Recomposition des territoires en Amazonie brésilienne

, par Guillaume Leturcq

L’Amazonie brésilienne est un espace spécifique par rapport au reste du Brésil. Depuis plus d’un siècle, il est soumis aux effets des politiques et phases de développements (cycle du caoutchouc, construction de la Transamazonienne et installation de barrages hydroélectriques). L’analyse des effets spatiaux et scalaires des trois moments fondamentaux de la construction du territoire amazonien moderne est l’objectif principal de cet article. Pour ce faire, nous utilisons de nombreuses références bibliographiques, des informations historiques et des recherches de terrain actuelles (entretiens, questionnaires, données primaires et secondaires) pour les questions contemporaines liées à la construction des barrages. L’analyse spatiale est la base de la recherche présentée dans l’article, dont les sous-parties sont construites à partir des principaux moments de transformation du territoire amazonien depuis environ un siècle.

L’Amazonie est un espace qui a longtemps été considéré comme isolé et inconnu au Brésil. Il est la limite Nord du territoire, mais sa densité de population est encore très inférieure à celle du reste du pays. Il a longtemps été le lieu d’espoir et d’imaginaire car il était peu parcouru et peu occupé par les Européens. Les acteurs politiques et économiques attendaient beaucoup de ce territoire au vu du potentiel immense de ressources naturelles diverses : eau, minéraux, pétrole, biodiversité etc. Encore aujourd’hui, après plus de cent ans de colonisation, le territoire amazonien reste un espace unique et singulier, qui génère toujours des attentes élevées, et qui s’ouvre toujours plus à un développement exogène.

Depuis que le Brésil est constitué en État, l’Amazonie a souvent représenté un espace de richesses à conquérir et des terrains à exploiter. Dès la fin du 19e siècle, son exploitation commence principalement avec l’extraction du latex et l’arrivée de populations non autochtones. Le cycle du caoutchouc, court et intense, laisse quelques marques, symboliques et concrètes dans la région. À la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’exploitation du caoutchouc d’Amazonie est terminée. Il faut attendre les années 1970 et la volonté du gouvernement militaire pour recommencer une large « conquête » de l’Amazonie à travers la construction et le prolongement de la route Transamazonienne en Amazonie orientale. Le dessein est d’occuper l’Amazonie avec de petits agriculteurs venant du Sud du pays, leur offrant l’opportunité d’exploiter de nouvelles terres et d’en devenir propriétaires. Avec des résultats plus ou moins positifs, l’ouverture de la route Transamazonienne a facilité l’accès à de nouveaux espaces en Amazonie, suscitant l’intérêt des acteurs politiques pour une nouvelle phase de développement (Cf. Moran, Becker, Pébayle). La construction récente (depuis 2011) du barrage hydroélectrique de Belo Monte et la venue d’autres usines hydroélectriques (rio Madeira et Tapajos) poussent le secteur énergétique brésilien vers l’Amazonie et l’on semble entrer dans un nouveau cycle pour l’Amazonie, celui de l’hydroélectricité pour alimenter le développement du Brésil.

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