Raposa Serra do Sol : un crime annoncé (2)

, par Paulo Maldos

Préoccupations

Malgré la logique apparente dans toutes les procédures, les analyses, et les conclusions décrites dans ce rapport, un fait attire notre attention et nous inquiète plus que tout : la totale et persistante impunité des criminels notoirement publics, envahisseurs de la terre indigène Raposa-Serra do Sol.

Depuis longtemps, ce groupe commandé par le négociant de riz, envahisseur et maire de Pacaraima, Paulo César Quartieiro, réalise des actions violentes contre les communautés. Il prêche également à travers les médias la « résistance armée » contre le gouvernement ; il dirige les troubles sur les routes d’accès à Boa Vista ; il a essayé d’envahir l’aéroport de la capitale ; il a séquestré des missionnaires et des agents de la Police Fédérale. Paulo César Quartieiro, lui-même, s’est réfugié dans la commune de Santa Helena, au Vénézuela, d’où il tenait des discours radiophoniques contre les pouvoirs judiciaire et exécutif brésiliens. A cette époque-là, il a incité ses hommes à brûler des pneus sur les routes de la frontière, entre Santa Helena et Pacaraima, et à mettre en place des drapeaux nationaux modifiés avec le mot « désordre » etc.

On aperçoit facilement le péril croissant et l’audace criminelle de ce maire et de son groupe, bénéficiant toujours de l’impunité et de la protection judiciaire locale. Les évidences nous montrent qu’aujourd’hui, il dispose d’une petite armée avec la puissance de feu suffisante pour faire reculer des ministres d’Etat et des représentants de la République, dont les responsables de leur sécurité avouent avoir des moyens inférieurs à ceux de ce groupe en termes d’hommes, d’équipements et de capacité à leur faire face.

C’est-à-dire que nous avons aujourd’hui à Roraima un pouvoir criminel et militaire parallèle qui actue en public, contestant l’autorité du président de la République, ne reconnaissant pas les frontières nationales, utilisant les médias, gérant la terreur avec des actions planifiées, parfois annoncées et, après leur réalisation, complètement impunies. Au contraire, elles sont protégées et appuyées par des alliés dans les médias et le pouvoir exécutif et législatif local.

Le Ministère du Développement Agraire doit annoncer, prochainement, des mesures destinées à la gestion des terres de l’Etat de Roraima. L’orientation est de donner l’accent aux besoins de l’ensemble des petits, moyens et grands agriculteurs, à condition de n’accepter aucune exigence, ni le chantage de la part de Paulo César Quartieiro et d’autres envahisseurs de la zone indigène Raposa Serra do Sol. Comme par exemple, leur exigence que le gouvernement fédéral fasse le délit de transférer des terres de l’Union au gouvernement de Roraima, dans un total de 4 millions d’hectares, avec le but de les transférer ensuite dans leurs propres mains.

Crime annoncé

Comme cette intention criminelle - un vol de plus dans le patrimoine public - ne sera pas punie, quels autres crimes pouvons nous attendre de cette bande de malfaiteurs publics et impunis de l’Etat de Roraima ? Il est important de rappeler ici les actions mises en place par ce même groupe en 2004, lorsque l’homologation de la terre indigène semblait progresser : ils ont envahi, armés, un village, ont détruit avec des tracteurs les maisons de la communauté, y ont mis le feu, et, pour finir, ont peint dessus des croix gammées. Ce fut la description faite par la déléguée Fabiola aux représentants du gouvernement fédéral.

Si l’Etat, dans tous les domaines, recule de plus en plus face au comportement délinquant d’un groupe armé, quel autre crime pouvons-nous attendre des ces derniers quand leurs chefs se rendront compte qu’ils n’auront pas le succès escompté avec les actions illégales et violentes réalisées jusqu’à maintenant ?

Actuellement, nos principales inquiétudes concernent les communautés de la zone indigène Raposa Serra do Sol et leurs anciens alliés depuis longtemps, les missionnaires et les citoyens de cet état.

Chargés de préjugés et de haine, fortement armés, motivés par l’impunité et assurés de la protection des institutions officielles de Roraima, à notre avis, Paulo César Quartieiro et sa bande sont capables, littéralement, de tout faire, de n’importe quel type et niveau de cruauté dans l’agression et l’homicide.

Les vies et la sécurité des communautés indigènes et de leurs alliés, cibles prioritaires de l’action criminelle des envahisseurs de la zone indigène Raposa Serra do Sol, sont entre les mains des responsables de l’Etat National à Roraima.

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Par Paulo Maldos (CIMI) - Brasília, le 27 septembre 2005

Traduction : Vanusa Santos pour Autres Brésils

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