Fin d’un Parana sans OGM

, par Greenpeace

Paris, France - 12/05/2006 - Greenpeace dénonce l’arrivée à Brest du premier chargement de soja transgénique en provenance du port de Paranagua (Brésil). L’association écologiste révèle que le navire Tonga est attendu à Brest le 14 mai au soir, après avoir quitté le port de Paranagua, au Brésil, dans la nuit du 27 avril. Le Tonga devrait vraisemblablement décharger sa cargaison de 8 000 tonnes de soja OGM aux entrepôts de l’usine Cargill. Cette société américaine de négoce international importe des graines pour les transformer, entre autres, en aliments pour animaux d’élevage. [1]

Selon la presse brésilienne, le Tonga est le premier navire ayant chargé du soja génétiquement modifié à Paranagua, le plus important port céréalier d’Amérique du Sud. Le port de Paranagua est situé au Parana, un Etat du Brésil où la culture et le transit de soja transgénique étaient interdits jusqu’à ces derniers mois. Cette position anti-OGM avait jusqu’à présent assuré au Parana (deuxième Etat brésilien pour la production de soja) et à son port des débouchés de plus en plus importants sur le marché européen demandeur de non-OGM. Mais après avoir autorisé sur tout son territoire la culture de soja OGM en 2003, le gouvernement fédéral du Brésil a fini par faire plier l’Etat du Parana, qui n’a aujourd’hui plus le droit d’interdire ni les cultures de soja OGM, ni leur transit par le port de Paranagua.

"Après des années de bagarres juridiques menées par les multinationales du commerce international comme Cargill, le Brésil oblige les autorités portuaires de Paranagua à permettre le chargement de soja transgénique, s’insurge Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France. Et pour couronner le tout, cette cargaison transgénique va être déchargée en région Bretagne, pionnière parmi les 172 régions européennes qui se sont déclarées « sans OGM » !"

Le 8 octobre 2004, le Conseil régional de Bretagne a adopté à une large majorité une délibération intitulée : « du champ à l’assiette, vers une Bretagne sans OGM », une résolution qui favorise des initiatives concrètes. Ainsi, décidée à faire diminuer progressivement les importations d’OGM destinés à l’alimentation des animaux d’élevage, la région Bretagne s’était mise à élaborer un circuit d’importation de soja non transgénique dans l’alimentation des animaux d’élevage, en coopération étroite avec l’Etat du Parana. « La Bretagne ne peut accepter que sa volonté soit ainsi bafouée. Elle doit immédiatement signifier aux autorités portuaires son refus de voir ce navire décharger dans le port de Brest, affirme Arnaud Apoteker. Ce chargement de soja transgénique est exemplaire de la volonté acharnée des multinationales des biotechnologies d’imposer leurs produits par tous les moyens. Elles cassent délibérément les initiatives régionales entre producteurs et consommateurs de produits non OGM. La Bretagne ne peut se rendre complice et doit protester auprès des autorités fédérales brésiliennes afin de pouvoir assurer un approvisionnement non OGM sécurisé. »


Note :

[1] - Il s’agit précisément de l’usine qui a longtemps fonctionné au-delà des capacités autorisées et donc dans l’illégalité la plus totale. En janvier, cette usine a obtenu du préfet du Finistère le doublement de sa capacité de production, qui passera de 450000 à 900000 tonnes, dont deux tiers à base de soja majoritairement OGM.

Source : Greenpeace - 12 mai 2006

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