« Troupe d’élite » ou le chaos comme ordre

, par João Ferrer

Le film « Troupe d’élite » a créé une polémique. Ancré dans une stratégie de marketing magnifiée de désordre, qui a cohabité avec la reproduction « illégale » de millions de copies avant même que le film ne sorte en salles, il a fini par jouer un rôle qui se démarque dans la réflexion sur un aspect paradigmatique de la réalité brésilienne contemporaine : la violence dans les périphéries des grandes agglomérations urbaines. Rien que cela serait déjà une bonne nouvelle. Mais le film est bon dans sa dimension esthétique, et suggestif dans sa dimension éthique. En ne présentant pas d’issue, le film révèle une vision nihiliste qui, pour autant, ne peut pas être identifiée comme une perspective réactionnaire. C’est la logique qui engendre la société qui a besoin de la police du Bope, qui est violente et autoritaire. Il n’y a pas de gloire à exploser la tête d’un bandit avec un 12 mm, mais une conscience assumée de la nécessité de sa fonction pour le bon ordre de la société, qui ne comprend pas mais connaît les rouages. L’ordre, ici, c’est le chaos.

Ce film, réalisé par José Padilha, s’est vu décerner l’Ours d’Or (controversé) de la 58e Berlinale ce 17 février 2008.


Par João Ferrer

Source : Carta Maior – 16/11/2007 – Texte original :

Traduction : Mariane BELLANGER DE OLIVEIRA BRAZ TULSEN pour Autres Brésils


« Nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité »
(F. Nietzsche « La Volonté de Puissance »)

Tout d’abord, il est nécessaire de dépasser l’idée qu’il s’agit d’un film réaliste. L’idée de la possibilité d’un réalisme, dans le sens de la reproduction objective de la réalité, est une utopie. La réalité est toujours une objectivité subjective, donc une interprétation. Sa représentation plus universelle est, disons-le ainsi, la parole hégémonique, celle qui établit le plus de liens avec les « sentiments » d’une communauté déterminée. Mais cette parole hégémonique n’est pas, à l’évidence, toute la possibilité des interprétations, elle n’est donc pas toute la réalité.

Pour cette raison, « Troupe d’Élite » n’est pas un film réaliste. Il est le récit d’une interprétation. D’ailleurs, il ne prétend pas l’être, même s’il parle de « portrait de la réalité » dans sa publicité. C’est évident dès le début, par l’adoption d’une technique explicite pour identifier le narrateur, Roberto Nascimento, capitaine du Bope. La voix-off impose à la « réalité » une parole subjective et assume le monopole de la fonction cognitive. Il est clair que nous observons une réalité rapportée par un seul des sujets prenant part aux relations sociales qui vont s’établir dans la suite de l’histoire.

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La bande-annonce du film :


Le site officiel du film


La critique de Schizodoxe :

Il y a des films que l’on voit comme on prend un coup de pied au cul. On ne sait trop quoi en penser, on est fasciné par l’image (son grain, sa couleur), par la bande-son (les voix, les ambiances sonores, la musique, la façon dont elle se mêle au reste), par ce qui est montré, par ce qui est tu. C’est ce que j’ai pu pleinement ressentir en voyant Tropa de Elite, pour la première fois avec des sous-titres complets.

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La présentation de Cinémaniac


Un autre article :

Un film sur la police de Rio défraye la chronique avant sa sortie en salle

Des milliers de copies piratées d’un long métrage brésilien sur la "guerre" qui oppose policiers d’élite et trafiquants de drogue dans les favelas de Rio en ont fait le film le plus polémique de l’année, avant même sa sortie.

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Un article du blog Vida no Braziou


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