Stopper la spirale de la barbarie

 | Par Plínio de Arruda Sampaio

Le défi que le crime organisé a lancé au gouvernement de l’État de São Paulo est le résultat de la défaite d’une politique de sécurité publique basée uniquement sur la répression brutale. Cette politique ne fonctionne pas, à cause, principalement, de son inefficacité. Elle n’attaque pas les causes du problème, elle n’est pas préventive et n’investit pas dans l’intelligence policière.

Il est nécessaire d’intégrer différentes politiques publiques, et donc aller au-delà du simple investissement dans la structure des forces de sécurité. L’expérience concrète montre que les investissements dans la redistribution des richesses, l’éducation, les loisirs et la participation populaire sont aussi décisifs que l’action policière.

Si des mesures comme celles-là ne sont pas prises immédiatement, il n’est pas exagéré de dire que l’installation d’un chaos social, bien plus important que l’actuelle attaque du "Premier commando de la capitale" (PCC) à São Paulo, n’est plus qu’une question de temps. Malheureusement, au lieu de réfléchir au risque que la société paulista encourt, les partis de la classe dominante sont en train d’utiliser l’épisode pour « politiquer ». Ils finissent par mener une guerre politique mineure - l’un accusant l’autre d’imprévoyance, de manque d’énergie et d’autres critiques de la même teneur.

La stratégie correcte pour stopper l’escalade du crime organisé ne consiste pas seulement à doter la police d’armes plus puissantes et à augmenter les peines infligées, mais, principalement, à restructurer de haut en bas tout l’appareil répressif de l’état, substituant les méthodes primitives d’aujourd’hui par des méthodes basées sur les ressources modernes de la psychologie et les expérimentations réussies d’application des peines plus humaines et plus efficaces. Cette révision ne pourra pas faire l’impasse d’une véritable enquête sur la vie des intégrants de ces institutions, car, tout le monde sait, il n’y pas de crime organisé sans connexions avec les hautes autorités de l’appareil répressif d’état.

Mais rien de cela n’aura d’effet si la restructuration de l’appareil répressif n’est pas accompagnée d’une véritable réforme urbaine, car, on le sait, la concentration d’un grand nombre de personnes dans des habitations précaires, des espaces réduits et des voies de circulation étroites, favorise la logistique du crime et rend plus difficile la vigilance policière.

La classe dominante n’est pas en conditions de faire ce diagnostic et, moins encore, de prendre ces mesures car cela impliquerait de trancher dans sa propre chair. En vérité, elle réussit seulement à penser à plus de truculence contre la truculence des bandits quand, en vérité, le problème ne pourra être résolu que si sa propre truculence contre la population est stoppée.


Par Plínio de Arruda Sampaio - São Paulo, 15 de maio de 2006

Traduction : Georges da Costa pour Autres Brésils

Plínio de Arruda Sampaio est l’un des fondateurs du Parti des travailleurs (PT), dont il a aussi été secrétaire aux questions agraires. Ancien député fédéral de l’Assemblée constituante, consultant de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations unies (FAO), il est aussi professeur d’université et directeur du journal Correio de Cidadania.

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