Trop d’anthropophagie tue les traditions populaires (2)

 | Par Alceu Valença

CM - Et de quelle manière les pouvoirs publics pourraient intervenir ?

AV - Avant toute chose il est nécessaire de revoir ce qu’est le paradigme culturel. Je ne parle pas de ces choses en mon nom propre. J’ai déjà du succès, tous mes spectacles sont pleins. Mais il en va aussi de ma responsabilité de penser à la culture brésilienne. Il ne manque plus que l’apparition d’artistes brésiliens. Je n’ai jamais autant de public comme maintenant. C’est bien le signal que cela fait défaut.

CM - Mais de nouvelles expressions de qualité existent. Le problème c’est que l’on ne les voit pas...

AV - Bien sûr. C’est le résultat d’une industrie culturelle ruinée. Il y a une partie des gens qui font de la musique contemporaine brésilienne, fondée sur la samba, le maracatu, le forró. Mais ce n’est pas du bon goût de ceux qui détiennent l’industrie et les moyens de communications. Maintenant, quand le gouvernement tente d’intervenir pour améliorer les choses, arrivent ces journalistes disant que c’est du stalinisme. Ils passent pour une bande d’idiots (rires).

CM - Et que pensez vous de Gilberto Gil au Ministère de la Culture ?

AV - Les Ponts de Culture sont des projets excellents puisqu’ils valorisent les traditions populaires et régionales. Maintenant tout le monde sait que le budget du Ministère est ridicule, et Gil ne peut pas faire grand chose avec cela. Cependant il en a fait quelque chose. Désormais, il faut que chacun discute la communication, que chacun soit responsable et divulgue la culture nationale. C’est difficile mais certaines choses peuvent être faites. Il doit y avoir certains accords avec les moyens de communication pour divulguer la culture brésilienne. La proposition de quotas à la radio et à la télévision serait une grande avancée. Aujourd’hui, les maisons d’enregistrement n’ont plus d’argent pour réaliser des clips. L’industrie culturelle est au bord de la faillite. Il y a un vide dans la programmation qui est en train d’être exploité par l’étranger. Le jabaculê [1] a toujours existé, et on ne fait rien. La piraterie se développe et personne ne fait rien.

CM - Le 11 à Rio de Janeiro et le 15 à São Paulo, vous allez participer à un spectacle d’ouverture du Carnaval de Recife. Quelle sera la composition de ce spectacle ?

AV - Le Carnaval du Pernambouc est sans aucun doute une chose merveilleuse, avec toute la diversité des traditions et cultures. Vont y participer moi, Silvério Pessoa, Lenine, Lirinha, Elba Ramalho, Orquestra do Maestro Spok, Maracatu Nação Estrela Brilhante, Lula Queiroga, parmi tant d’autres. Ce sera un show divisé entre les interprètes et parfois nous serons tous réunis sur scène. A Rio, cela se passera au Cirque Volant et à Sao Paulo, au Citibank Hall. Nous ne savons pas encore si nous le reproduirons dans d’autres lieux.

CM -Est ce que vous travaillez sur un nouveau projet ?

AV - Le DVD est un grande nouveauté : Alceu Valença Marco Zero. C’est le show qui a réuni le plus de monde jusqu’à aujourd’hui à Recife. 140 mille personnes déguisées. Le show est magnifique et compte avec la participation de Silvério Pessoa, Daúde et Paula Lima, en plus du groupe Spok. Tout cela va être lancé dans les magasins en décembre.

CM -Et le film “Cordel Virtual”, où en est-il ?

AV - C’est prévu. J’étais justement en train de m’occuper du circuit. On a déjà réussi à avoir une partie des ressources. Mais nous sommes encore à moitié sans perspective sur le moyen de réussir à trouver le financement pour commencer à enregistrer.


Note :

[1] Plus communément appelé Jabá, ce mot est utilisé pour définir le fait que les producteurs de musique paient les radios pour que celles-ci passent leur musique.


Par Carlos Gustavo Yoda - Carta Maior - 09/11/2006

Traduction de Estelle Mairesse pour Autres Brésils


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