Le gouvernement brésilien relance la destruction de la forêt amazonienne

, par Mathilde Dorcadie

Corrompu mais se maintenant au pouvoir grâce au puissant lobby de l’agrobusiness et de l’industrie minière, le gouvernement du président Michel Temer détruit la réglementation protégeant l’environnement, en particulier la forêt amazonienne.

La Renca (la Reserva Natural de Cobre et Associados) est sauvée. Cette réserve de 4,5 millions d’hectares, une superficie équivalente à celle de la Suisse, et qui est située dans l’une des régions les plus éloignées et les plus préservées du monde, pourra le rester encore quelque temps. « C’est une victoire, une grande victoire. Cela crée un précédent positif et reflète la force de la mobilisation populaire pour la défense des droits des peuples traditionnels et de la forêt », estime Felipe Milanez, professeur et chercheur en écologie politique, spécialiste des conflits environnementaux à l’Université de Reconcavo de Bahia. Le décret supprimant le statut de réserve signé par le président brésilien Michel Temer, le 23 août dernier, a finalement été annulé fin septembre (après avoir été suspendu, dans un premier temps, par la justice).

Cette réserve naturelle située aux confins de l’Amazonie, proche de la Guyane française, est riche en minerais, tels que l’or, le fer, le nickel et le manganèse, mais abrite aussi une biodiversité unique et est habitée par des populations indigènes. « Ce cas a aussi exposé la proximité sans scrupules des grandes entreprises minières et des occupants du pouvoir central à Brasilia », souligne Felipe Milanez qui rappelle que des entreprises canadiennes avaient été mises au courant, cinq mois avant tout le monde, de l’intention du gouvernement de supprimer le statut de réserve à cette région, ouvrant la porte à l’exploration industrielle.

Michel Temer est devenu le premier fossoyeur de la richesse naturelle de son propre pays

Cependant, pour une région sauvée, ce sont des centaines de parcs nationaux, de réserves naturelles et écologiques et de réserves indigènes qui restent aujourd’hui menacées par des modifications de la législation. Les crises politiques et économiques qui agitent le Brésil depuis plus de deux ans deviennent des terrains extrêmement favorables à l’affaiblissement du système de protection — pourtant très imparfait — de l’environnement et de la biodiversité.
Sur le plan politique, le président Michel Temer est devenu le premier fossoyeur de la richesse naturelle de son propre pays. Menacé de toutes parts par les juges pour des affaires de corruption, il monnaie les soutiens politiques des parlementaires en offrant des postes et des portefeuilles à tout-va. Michel Temer, connu pour être un homme d’appareil négociant dans la coulisse, utilise aussi sa position de chef de l’État pour vendre le patrimoine national au plus offrant.

La coalition parlementaire la plus importante et la plus puissante du Parlement brésilien est depuis longtemps la « bancada ruralista », composée de plus d’un tiers des députés, tous proches de l’agrobusiness et des entreprises minières. Ce sont ces parlementaires qui font désormais pression pour que le gouvernement réforme le code forestier, le code d’exploitation des mines et pour qu’il assouplisse les normes environnementales (« licenciamento ambiental »).

Voir en ligne : Reporterre

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