix-neuf ans. La conseillère municipale incarnait le renouveau de la politique, qui cherchait à inclure les femmes, les noirs, les « favélisés » [1] et les LGBT dans les droits communs et les décisions publiques. Elle représentait une nouvelle génération à l’écoute de la société civile plutôt que fixée sur la défense des intérêts des grands industriels au nom du « progrès » du pays. Présidente de la commission de défense des femmes à la chambre des députés, elle était du PSOL, le parti « socialisme et liberté », qui voulait faire de la politique autrement et contestait, au moment de sa scission avec le Parti des travailleurs (PT) en 2004, les accords qu’il faisait avec les partis organiques du Brésil (comme le Parti du mouvement démocratique brésilien, PMDB, du centre-droit), traditionnellement corrompus et défenseurs des privilèges des puissants depuis la fin de la dictature (1964-1985). Avec ses amis, elle se tenait à l’écart des trafics de bakchich et d’influence endémiques à la classe politique, et critiquait frontalement la violence systématique – policière et militaire – contre les couches les plus défavorisées de la société (60 000 morts violentes par an, la moitié étant des jeunes de moins de 30 ans et les trois quarts noirs ou métisses [2]). Combative et populaire, elle venait d’être élue au conseil municipal de l’Etat de Rio avec un grand nombre de voix. C’était sa première candidature. Elle ne pouvait pas savoir que ce serait la dernière.

Voir en ligne : Mediapart

[1Car naître dans une favela n’est pas plus une fatalité que de naître noir, mais résulte d’une production urbaine, sociale et policière décidée par les politiques.

[2Sources : Mapa da violência (Flacso Brasil) et Atlas da Violência (Ipea)

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