Les femmes dans le MST

La lutte constante contre toutes les formes de discrimination fait partie des principes fondateurs du Mouvement des Travailleurs Ruraux et Sans Terre (MST). C’est à partir de cela que les femmes constituent aujourd’hui 50% de la base du Mouvement, affirme la coordinatrice Etelvina Masioli.

Ce chiffre peut être vérifié dans les marches qui parcourent plusieurs états brésiliens aussi bien que dans les rencontres et les congrès nationaux. Le dernier en date, en janvier 2004, a amené des centaines de femmes dans l’état du Rio Grande do Sul, pour la célébration de la naissance du MST.

« Tout le long de ces 20 dernières années les femmes étaient présentes dans la lutte pour la terre, dans le Mouvement. Mais celui-ci n’est pas isolé et souffre lui aussi les conséquences du modèle culturel machiste. Et, en tant qu’organisation paysanne, elle va, elle-aussi, présenter des traces de machisme. Les femmes ont toujours été importantes et déterminantes pour changer ce contexte », affirme la coordinatrice.

Quand on parle de genre, Etelvina explique que la participation des femmes a augmenté peu à peu. Elles, qui débutèrent dans des fonctions mineures, s’occupent aujourd’hui de quelques secteurs en tant que coordinatrices nationales, ainsi que de la direction de divers autres. Ceci, explique-t-elle, a été conquis au moyen d’innombrables dialogues et débats.

« Nous avons une moyenne de 30% de femmes à la direction nationale. A la coordination nationale, aujourd’hui, 50% sont des femmes. C’est toujours un homme et une femme qui représentent chaque état. Mais nous en avons quelques uns où, en fin de comptes, presque 50% de la direction est composée de femmes. Toutefois, elles sont moins de 30% dans d’autres. Alors, ce n’est pas quelque chose d’homogène. Cela dépend encore du progrès du débat que mène chaque état, qui est très inégal », dit Etelvina.

Selon elle, l’action des femmes est marquante quand d’autres manifestations commencent à surgir de la contribution exclusivement féminine. Le projet CIRANDA INFANTIL, à l’intention des enfants du Mouvement en est le meilleur exemple. Dans la mesure où la présence des femmes est devenue nécessaire pendant les discussions de base, un espace pour leurs enfants est aussi devenu nécessaire. Grâce à cela est né le projet CIRANDA, qui mène à une autre ramification - les rencontres des « Petits sans terre », qui ont lieu dans plusieurs états brésiliens.

CIRANDA INFANTIL est un reflet de la présence des femmes. Car si elles n’étaient pas venues massivement aux débats des secteurs, cet espace n’aurait pas de raison d’être. « CIRANDA est un projet nouveau dans le Mouvement et il naît parce que les femmes viennent à l’organisation et apportent leurs enfants. Les hommes ne font pas ça », explique la coordinatrice.

Débat encore difficile

Selon Etelvina, l’une des choses les plus gratifiantes c’est que la présence des femmes provoque des conflits. Et ces conflits, raconte-t-elle, sont bons parce qu’ils créent des discussions. « Il est vrai que les femmes ont sans doute un tout autre regard sur les choses. Et il est vrai aussi que le mouvement n’augmente qu’avec l’arrivée de nouvelles femmes ».

Elle affirme cependant que c’est une tâche très difficile d’avoir affaire à des modèles culturels dominants, de toucher aux valeurs établies et aux coutumes. Le mot « genre », selon elle, n’est pas encore bien compris. « Quand on parle de genre, on fait immédiatement référence à la femme, pas à la femme et à l’homme. Nous avons tous à perdre avec ces modèles ».

Interrogée sur la grande mission qu’auraient les femmes après ces 20 ans de consolidation du MST, Etelvina affirme que l’un des principaux objectifs est d’éviter que la génération actuelle ait autant de travail sur cette discussion.

« Nous voulons que nos enfants n’aient pas à souffrir des préjugés dont nous avons souffert à cause de la façon dont nous avons été élevées. Nous observons des progrès au niveau de la pise de conscience des hommes et des femmes dans les assentamentos. C’est un processus lent, mais nous avons déjà des signes de succès, et des graines qui poussent pour que les gens voyent ces questions sous un autre angle. Surtout parmi les jeunes, qui ont déjà commencé à essayer d’établir des rapports différents. En ce sens, l’école et le secteur de la santé ont été l’objet de beaucoup de travail sur ces questions ».

Par Rogéria Araújo
Source : Adital - 8 avril 2004
Traduction : Eduardo Rego et G. da Costa pour Autres Brésils

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