La Bioénergie, pour qui ?

, par Daniel Cassol

La discussion autour de la production d’énergie propre et renouvelable n’est pas nouvelle, mais elle a acquis un caractère d’urgence ces derniers temps, principalement après la divulgation, au début du mois de février, du rapport sur le réchauffement global du Groupe d’ Experts Intergouvernemental sur l’ Evolution du Climat (GIEC ou IPCC en Anglais). Face à l’alarme provoquée, le monde semble se rendre compte du besoin de changer sa matrice énergétique, en commençant à adopter des formes alternatives de production de l’énergie qu’il consomme.

Réuni en France, un groupe de scientifiques a annoncé que la température sur Terre pourrait augmenter jusqu’à quatre degrés au cours de ce siècle, en raison de l’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, principalement à cause de l’utilisation de combustibles fossiles*.
Actuellement, la matrice énergétique mondiale compte 80% de sources de carbone fossile, soit 36% de pétrole, 23% de charbon et 21% de gaz naturel.

Ces derniers temps, un nom s’est distingué : le biocombustible. La production d’énergie pour son utilisation dans le transport, à partir de la canne à sucre ou de graines oléagineuses, telles que le soja, apparaît, littéralement, comme le salut de l’agriculture. Et le probable héros est le Brésil, avec environ 200 millions d’hectares cultivables, selon le Plan National d’Agroénergie, lancé en 2006 par le gouvernement fédéral.

L’argument principal utilisé pour parier sur les biocombustibles est qu’ils sont des sources renouvelables d’énergie, c’est-à-dire, qu’ils ne se trouvent pas en quantité limitée dans la planète comme le pétrole par exemple. Mais, dans ce scénario, représentent-ils vraiment une issue à l’effondrement environnemental de la planète et une alternative pour l’agriculture paysanne, ou constituent-ils un moyen de survie pour l’agrobusiness, qui va produire des impacts environnementaux aussi dévastateurs que ceux engendrés par les combustibles fossiles ? C’est un débat pour lequel il y a peu d’espace - et peu de voix.

[...]


Par Daniel Cassol - 15/03/2007

Source : Revue Sem Terra n° 38 - Mar/Abr 2007

Traduction : Véronique Phelut pour Autres Brésils


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