Les eaux de la discorde

 | Par Jean-Claude Gerez

En grêve de la faim depuis début novembre, Mgr Luiz Flavio Cappio, tient tête à Lula sur les dangers liés au projet de transposition du fleuve Sao Francisco.

Par Jean-Claude Gerez

Devant la petite chapelle de Sobradinho, surplombant le rio Sao Francisco, plusieurs centaines de personnes forment une longue file d’attente. Les mines sont graves et les conversations à voix basse oscillent entre admiration et colère. À l’intérieur de l’édifice, assis dans la sacristie, Mgr Luiz Flavio Cappio reçoit ses visiteurs du jour, anonymes ou pas, avec une égale gentillesse. Le visage éclairé par un sourire un peu las, il les salue un à un, donne parfois sa bénédiction, mais reçoit surtout des marques d’encouragement et de soutien. « Nous sommes avec vous » ; « votre combat est digne et respectable » ; « grâce à vous nous ferons plier Lula » ; « merci de lutter pour nos vies et celles de nos enfants » ; « vous êtes un saint »... À ceux qui s’inquiètent pour sa santé, l’évêque de Barra, une petite ville située dans l’État de Bahia au nord-est du Brésil, répond : « Si physiquement je me sens affaibli, mon esprit, lui, est fort. » Avant d’ajouter sur un ton très ferme : « Cette fois-ci, je ferai la grève de la faim tant que le projet de transposition du fleuve Sao Francisco ne sera pas abandonné. Et je suis prêt à mourir pour ça. »

Deux ans après un premier jeûne de onze jours (1), Mgr Luiz Flavio Cappio a donc décidé d’observer une nouvelle grève de la faim. Objectif ? « Alarmer encore une fois l’opinion publique sur les dangers liés au projet de transposition du fleuve Sao Francisco », le troisième cours d’eau le plus important du pays, long de 2 600 km et traversant cinq États. Mais aussi appeler le président Lula à respecter son engagement d’ouvrir un débat public sur les enjeux et les conséquences de tels travaux. Destiné officiellement à « acheminer l’eau potable à 12 millions de Brésiliens vivant dans la région semi-aride pour faciliter le développement économique de la région » grâce à la construction de deux canaux principaux se subdivisant ensuite en 720 km de canaux et de galeries, ce projet fait l’objet de nombreuses critiques. Outre son coût pharaonique - estimé à près de 8 milliards d’euros –, de nombreuses associations de l’environnement ainsi que des mouvements sociaux, religieux et communautaires assurent en effet que le détournement de 1,4 % des eaux du fleuve aura de graves conséquences économiques, sociales, environnementales et culturelles.

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Témoignage Chrétien


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