Au Brésil, la catastrophe écologique de 2015 reste une plaie ouverte

, par Mathilde Dorcadie

Deux après la coulée de boue de résidus d’extraction minière qui a dévasté la vallée brésilienne du Rio Doce, la tragédie sociale et environnementale est loin de son épilogue.

Le 5 novembre 2015, la rupture d’un barrage proche de la ville de Mariana et appartenant à l’entreprise Samarco, filiale des groupes Vale et BHP Billiton, entraînait une pollution sans précédent sur 650 kilomètres de la vallée du Rio Doce et coûtait la vie à 19 personnes. Après la médiatisation des premières semaines, les promesses d’indemnisations et d’investissements pour la dépollution, les victimes collatérales, qui se comptent par milliers (environ 220.000 personnes), se sentent pour beaucoup abandonnées, tandis que les résidus de boues toxiques n’ont pas disparu des rives et des eaux du fleuve.

D’après les relevés faits par l’Université fédérale d’Espirito Santo, il y a deux fois plus de fer, quatre fois plus d’aluminium et trois fois plus de manganèse dans les eaux qu’avant la tragédie. « Plus personne ne veut acheter les poissons du Rio Doce, ou de la région, par peur qu’ils soient contaminés », se désole Jonas Ferreira de Souza, un pêcheur de 66 ans rencontré par le journal Estado de Minas. Aujourd’hui, il n’y a toujours pas de consensus scientifique claire sur la toxicité, mais la consommation d’eau et la pêche sont interdites dans de nombreuses communes.

La pollution continue en effet, 24 mois après, car la boue qui s’est déposée sur les berges continue de ruisseler à chaque pluie. Sur les 109 affluents de ce fleuve, l’un des plus importants d’Amérique du Sud, 20 sont également contaminés. Des travaux de décontamination et de replantation sont entrepris par la fondation Renova, un organisme créé par un accord avec les autorités publiques et financé par les groupes miniers propriétaires du barrage. La tâche est titanesque et le plan de récupération des zones dévastées est prévu sur une période de 20 ans. Mais certains biologistes estiment que la nature aura besoin plutôt d’une cinquantaine d’années pour retrouver l’équilibre des écosystèmes. Même si la faune et la flore reviennent peupler les berges et les champs, la récupération est lente. Notamment parce que plus de 11 tonnes de poissons sont morts asphyxiés dans les jours qui ont suivi la catastrophe, provoquant pollution et déséquilibre de la chaîne alimentaire.

Voir en ligne : Reporterre

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