Organisé par l’association Autres Brésils, Dialogues transatlantiques s’inscrit dans la continuité de plus de vingt ans d’engagement en faveur du dialogue entre les sociétés civiles brésilienne et française. En croisant débats d’idées, recherches, mobilisations et expressions artistiques, ce séminaire a réaffirmé la nécessité de construire, collectivement, des futurs écologiques et démocratiques ancrés dans les territoires, les savoirs pluriels et la participation citoyenne.
Realisé à l’automne 2025, les 21 et 23 octobre, à Sorbonne Université, le séminaire Dialogues transatlantiques a réuni, sur deux journées de débats, des représentant·es institutionnel·les, des chercheur·euses, des journalistes et des acteur·rices de la société civile du Brésil et de la France autour d’un objectif commun : interroger les conditions d’une transition écologique juste, démocratique et inclusive, à la croisée des enjeux climatiques, sociaux et politiques contemporains.
La conférence inaugurale a marqué d’emblée la portée politique et symbolique de l’événement, en réunissant des figures centrales du dialogue institutionnel et international entre la France et le Brésil. La présence de Mme Première Dame du Brésil, Janja Lula da Silva, envoyée spéciale pour les femmes à la COP30, aux côtés de Ricardo Neiva Tavares, ambassadeur du Brésil en France, de Guillaume Fiquet, directeur de recherche CNRS et membre de l’Institut de minéralogie, physique des matériaux et cosmochimie de Sorbonne Université (IMPMC), de Enio Verri, directeur général d’Itaipu Binacional, et d’Emílio Kalil, commissaire de la Saison Brésil–France 2025, a souligné l’importance stratégique accordée aux échanges entre sociétés civiles et institutions dans la construction des réponses aux crises globales.
Les débats ont ensuite interrogé la capacité des cadres internationaux, tels que les Objectifs de développement durable (ODD), à dépasser le stade des déclarations de principe pour devenir de véritables outils de justice sociale et territoriale. Modéré par Alberto da Silva, Maître de conférences HDR, Sorbonne Université, ce premier temps d’échange a croisé des perspectives institutionnelles, parlementaires et issues des mouvements sociaux, à travers notamment les prises de parole de Janja Lula da Silva, de la députée française Aurélie Trouvé et de la chercheuse autochtone Rossandra Cabreira, rappelant combien les politiques globales ne peuvent produire d’effets durables sans être réappropriées par les territoires et les populations concernées.
La seconde journée du séminaire a mis en lumière le rôle central de l’éducation, des savoirs autochtones et des pratiques issues des périphéries dans les luttes environnementales contemporaines. La première table ronde, animée par Glauber Sezerino, Responsable du Pôle Mobilisations et Analyses du CRID et membre d’Autres Brésils, a donné une place essentielle aux expériences portées par des responsables publiques et chercheuses autochtones : Anna Karla da Silva Pereira, Chef du Conseil pour la participation sociale et la diversité du ministère des Droits de l’homme et de la Citoyenneté (MDHC) du Brésil ; Juliana Alves, Secrétaire des peuples autochtones de l’État de Ceará-Brésil - peuple Jenipapo-Kanindé ; et Consuelem da Silva Sarmento, Doctorante autochtone - Programme Guatá - Sciences de l’éducation, UFRR - peuple Macuxi, en mobilité à l’Université Paris 8 (LIAgE). Leurs interventions ont souligné la nécessité de reconnaître ces savoirs comme des ressources politiques et pédagogiques à part entière, au cœur des stratégies de justice environnementale.
Les panels consacrés à la transition énergétique ont constitué un autre temps fort du séminaire, en ouvrant un dialogue critique sur les choix technologiques et leurs impacts sociaux. Le premier débat, modéré par Patrick Piro, journaliste chez Politis et membre d’Autres Brésils, a réuni Léah Khayat - Réseau WECF – Femmes engagées pour un avenir commun, Daniel Freire, doctorant autochtone en design à l’UFPE, du peuple Pankará Serrote dos Campos, en mobilité à l’Université Paris 8, et Rogério Meneghetti, surintendant des énergies renouvelables d’Itaipu Binacional. Les échanges ont mis en tension les promesses de l’innovation verte avec les réalités territoriales et les risques d’exclusion énergétique.
Le second débat, animé par Erika Campelo, déléguée nationale de VoxPublic et cofondatrice d’Autres Brésils, a élargi la discussion aux enjeux de gouvernance et de justice énergétique. Les regards croisés de Céline Hervieu, députée française attentive aux questions de justice énergétique, de Pauline Lavaud, directrice de la transition écologique et du climat à la Ville de Paris, de Maureen Santos, coordinatrice de FASE - Solidarité et Éducation, et de Enio Verri, directeur général brésilien d’Itaipu Binacional, ont permis d’interroger le rôle des institutions publiques et des acteurs économiques dans la construction de choix énergétiques réellement démocratiques, inclusifs et socialement justes.
Modéré par Eros Sana, journaliste à Basta ! et à l’Observatoire des multinationales, le dernier panel a réuni Gustavo Westmann, chef du Conseil spécial pour les affaires internationales de la présidence de la République du Brésil, Lorelei Limousin, responsable des campagnes Climat et Énergies fossiles de Greenpeace France, Maureen Santos, coordinatrice de FASE – Solidarité et Éducation, et Catherine Aubertin, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Ensemble, leurs interventions ont affirmé la nécessité de renforcer des coopérations internationales fondées sur la justice climatique, l’inclusion et la diversité des voix.
La clôture artistique, portée par Daniel Freire, Consuelem da Silva Sarmento et Rossandra Cabreira, a rappelé avec force que les expressions culturelles et sensibles sont indissociables des luttes politiques et écologiques, en donnant à voir d’autres manières de penser, de ressentir et de raconter les futurs.










