Saluons le peuple Guaraní !

 | Par João Pedro Stédile, RISAL

Certaines des pages parmi les plus belles de l’histoire de notre peuple ont été écrites entre le 5 et le 10 février 1756. D’un côté, il y avait deux armées puissamment équipées et unies, celle de l’empire espagnol et celle de l’empire portugais, toutes les deux munies de la bénédiction de l’empire du Vatican, qui les accompagnait. De l’autre côté, il y avait le peuple Guaraní, qui vivait tranquillement, organisé en sept agglomérations, qui défendait sa culture, son mode de vie et son territoire.

250 ans plus tard, nous étions plus de dix mille personnes, dont une majorité de jeunes, militants de mouvements sociaux de la ville et de la campagne, en provenance de tout le sud du Brésil, à nous réunir sur place durant quatre jours. Il y avait parmi nous 1 500 représentants du peuple Guaraní, venant de quatre pays : le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et la Bolivie. Nous avons monté un campement à São Gabriel, dans le Rio Grande do Sul, pour rendre hommage au peuple Guaraní et au martyre de son dirigeant Sepé Tiaraju.

Que sommes-nous allés célébrer alors à São Gabriel, puisque le peuple Guaraní y a subi une déroute et un massacre ?

Pour comprendre l’importance de notre campement et des hommages rendus aux vaincus, il est nécessaire de faire un retour sur l’histoire. Les peuples Guaranis, Charrua, Minuano et Tape habitaient depuis des temps immémoriaux dans le territoire que nous connaissons actuellement sous le nom Rio Grande do Sul. (Selon les études anthropologiques, il existe des preuves de présence humaine sur le territoire brésilien, probablement en provenance d’Asie, depuis plus de cinquante mille ans !). Entre les années 1600 et 1756, une civilisation extrêmement progressiste s’est développée dans la région nord-ouest du territoire gaucho, c’est-à-dire dans la région qui va du nord de l’Uruguay et jusqu’au nord-ouest de Rio Grande do Sul, sur les rives du fleuve Uruguay, et de l’autre côté du fleuve, dans ce qui est aujourd’hui la province de Misiones en Argentine, ainsi qu’une partie du sud du Paraguay. C’est sur ce territoire que vivaient le peuple Guaraní et leurs alliés Charrua. Ils étaient parvenus à créer une forme de vie sociale impressionnante, combinant le savoir millénaire de ces peuples avec l’encyclopédisme européen arrivé avec la Compagnie de Jésus. Pendant ces 150 ans, 33 villes se sont développées, qui pouvaient avoir en moyenne de 5 à 15 mille habitants. Toute terre était d’usage et de propriété collective. Le travail était organisé selon deux modalités différentes. Une partie concernait toute la collectivité et était réalisé de manière collective, et une petite partie du temps pouvait être consacrée aux tâches domestiques et aux cultures familiales. La faim n’existait pas. L’inégalité sociale n’existait pas. Les pauvres et les riches n’existaient pas. Tous étaient égaux. A cette époque déjà, imaginez-vous, il y avait des écoles, et selon les registres, tous les enfants devaient aller à l’école à partir de 6 ans. (N’oublions pas que la première école publique au Brésil a été fondée bien plus tard, par D. Pedro II dans les années 1840). Dans ce système économique, ils sont parvenus, à élever plus de 4 millions de têtes bétail à partir des premiers animaux apportés par les jésuites et adaptés aux plaines de la pampa gaucha. Il y avait de la nourriture en abondance. Les gens pouvaient consacrer une grande partie du temps à des activités culturelles, des fêtes, des chœurs et des échanges. Les archives montrent que dans l’agglomération de São Miguel das Missões, il existait un orchestre d’enfants et d’adolescents qui jouaient même du violon ! Et tout cela, rappelez-vous, dans les années 1700 !

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