Une éthique nouvelle pour le troisième millénaire

, par Leonardo Boff

« L’être le plus menacé dans la nature, ce n’est pas le panda de Chine, ce sont les pauvres du monde condamnés à mourir avant l’heure ». C’est en ces termes passionnés que Leonardo Boff présentait, l’an dernier, à Fribourg en Suisse, sa réflexion pour une nouvelle « Charte de la Terre ».

L’ex-franciscain brésilien fut l’un des « pères » de la théologie de la libération. Après plusieurs années de « débats » avec le cardinal Joseph Ratzinger et la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Leonardo Boff fut condamné au silence par le Vatican en mai 1985. Le religieux se soumit mais quitta les ordres. A partir de 1991, il avait réorienté sa réflexion théologique en vue d’une «  écologie de la libération » dont les termes et les objectifs, dans le contexte de la mondialisation, apparaissent également au fil de la pensée développée par l’article que nous publions ici. Le bouillant théologien brésilien n’a rien perdu de sa verve ni de sa « veine » franciscaine.

Lorsqu’il juge le système dans lequel nous baignons aujourd’hui, il retrouve l’image du loup, l’ancien « compagnon » de François d’Assise, sauf que sous la peau du néo-capitalisme sauvage, ce « loup » dévoreur d’humanité est impossible à convertir :

« Rien ne sert de vouloir lui faire miséricorde ou de lui limer les dents ! » Le système mondial actuel, « arrogant et victorieux », est la source d’une crise sociale et écologique. Afin de relever ce double défi, Leonardo Boff plaide pour une éthique de la juste mesure — entre l’excès de consommation et l’extrême pauvreté - et pour l’éthique du « souci fondamental ». Le théologien se dit convaincu que le souci d’autrui et de la nature sauvera « la convivialité sociale » à l’aube du troisième millénaire. Puisse-t-il être entendu ! (Albert Longchamp)

Quand un arbre a développé toutes ses virtualités intrinsèques, on dit qu’il a atteint son plein épanouissement. Il meurt et il tombe. Quand une personne a consommé son capital énergétique, elle vieillit et meurt. Dans dix milliards d’années, quand le soleil aura épuisé ses réserves d’hydrogène et ensuite celles d’hélium, il cessera d’exister comme étoile brillante. Il se transformera lentement en une tache blanche et, finalement, en un résidu noir. Il mourra en entraînant avec lui, bien avant cela, tout le système solaire et notre planète Terre. L’univers entier, chacun des êtres, et spécialement les corps organiques, sont soumis à la loi de l’entropie. Leurs virtualités sont limitées. Un jour ils disparaîtront.

N’en est-il pas de même avec les systèmes sociaux ? Est-ce que notre système de vie en commun n’est pas vidé de ses virtualités et en voie de dissolution ? Sans aucun doute, il se trouve en crise profonde. S’agit-il d’une crise structurelle qui, une fois surmontée, permettra l’inauguration d’une nouvelle ère de prospérité ? Est-ce une crise structurelle qui s’approche de son dénouement comme un malade dans l’unité de soins intensifs ?

[...]


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