Les agrocarburants en Amérique latine

 | Par João Pedro Stédile

João Pedro Stedile est l’un des leaders du Mouvement des sans-terre (MST), au Brésil. Lors de sa récente conférence à Brasilia, où 18 000 activistes se sont réunis, le MST a crié haut et fort les dommages causés par la monoculture de l’agrocarburant. Entretien.

Il me semble que vous avez pris part à la décision de commencer à utiliser le terme « agrocarburant » plutôt que « biocarburant », n’est-ce pas ?

Lors du Forum mondial sur la souveraineté alimentaire, qui s’est récemment tenu au Mali, en Afrique, les autres délégués et nous avons échangé nos idées sur la façon dont le capital a manipulé la terminologie en ajoutant le préfixe « bio », qui signifie vie, aux carburants renouvelables à base de plantes. C’est ridicule, parce que tout ce qui vit est « bio ». Nous pourrions nous appeler bio-Jean Dupont, bio-soja, etc. Les entreprises utilisent le préfixe « bio » afin d’encourager le public à voir leurs produits comme une bonne chose, comme politiquement correct. Ainsi, au niveau international, Vía Campesina a accepté d’utiliser une terminologie plus appropriée. Ces carburants et cette énergie sont produits à partir de cultures agricoles, d’où les termes agrocarburant et agroénergie.

Quel est l’impact de la ruée sur les agrocarburants au Brésil ?

Nous sommes très inquiets. Ce que nous observons, c’est une puissante alliance entre les trois secteurs du capital transnational : les compagnies pétrolières, qui veulent réduire leur dépendance vis-à-vis du pétrole ; les entreprises automobiles, qui veulent continuer à profiter du modèle actuel de transport individuel, et les entreprises agroindustrielles, telles que Bunge, Cargill et Monsanto, qui veulent continuer de monopoliser le marché mondial de l’agriculture. Le capital international veut désormais s’allier aux grands propriétaires terriens du sud, et notamment brésiliens, afin de pouvoir utiliser de grandes superficies de terre pour produire des agrocarburants. Elles ne veulent le faire que pour conserver leurs marges bénéficiaires et leur niveau de vie. Elles ne sont pas, comme nous, le moins du monde préoccupées par l’environnement, le réchauffement climatique ou quoi que ce soit d’autre. Le capital n’a qu’un seul objectif – le profit – et il n’a dorénavant qu’un seul objectif, c’est d’essayer d’utiliser l’agriculture pour produire du carburant pour les véhicules.

[...]


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Source : GRAIN - octobre 2007

GRAIN est une organisation non gouvernementale internationale (ONG) dont le but est de promouvoir la gestion et l’utilisation durables de la biodiversité agricole fondées sur le contrôle exercé par les populations sur les ressources génétiques et les connaissances locales.


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