Quelques réflexions sur la crise de Carta Maior

 | Par Bernardo Kucinski

Par Bernardo Kucinski* - 04/04/2007

Traduction : Eléonore Boudault pour Autres Brésils


Note de Autres Brésils :

L’agence d’information alternative en ligne Carta Maior est l’une de nos principales sources de traductions. Elle a failli fermer en mars dernier. Nous avons déjà publié les éditoriaux de l’époque (http://www.autresbresils.net/article.php3?id_article=1134). Voici maintenant une réflexion menée par l’un des rédacteurs de l’agence.


La nouvelle conjoncture [politique] requiert une grande maturité et une attitude que nous, contestataires par construction et par habitude, avons du mal à adopter. Il en est ainsi car la situation est unique : il s’agit de poursuivre une utopie dans une situation qui n’a rien d’utopique et qui est gouvernée par nos amis et camarades, dont Lula fait partie.

Bien que trois décennies nous séparent du dernier cycle de presse alternative au Brésil et dans le monde, période pendant laquelle circulèrent d’importants journaux tels que Movimento, Opinião, Coojornal et Pasquim, les causes principales de la crise de Carta Maior rappellent celles qui ont mené à la disparition de presque toutes ces publications : l’épuisement du projet politique et les difficultés de gestion d’une aventure alternative dans un milieu capitaliste. Ce sont donc des causes récurrentes, inhérentes à la nature alternative.

La spécificité de ce qui est alternatif ne réside pas seulement dans les idées à contre-courant mais également dans une organisation où prédominent le volontarisme et la coopération non-monétaire, ainsi que dans l’implication émotionnelle des journalistes. Dans l’alternatif, les journalistes et les intellectuels ne sont pas payés pour défendre les idées des autres, ils sont mal payés pour dire exactement ce qu’ils pensent. Dans l’alternatif, l’information n’est pas une marchandise : elle a valeur d’usage et non d’échange. Il n’y a rien de plus anti-capitaliste, bien qu’il soit tout de même nécessaire de payer quelques salaires et loyers et d’utiliser une certaine publicité.

Voici le cadre des problèmes de gestion de Carta Maior. Il ne s’agit pas de relever un défi banal, mais de trouver des solutions non capitalistes dans un environnement totalement capitaliste. Une autre source de problèmes est la nature essentiellement gratuite de l’accès aux moyens de communication par internet. Ceci est profitable à la démocratie et aux êtres humains. Il s’agit d’une technologie qui est née pour être utilisée et non pour avoir une valeur d’échange. Mais, pour cette raison, le problème de survie économique des moyens de communications par internet n’a toujours pas été résolu, sauf à travers des partenariats avec des entreprises capitalistes et puissantes (fournisseurs d’accès, sociétés qui vendent des biens) ou à travers des associations avec des journaux et des revues dont l’abonnement est payant.

(...)


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