Les tensions sur les terres traditionnelles indigènes sont le miroir des pressions qu’ils subissent

, par Maurício Reimberg

La polarisation autour du cas Raposa Serra do Sol n’est que la manifestation la plus visible d’une conjoncture marquée par la recrudescence des violences à l’encontre des peuples indigènes. Le rapport du CMI - Conseil Missionnaire Indigéniste - fait état de 92 assassinats d’indiens en 2007.

Par Maurício Reimberg – Repórter Brasil – 24/04/2008

Traduit par Kakie Roubaud pour Autres Brésils


La suspension du processus de retrait des gros propriétaires des terres indigènes Raposa da Serra do Sol, sur décision liminaire de la Cour Suprême Fédérale, n’a fait qu’attiser, la semaine dernière, le débat sur la politique indigène. La polarisation des opinions autour du cas Roraima ne met en évidence que la face émergée d’une conjoncture marquée par la recrudescence des violences à l’encontre des peuples indigènes dans le pays.

D’après le rapport « Violence contre les Peuples Indigènes au Brésil » (2006-2007) du CIMI, organisme lié à l’Eglise Catholique, le nombre d’assassinats d’indiens a augmenté de 64% entre 2006 et 2007. Le nombre de morts enregistré est passé de 56 à 92. Lors de la présentation de ce document, Dom Erwin Krautler, président du CIMI, évêque du Diocèse du Xingu, et lui-même menacé de mort, affirme que « les communautés indiennes subissent, comme dans les années 70 – au pire de la dictature militaire – les agressions de tueurs à gages encagoulés au service des gros propriétaires et des exploitants de bois, qui assassinent en plein jour et au vu et au su de tous, nombre de membres de cette communauté ». Près de 734 000 indiens vivent aujourd’hui au Brésil.

L’un des principaux foyers de tension sous les feux de l’actualité, est le Mato Grosso do Sul. Les 53 victimes d’assassinat en 2007 représentent plus de la moitié des assassinats d’indiens survenus dans tout le Brésil. Cette violence touche surtout le peuple Guarani Kaiowà. « On assiste à une recrudescence des conflits liés à la réappropriation des terres » note l’anthropologue Lucia Rangel, professeure à la PUC-SP - Université Pontificale Catholique de São Paulo - et coordinatrice au CIMI du rapport sur les cas de violence. « Les gros propriétaires engagent des milices privées pour que les indiens quittent les terres. La situation est délicate. Ces terres sont petites et surpeuplées ».

[...]


Lire le reportage en entier :


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