Les géants brésiliens, Electrobras et Vale, sont bannis du fonds souverain de la Norvège

Le fonds souverain de la Norvège, le plus gros au monde avec plus de 1.000 milliards de dollars d’actifs, a placé sur sa liste noire 12 nouveaux groupes, dont des géants miniers comme Glencore et Anglo American, a annoncé mercredi la Banque de Norvège.

L’exclusion du suisse Glencore et du britannique Anglo American mais aussi des producteurs d’électricité allemand RWE, australien AGL Energy et sud-africain Sasol est motivée par leur présence importante dans le charbon.

L’an dernier, le Parlement norvégien a durci les critères d’investissement du fonds pour l’obliger à se désengager davantage des énergies fossiles, responsables du réchauffement climatique.

La Banque de Norvège, qui chapeaute le fonds, a aussi annoncé la mise sous observation pour les mêmes raisons de BHP Group, Vistra Energy, Enel et Uniper. Cela signifie que ces entreprises feront l’objet d’un suivi particulièrement attentif susceptible de déboucher sur leur exclusion.

Dans un communiqué distinct, la banque centrale a fait état de l’exclusion de sept autres sociétés, cette fois-ci sur des critères purement éthiques.

Le conseil d’éthique, organe consultatif qui guide le fonds dans ses placements, a recommandé le bannissement de Canadian Natural Resources, Cenovus Energy, Suncor Energy et d’Imperial Oil en raison de leurs “émissions inacceptables de gaz à effet de serre”.

Le brésilien Vale et l’égyptien ElSewedy Electric ont également rejoint la liste noire, accusés de “dégâts graves sur l’environnement”, de même que l’électricien brésilien Eletrobras, à qui il est reproché d’avoir violé des droits humains lors du développement de la centrale électrique Belo Monte.

Vale

Dans un communiqué de presse sur Vale SA disponible en anglais a été repris dans les médias brésilien, l’institution qui gère le fonds déclare qu’"il a été recommandé d’exclure Vale en raison des risques inacceptables auxquels l’entreprise contribuent ou se rend elle-même responsable de graves dommages environnementaux.
 
En novembre 2015, une digue de retenue des résidus s’est rompue dans une mine au Brésil appartenant à Samarco, une entreprise commune à 50/50 entre Vale et BHP Billiton. L’incident a causé la mort de 19 personnes et a eu de graves conséquences sur l’environnement. Le rapport d’une enquête commandée par BHP Billiton a mis en évidence de graves défauts de la digue. Ces défauts étaient d’une nature telle qu’il était probable que la société en ait eu connaissance.
 
En janvier 2019, un autre barrage de résidus de Vale au Brésil s’est effondré, causant un total provisoire de 237 morts. L’enquête sur cet accident n’est pas encore terminée, mais il existe plusieurs similitudes entre les deux incidents. Des défauts ont été identifiés dans la construction, l’entretien et la surveillance des barrages. Vale possède un total de 45 barrages de résidus au Brésil.

Electrobras

Le Conseil d’éthique recommande que Centráis Elétricas Brasileiras SA (Eletrobras) soit exclue des investissements en raison des risques inacceptables auxquels l’entreprise contribuent à travers la violations graves ou systématiques des droits humains.
 
L’évaluation est en grande partie basée sur le rôle d’Eletrobras dans la construction de la centrale électrique de Belo Monte. De nombreux Territoires Indigènes sont gravement touchés par ce projet. Le projet a entraîné une pression accrue sur les Terres Indigènes, la désintégration des structures sociales des peuples autochtones et la détérioration de leurs moyens de subsistance. Le projet a également entraîné le déplacement d’au moins 20 000 personnes, y compris des communautés traditionnelles qui avaient l’habitude d’habiter sur des îles et des berges de rivières aujourd’hui submergées.
 
Le Conseil d’éthique donne également du poids au fait qu’Eletrobras a récemment été impliqué dans d’autres projets hydroélectriques qui ont été critiqués pour des violations des droits humains et que l’entreprise a l’intention de participer à de nouveaux projets hydroélectriques.

En revanche, deux autres sociétés, l’américaine Aecom et Texwinca Holdings (Hong Kong) ont été réintégrées, la première n’étant plus impliquée dans la construction d’armes nucléaires, la seconde ayant liquidé une filiale accusée de violer les droits des travailleurs.

Censé faire fructifier les recettes pétrolières de l’État, le fonds norvégien pesait mercredi près de 10.250 milliards de couronnes (1.011 milliards de dollars – 931 milliards d’euros). Ses décisions d’investissements sont d’autant plus importantes qu’elles sont souvent suivies par d’autres investisseurs.

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