Sanfona et zabumba pour fêter le 1er mai au Brésil

 | Par outraspalavras

Une sélection forrós qui vous fera vibrer et vous montrera la résistance des travailleurs et travailleuses du nord-est d Brésil. De Luiz Gonzaga à Ary Lobo, l’angoisse face au chômage, à la sécheresse, les rêves de celles et ceux qui attendent le « pau de arara » et un conseil puissant : ne donnez pas de grand coups dans le fourmilière

L’expression originale en portugais fait surement référence à un chant du peuple autochtone Xucuru-Kariri dans l’état du Pernambuco : « Pisa ligeiro, quem não pode com a formiga, não assanha o formigueiro ». Va d’un pas léger. Si tu ne peux pas affronter la fourmi, n’effrayent pas la fourmilière.

Ce 1er mai est très atypique en pleine pandémie. Nous ne pouvons pas être dans la rue avec nos camarades combattant·es et militant·es. Alors, nous pouvons prendre cette journée comme d’un moment de réflexion, pour nous rappeler et réaffirmer que nos droits ont été des acquis historiques de beaucoup de résistance, de lutte et de confrontation de la classe ouvrière, qui ont souvent coûté la vie et la privation de libertés. Aujourd’hui, c’est un jour pour se souvenir de ces luttes et réfléchir à celles à venir.

Le Pau de arara est un camion qui sert de moyen de transport informel dans le nord-est du Brésil. Dans d’autre contexte, le Pau de Arara designe un instrument de torture emblématique de la Dictature brésilienne [1964-85].

Cette playlist est une petite sélection de chansons de forró des années 60, 70 et 80. Au Brésil, le forró, bien au-delà des paroles romantiques, a de belles chansons qui affermissent son lieu de résistance, du côté de la classe ouvrière urbaine, avec de belles mélodies et le ronflement fort et doux de l’accordéon. Il y a l’hommage de Luiz Gonzaga aux employés des banques et la dénonciation de la sécheresse dans le nord-est ; Ary Lobo qui chante les rêves des familles des vendeurs d’açaí, qui tiennent bon pour ne partir de l’arrière-pays Cariri qu’au moment où le dernier pau de arara ne partira ; Le grand Jacinto Silva reprend la devise « qui ne peut pas avec la fourmi, n’effrayera pas la fourmilière » ; les Moreninhos do Nordeste racontent la honte de d’indiquer leur adresse en demandant un travail, entre autres. Hommage à celles et ceux dont les corps ont été et sont toujours restreint et aligné à l’accumulation de capital qui ravage tant de vies.

En écoutant cette sélection de chansons, nous vous invitons à ressentir le forte abraço et le sourire solidaire que nous ne pouvons pas transmettre à nos ami·es. Alors, un peu de musique du nord-est qui sauve la joie et la force de cet·te ouvrier·e, et garde la flamme du combat vive en nous.

Nous continuons à chanter, à résister, à danser, à nous battre... à rêver.

Voir en ligne : Sanfona e zabumba pra comemorar o 1º de Maio

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