Nous, qui au Brésil voyons la démocratie mourir...

, par Marcia Tiburi

L’avènement d’un régime néolibéral et ultra-autoritaire au Brésil doit servir d’avertissement : Français, l’heure ne peut plus être à la division des forces progressistes.


Crédit : Midia Ninja

Tribune. « Le sommeil de la raison engendre des monstres », comme le décrit Francisco de Goya. L’ignorance est l’un de ces terribles monstres. Ne pas faire attention à ce qui se passe chez les autres est une forme d’ignorance. Au Brésil, ce repli intellectuel mêlant l’état d’esprit du colonisé et, paradoxalement, une certaine arrogance, a rendu les gens incapables de percevoir ce qui se passait dans des pays lointains tels que la Turquie d’Erdogan et les Philippines de Duterte. Parce que nous ne regardions que nous-mêmes, nous n’avons pas su identifier les signes qui ont conduit à la disparition de la démocratie et à la montée de l’autoritarisme. Au Brésil, nous n’avons jamais été en mesure d’écouter nos xamãs (« chamans ») autochtones. Ils nous ont toujours mis en garde contre le fait que si leurs univers étaient détruits, le nôtre le serait aussi.

Il ne fait aucun doute qu’après le coup d’État qui a renversé le président élu Salvador Allende, le Chili a servi de laboratoire aux politiques néolibérales promouvant le fondamentalisme du marché et détruisant la sphère publique. Ce qui a été testé sous la dictature chilienne a été exporté peu après aux États-Unis et en Angleterre. Là-bas, l’ignorance de ce qui se passait dans les pays éloignés de l’Amérique du Sud explique que la majorité de la population a été surprise par les mesures qui mettaient l’État au service des détenteurs du pouvoir économique au détriment de la plupart des citoyens.

Le silence actuel en France sur ce qui se passe en Amérique latine, en particulier sur ce qui se joue au Brésil depuis 2013, est préoccupant. Le processus à l’œuvre au Brésil pourrait détruire les acquis des civilisations à travers le monde, y compris en France. De même que le Chili de Pinochet était le laboratoire du néolibéralisme dans les années 70, le Brésil peut être perçu comme le principal laboratoire du néolibéralisme dans son modèle ultra-autoritaire, qui vise à supprimer les droits fondamentaux et à contrôler les indésirables, plus précisément les pauvres et les ennemis politiques du projet néolibéral.

Lire la suite sur : Libération

Voir en ligne : Libération

Annonces

Suivez Autres Brésils

Newsletter

Inscrivez vous
Entrez votre adresse mail pour vous abonner à notre lettre d’infos.

Vous-pouvez vous désinscrire à tout moment envoyant un email à l’adresse suivante : sympa@listes.autresbresils.net, en précisant en sujet : unsubscribe infolettre

La dernière newsletter :

>>> Invitation - Soirée d’ouverture du Festival Brésil en Mouvements

Réseaux sociaux

Flux RSS

Abonnez-vous au flux RSS