Le Sénat maintient son président, suspendu par la Cour suprême

, par Le Monde

Publié le 6 décembre 2016
Par Claire Gatinois

Le président du Sénat, Renan Calheiros, le 1er décembre 2016 à Brasilia. EVARISTO SA / AFP

Il ne s’est écoulé que quelques heures entre le moment où des dizaines de milliers de manifestants, ulcérés par le personnage, réclamaient son départ, et la concrétisation soudaine de leurs vœux. Lundi 5 décembre, dans la soirée, la Cour suprême du Brésil a suspendu temporairement de sa fonction de président du Sénat Renan Calheiros. Membre du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre), l’homme avait été inculpé, une semaine plus tôt, pour une affaire de corruption.

La décision prise par le juge Marco Aurélio Mello faisait suite à une demande déposée par le parti vert, Rede Sustentabilidade, de la candidate malheureuse à la présidence de la République en 2014, Marina Silva. Dans sa requête, le parti écologiste s’interrogeait sur la possibilité de maintenir un homme inculpé à un poste qui figure dans la ligne de succession du président de la République. Selon M. Mello, une majorité de juges de la Cour suprême se sont entendus pour rejeter cette éventualité. Dans sa déclaration, le juge explique que sa décision vise à respecter cette exigence «  avec l’urgence exigée par ce cas, par mandat sous peine de poursuites judiciaires  ».

Exaspération

La mise à l’écart de M. Calheiros est a priori temporaire. Pour être définitive, elle doit être avalisée par les autres juges de la Cour. Mais, à écouter une source proche du dossier, «  tout le monde traite l’affaire comme si elle était définitive  ».

Bravache, le Sénat, dans un ultime coup de théâtre, a décidé mardi de défier l’autorité judiciaire et de maintenir le président dans ses fonctions en attendant le verdict définitif des juges de la Cour suprême, prévu mercredi. Pour cette « désobéissance » à un ordre judiciaire, Renan Calheiros risque une amende et un emprisonnement de quinze jours à six mois de prison, précise le quotidien Folha de Sao Paulo. En plus de témoigner du manque d’amour-propre de l’homme politique, cette provocation fragilise les institutions.

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