Pour les élections brésiliennes, ’la casquette’ pour marquer l’identité culturelle de la favela Douglas Belchior, 25 ans après Abdias do Nascimento

 | Par Brasil de Fato, Douglas Belchior

Ce mardi (13), le Tribunal Supérieur Electoral (TSE) a autorisé le candidat à la députation fédérale Douglas Belchior (PT) à porter une casquette sur la photo qui l’identifie dans les urnes.

"Pour nous, Africains et nos descendants, la façon dont nous nous habillons représente bien plus qu’une façon d’être sociale. Chaque couleur, chaque détail du style de nos vêtements a une relation directe avec notre ontologie. En d’autres termes, notre identité, notre ascendance et, fondamentalement, notre façon d’appréhender le monde ».

C’est avec ce discours qu’Abdias do Nascimento [1], Sénateur, a protesté le 12 mars 1997pour le droit de porter des vêtements africains au Congrès national.

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"Aujourd’hui, nous avons conquis le droit d’être dans les urnes ce que nous sommes dans la rue, dans le militantisme, dans la vie et partout où l’on va. La casquette est bien plus qu’un ornement, c’est une marque qui n’est pas seulement la mienne, mais celle de toute une génération qui s’oppose au monde par sa façon de s’habiller. Je serai dans les urnes ce que je suis dans la vie, tout comme je serai au Congrès ou ce que je suis dans la quebrada" [2]", affirme Douglas Belchior.

Pendant son mandat, Abdias do Nascimento a essayé de faire en sorte que le Sénat accepte des vêtements africains dans ses locaux, mais la demande a été rejetée. "Le Brésil souffre encore d’une soumission aux modèles occidentaux qui remonte à l’époque coloniale et à l’Empire, lorsque les nobles et les courtisans étaient fiers de porter des vêtements faits de tissus épais et lourds, suivant la mode européenne de l’époque, sans tenir compte du fait qu’il s’agit d’un pays tropical", a critiqué l’ancien parlementaire, décédé le 23 mai 2011.

Dans sa décision, Sérgio Banhos, ministre du TSE, a justifié son avis favorable à Belchior. "Il est affirmé que l’utilisation de l’accessoire par le candidat, qui a une origine afro-descendante et est engagé dans la culture des rappeurs, est directement liée à sa propre image devant l’électorat, ce qui, en principe, peut être considéré comme un élément ethnique et culturel, ce qui correspond au permissif légal."

Le fond du dossier peut encore être analysé par la plénière du TSE, la décision est provisoire et n’est valable que pour Douglas Belchior. Les autres candidats ne sont pas autorisés à utiliser cet accessoire dans les photos officielles qui figureront sur les urnes.
La tentative d’interdire l’utilisation de la photo de Belchior avec la casquette a été rejetée par le tribunal électoral régional de São Paulo, qui a compris que l’utilisation de l’accessoire n’était qu’un "élément scénique". Banhos, dans sa décision, a déclaré que "dans ce cas précis, ne fait pas obstacle à la visualisation de votre visage ou d’entraver leur reconnaissance par l’électeur ».

Douglas Belchior a déclaré que s’il est élu, il avait l’intention d’étendre le débat à la Chambre des député.es. L’accessoire est interdit en séance plénière de la Chambre. "Bien sûr que je vais me battre pour porter la casquette, l’interdiction n’a aucun sens, c’est un symbole de la résistance noire et périphérique."

Voir en ligne : 25 anos após Abdias do Nascimento, Douglas Belchior usa boné para pautar identidade cultural

[1Abdias do Nascimento (1914-2011) est un homme politique brésilien et un militant anti-racisme, écrivain, artiste peintre, acteur, fondateur du Teatro experimental do Negro (Théâtre expérimental du Noir) et premier secrétariat national attaché à la citoyenneté et aux droits humain.

[2Quebrada / do" : Non traduit, l’expression peut être utilisée pour désigner un lieu, une maison, une zone, un quartier ou un voisinage. Habituellement, ce terme est utilisé par les communautés qui habitent à ’la périphérie’ où les services sont « cassés » et les gens sont « fauchés » deux autres sens du mot ’quebrado’ en portugais.

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