soutien au Venezuela : la société civile brésilienne lance une campagne nationale

Le programme comprend la création de collectifs dans plusieurs États brésiliens, une journée de mobilisation ainsi que des événements dans la rue et sur les réseaux sociaux.

(note de la traduction : cet article a été mis à jour afin de tenir compte de l’actualité de cette mobilisation)

Sources : Brasil de Fato, « Movimentos populares convocam ação nacional em defesa da Venezuela », par Nara Lacerda, 10 janvier 2026 ; Vermelho « Movimentos definem iniciativas anti-Trump e em defesa da Venezuela », par Murilo da Silva, 17 janvier 2026 ; Página 13, « Plenária nacional encaminha propostas de solidariedade e apoio à Venezuela », par la rédaction, 18 janvier 2026
Traduction : Naiane Rios
Relecture, édition : Patrick Piro

Le 5 janvier, rassemblement sur la place Cinelândia de Rio de Janeiro pour protester contre l’attaque du Venezuela par les États-Unis le 3 janvier © Gilberto Costa/Agência Brasil

Samedi 17 janvier, un ensemble de mouvements populaires brésiliens a organisé une assemblée nationale pour coordonner des actions visant à défendre la souveraineté du Venezuela et à lutter contre les agressions des États-Unis envers ce territoire et les nations d’Amérique latine. Cet événement virtuel marque le début d’une série de mobilisations à travers tout le pays, axées sur le renforcement de la démocratie et la lutte contre l’impérialisme. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une campagne globale qui rassemble des organisations progressistes et de gauche du monde entier.

Au Brésil, l’initiative compte sur le soutien de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (Alba), de l’Assemblée internationale des peuples (AIP), du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST), du Front populaire brésilien, du Front Peuple sans peur, de la Marche mondiale des femmes (MMM), le Mouvement brésilien pour la paix (MBP), la Centrale des mouvements populaires (CMP), le Centre brésilien de solidarité avec les peuples et de lutte pour la paix (Cebrapaz) ainsi que du Bulletin Focus Venezuela.

Participent également des organisations représentant les travailleurs et les étudiants, ainsi que des partis politiques de gauche. La liste comprend la Centrale unique des travailleurs (CUT), la Centrale des travailleurs et travailleuses du Brésil (CTB), le Mouvement des travailleurs et travailleuses pour les droits (MTD), l’Union nationale des étudiants (UNE), l’Organisation continentale latino-américaine et caribéenne des étudiants (Oclae), le Parti des travailleurs (PT), le Parti socialisme et liberté (Psol) ainsi que le Parti communiste du Brésil (PCdoB).

Cette séance plénière a pour objectif de poser les bases de la création de comités de mobilisation à l’échelle des États du pays. L’idée est d’organiser des actions tout au long du mois de janvier et de marquer le coup lors de dates importantes telles que l’anniversaire de la proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes comme zone de paix, le 28 janvier, ou encore la première année du gouvernement de Donald Trump le 20 janvier, caractérisée par des attaques contre la souveraineté de plusieurs nations.

La mobilisation globale se concentre sur la libération immédiate du président vénézuélien Nicolás Maduro et de la première dame Cilia Flores, kidnappés le samedi 3 décembre par le gouvernement américain et détenus depuis. En outre, les mouvements soulignent le caractère colonialiste et impérialiste des intérêts américains au Venezuela.

« Nous devons démentir cette rumeur selon laquelle l’invasion était une attaque ponctuelle, car avant même le 3 janvier, le Venezuela subissait déjà un blocus naval avec des bombardements qui ont tué plus de 100 personnes, dont 32 Cubains qui faisaient partie des forces de sécurité. Il n’y a rien de démocratique là-dedans. Ce que font les États-Unis, c’est faire revivre la logique européenne consistant à se partager des portions de monde pour piller et exploiter les peuples en plein XXIe siècle », alerte Giovani del Prete, coordinateur opérationnel du Secrétariat continental de l’Alba Mouvements et membre de la Coordination nationale du Mouvement populaire brésilien.

Un autre pilier de la mobilisation est la lutte contre le discours selon lequel le Venezuela est un territoire soumis à un régime totalitaire. « Le Venezuela est une démocratie populaire et nous le voyons objectivement avec des milliers de Vénézuéliens qui se mobilisent chaque jour dans les rues pour défendre leur pays et leur souveraineté. Ce sont les Vénézuéliens qui construisent la paix au Venezuela et c’est donc leur orientation que nous, Brésiliens, devons suivre », souligne Giovani del Prete.

La coordination nationale avertit également que le Brésil est une cible prioritaire de la politique étrangère étasunienne dans la région et représente un obstacle aux intérêts des États-Unis en Amérique latine. Ce qui pourrait même entraîner des interférences dans le processus électoral brésilien cette année. « Nous ne pouvons pas permettre que des présidents soient kidnappés sans réagir, car demain, la cible pourrait être le Brésil. Nous sommes déjà dans leur viseur en tant que cible prioritaire à déstabiliser, dans le but de placer au Congrès et au sein des gouvernements [à l’échelon fédéral et des États] des personnes qui collaborent avec les États-Unis plutôt que d’agir activement en défense de notre souveraineté nationale », souligne Del Prete.

Après la réunion plénière nationale, les mouvements comptent organiser des réunions au niveau des États afin d’établir un calendrier d’actions dans les différents échelons de la fédération. De plus, le 20 janvier, l’initiative se joindra aux manifestations qui devraient avoir lieu contre Donald Trump aux États-Unis, par le biais d’actions virtuelles. Une date de mobilisation nationale doit également être fixée rapidement.

post-scriptum

Un calendrier d’actions à long terme

L’assemblée plénière du 17 janvier a établi des propositions d’initiatives et acté un calendrier d’actions, calé notamment sur diverses mobilisations internationales : des séances plénières dans les États brésiliens entre le 19 et le 23 janvier ; la Journée mondiale anti-Trump le 20 janvier ; deux journées de manifestations de rue pour la libération de Nicolás Maduro et Cilia Flores, le 28 janvier ; puis le 3 de chaque mois suivant (le couple a été enlevé le 3 janvier). À noter également le lancement d’une pétition « le Brésil contre Trump ».

Agenda

L'équipe d'Autres Brésils est en train de préparer de nouveaux événements... restez attentifs !

Tous les événements