FESTIVAL DAS AGUAS

, par Festival das Aguas

Le Festival das aguas va avoir lieu dans l’Etat du Para au Brésil à Alter do Chao, au centre de la plus grande nappe phréatique du monde.

La menace qui pèse sur l’offre d’eau potable sur notre planète est de plus en plus alarmante.

La déforestation de l’Amazonie, à laquelle les Européens sont déjà sensibilisés, s’accompagne d’une offensive sans pareille pour transformer cette région d’une exceptionnelle biodiversité en un simple réservoir de matières premières et de produits d’exportation (bois, soja transgénique, bétail, etc) au détriment des populations locales. Les premiers à pâtir de cette politique « extractiviste » sont les peuples indigènes, souvent chassés de leurs territoires et gravement persécutés.

La mobilisation locale est importante depuis des années contre les projets de barrages sur le Rio Tapajos, affluent de l’Amazone. En août dernier la deuxième « Caravane pour la défense du Tapajos » rassemblait un millier de participants, dont des délégués de sept peuples indigènes ; les Mundurukus formaient le groupe le plus nombreux.

« Nous jurons de protéger tous ensemble notre beau Tapajos. Tous nous voulons la paix mais si on nous impose la guerre, nous irons à la guerre ! » L’ambiance combative de la Caravane se doit en bonne partie au fait que l’année 2016 - année tellement sombre pour la démocratie brésilienne - a néanmoins été marquée par des victoires pour les défenseurs du Tapajos : en août, l’IBAMA - Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables- refusait d’autoriser la construction des barrages sur le Tapajos, à cause de leur impact sur l’environnement et parce qu’elle ferait disparaître des peuples indigènes. Victoire saluée par Greenpeace et par l’Association Autres Brésils qui a contribué à faire connaître en France la lutte du peuple munduruku.

Les « gardiennes et les gardiens du Tapajos » ne baissent pas pour autant la garde : Ils se souviennent qu’une décision analogue avait été prise il y a longtemps pour le barrage de Belo Monte sur le rio Xingu, ce qui n’a pas empêché plus tard la reprise de ce projet désastreux, malgré une forte mobilisation nationale et internationale. Les barrages ne sont qu’un aspect d’un système global : une économie prédatrice qui consiste à exporter des produits bruts et qui n’est autre que la continuation de la dépendance de type colonial. « Il n’y a pas de place pour deux Amazonies : la leur (celle de tous ceux qui l’exploitent pour leur seul profit aux dépends des peuples qui l’habitent et de la nature qu’ils détruisent), et la nôtre ! »

La lutte actuelle est reliée à toutes les luttes du passé : une banderole de la Caravane proclamait l’ « Alliance des rivières Xingu, Tapajos, Madeira, Tocantins pour la défense de la vie des rivières et des peuples de la pan-Amazonie ».

Des artistes résidant à Alter do Chao, près de la ville de Santarem où les eaux transparentes du Rio Tapajos se mêlent aux eaux limoneuses de l’Amazone, ont décidé - en organisant le FESTIVAL DAS AGUAS - de contribuer à leur manière à la prise de conscience des enjeux humains et environnementaux qui dépassent largement la région et interrogent la conscience de tous les habitants de la planète. Ils ont choisi de le faire à travers l’art et la joie de la fête qui devrait réunir plusieurs centaines, voire -on l’espère- plusieurs milliers de participants. Du 11 au 15 novembre 2016, à travers la musique, le cirque, des expositions, des ateliers, du cinéma, des débats, ils s’exprimeront avec amour pour que les générations futures puissent continuer à bénéficier respectueusement des eaux du Tapajos, de toute l’Amazonie et du monde .

Des activités gratuites- ateliers, débats et jeux sportifs- se dérouleront dans la journée pour se connaître, se réunir, partager, briser les barrières. Un programme spécifique pour les enfants est également prévu. Les nuits seront pleines de musique et de cirque.

Vous trouverez le programme complet du Festival sur www.festivaldasaguas.org
Ne manquez pas d’y écouter la chanson du Festival !

Participation solidaire afin de faciliter la venue des habitants des communautés riveraines, des indigènes et des représentants des mouvements sociaux.

Le Festival est indépendant et placé sous le double sceau de la dimension sociale et de la protection de l’environnement. A la différence d’autres festivals de la région qui reçoivent des subventions gouvernementales, celui-ci est totalement indépendant et ne se financera que par les entrées aux concerts.

Un atelier de trois semaines consacré à l’élaboration de toilettes écologiques animé par un spécialiste venu de São Paulo va avoir lieu dans le cadre du Festival et plusieurs délégués de communautés riveraines vont y participer. Le Festival entend innover aussi par des détails significatifs, comme la distribution aux spectateurs, au lieu des récipients jetables en plastique si répandus au Brésil, de la calebasse traditionnellement utilisée par les habitants de la région.

Les organisateurs du Festivaldasaguas vont affréter deux bateaux qui amèneront riverains et indigènes du Rio Tapajos et du Rio Arapiuns pour participer à cette célébration. En effet il est essentiel pour eux que les habitants de la région les plus menacés par les barrages puissent être présents ; le Festival assumera donc l’intégralité du coût de leur venue (transport, nourriture et entrées gratuites aux concerts). Sensibles à cette offre, les riverains et communautés indigènes contactés ont répondu avec enthousiasme et offert en échange d’organiser des rituels au cours du Festival et de participer aux rencontres qui auront lieu sur des thèmes divers : l’accès à l’eau, les barrages hydro-électriques, les femmes dans la lutte pour l’eau, territoires et communautés, autonomie indigène, le « carimbo » comme patrimoine culturel, etc...

Une contribution de votre part aidera à mener cette action solidaire. Pour ce faire, entrez dans la page du Festival : allez directement à « Faça sua doaçao » ou dans la bande horizontale en haut de page cliquez sur Internacional où vous trouverez la version française. Ainsi, si vous ne pouvez venir au Festival, vous pouvez du moins contribuer par votre don à la venue d’une autre Gardienne, d’un autre Gardien des Eaux.

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