Le « media-trainning » du Général Mourão

, par Vasconcelo Quadros

Comment le Vice-Président a abandonné les rudesses de langue et de comportement de caserne pour conquérir l’opinion publique et devenir le « Mozão » des journalistes.

Mourão a suivi une formation intensive aux médias avant sa prise de fonction au gouvernement. Les séances avec un lieutenant-colonel ont duré trois semaines.

« Nous sommes allés jusqu’à la limite de l’autorité », commente le responsable de la formation du Vice-Président.

Traduction : Du ALDON pour Autres Brésils
Relecture : Philippe ALDON

un reportage de Vasconcelo Quadros pour Agencia Publica

Lorsqu’il arriva euphorique dans le bureau de son supérieur pour révéler une idée qui lui avait soudainement traversé l’esprit, le lieutenant-colonel Alexandre Lara de Oliveira fut accueilli par un seau d’eau froide : " À quoi bon ton idée ? demanda le supérieur qui ne vit rien d’utile dans cette lumineuse fulgurance pour régler des problèmes de caserne et il ajouta : "Si ton idée ne sert à rien, laisse-tomber".

Oliveira a retenu la leçon. Au cours des 12 dernières années, après avoir quitté São Luiz Gonzaga, à la frontière avec l’Argentine, avec le grade de capitaine de cavalerie de l’Armée de terre, l’actuel attaché de presse du Président Jair Bolsonaro s’est plongé dans les études pour ajouter à son expérience militaire une formation en journalisme, publicité et marketing, avec une spécialisation en gestion de crise.

Comme on peut le constater, ce sont des outils essentiels dans un gouvernement qui vient à peine de commencer et qui souffre déjà de difficultés potentiellement dommageables.

"Chaque gouvernement traverse ou traversera des crises ", dit-il, avec la tranquillité de quelqu’un qui, avant d’accepter l’invitation du général Augusto Heleno, directeur du Cabinet de sécurité institutionnelle (GSI) pour assumer le Secrétariat de communication de la Présidence de la république, était un des responsables du changements de l’image, de la posture et des éléments de langage du surprenant général Antonio Hamilton Mourão, qui a émergé en 2019.

Mourão n’a rien du général écarté du Commandement Sud en 2015 pour avoir incité ses troupes à "réveiller le patriotisme" contre le gouvernement et avoir défendu la destitution de l’ancienne Présidente Dilma Rousseff comme alternative à "élimination de l’incompétence, de la mauvaise gestion et de la corruption". Il n’a rien non plus du général qui, muté à une fonction bureaucratique au Secrétariat des finances de l’Armée de terre, a prêché un nouveau coup d’État militaire pour renverser Michel Temer et a été contraint, comme ultime punition de service, de partir à la retraite.
Peu de gens l’ont remarqué, mais au cours des trois dernières semaines de 2018, un Mourão transformé a discrètement fréquenté le Service de communication de l’armée. A l’aube et au crépuscule, Alexandre Lara de Oliveira, un mélange de journaliste, de marketeur et de militaire, a animé des sessions de 30 minutes de formation aux médias, au cours desquelles le général a été soumis à des questions pointilleuses, où aucun sujet n’était tabou.

Des questions administratives des affaires gouvernementales jusqu’à la politique, le général a été provoqué sur tous les sujets : Lula, le PT, l’avortement, les évangéliques, la droite, la gauche, la corruption au sein du gouvernement, les crises et, en définitif, ce qui deviendra un agenda journalistique obligatoire dans les quatre années qui viennent.

Le général s’est laissé emmener et n’a même pas rechigné devant les questions épineuses, celles où le formateur se fait l’avocat du diable, mettant le général contre le mur. "Nous sommes allés jusqu’à la limite de l’autorité, dit Oliveira.

La formation dispensée à Mourão repose sur la conviction que, indépendamment de l’idéologie, la politique et la presse suivent le même chemin. Le politicien, selon cette conception, doit se concentrer sur les questions d’État, comprendre la logique de l’information, toujours parler ou répondre avec ce qui est le plus important, ou, dans le jargon professionnel, ce qui fera un bon chapeau.

"Le général Mourão est un homme préparé. Il a rapidement absorbé ce qui comptait et a commencé à s’exprimer de manière plus productive au contact de la presse ", explique Oliveira.

Discipliné et appliqué, le général a suivi à la lettre un programme de formation dans lequel l’analyse des thèmes et des scénarios était basée sur trois phases simples : l’introduction, le développement et la conclusion, applicables à la fois dans les entretiens et les conférences. "Il a appris à comprendre ce que les journalistes recherchent, le chapeau, explique Oliveira.

Professeur de communication institutionnelle dans des institutions de l’Etat, telles que le Ministère Public et l’Académie nationale de la police fédérale, sans négliger, bien sûr, le perfectionnement dans les arts militaires, le Lieutenant-colonel dit que Mourão a bien assimilé les objectifs de la formation aux médias.

Une dose de patience par-ci, par-là, et dès les premiers jours du gouvernement, assumant les commandes par intérim, Mourão s’est senti à l’aise pour parler aux journalistes, sans répéter les tirades du type conseils sur les règles fondamentales qu’un homme de 60 ans doit suivre : "Ne néglige jamais les toilettes, ne gaspille jamais une érection ; ne fais jamais confiance à un pet" a-t-il dit dans un échange informel, sur le ton de la plaisanterie, mais bien enregistrée par le journaliste, auteur de son profil dans le magazine Piauí de décembre dernier.

Le Mourão de 2019 se défait déjà de son vocabulaire putschiste, de sa vulgarité de langue et de ses propos offensants, comme lorsqu’il a déclaré dans un événement que " le Brésilien a hérité de la culture du privilège des Ibériques, de l’indolence des Indigènes et de la ruse des Africains ".

Le général s’est adapté avec une rapidité incroyable aux orientations des marketeurs vert-olive. Les politiciens, en général, ont été surpris par la métamorphose. Plutôt que l’homme rustre autoritaire, le Mourão de ce début de gouvernement se révèle un démocrate aux multiples facettes, un homme politique attentionné même avec ses anciens adversaires, au point de se montrer proche des courants progressistes malmenés sans cesse par les partisans du Capitaine (Bolsonaro).

Contrairement à ce que les membres du clan Bolsonaro ont dit, par exemple, Mourão considère graves les menaces contre l’ex député Jean Wyllys ; il a déclaré que c’est à la femme de décider en cas d’avortement, a soutenu une enquête sur les suspicions concernant le sénateur Flavio Bolsonaro et a vu comme une suprême "trahison" ceux qui cherchaient à tisser des accords avec Israël et les États-Unis. Il a reçu une délégation palestinienne et s’est opposé au rapprochement automatique avec tout pays.

Le feu ami

Le "feu ami" n’a pas tardé ; il est parti de tous les côtés : des évangéliques, des fils du Président et des principaux penseurs de droite qui inspirent les « bolsonaristes ». L’artillerie la plus lourde vient du gourou du Président, le philosophe Olavo de Carvalho. "Mourão, tu n’as pas honte de lécher les bottes de ce Jean Wyllys et de ne rien faire pour ma défense ?", dans une de ses vidéos sur internet.

Carvalho a également déclaré que, pendant que les Israéliens aidaient à secourir les victimes de la tragédie de Brumadinho, "Mourão échangeait des baisers avec la délégation palestinienne" leur garantissant que l’Ambassade du Brésil ne serait pas transférée à Jérusalem, comme promis par Bolsonaro.

crédit : Wilson Dias/Agência Brasil
Le vice-président, général Hamilton Mourão, a participé à deux des sessions de media-training organisées par l’attaché de presse du gouvernement, Alexandre Lara de Oliveira.

Le général haussa les épaules et, avec le dédain qui devient de plus en plus commun dans son nouveau style, a demandé aux journalistes qui s’adressaient à lui qui se souciait des opinions de Olavo de Carvalho, rappelant que le gourou n’avait même pas épargné le général Augusto Heleno.

Interrogé sur la façon dont le général réagit en coulisse aux critiques de Carvalho, le conseiller informel, le lieutenant-colonel Oliveira, si puissant qu’il a désigné deux ministres, ceux de l’Education et des Relations extérieures, est allé rechercher une expression de sa terre natale.

"On ne gaspille pas la poudre à canon sur les "chimangos", a-t-il dit, se précipitant pour expliquer que la phrase était la sienne, et non celle du général. C’est une façon de dire que l’adversaire ne vaut pas une dispute. Dans l’histoire des conflits du Rio Grande do Sul entre les anciens caudillos, les chimangos ont toujours été aux côtés des forces militaires au pouvoir contre les maragatos, qui constituaient l’opposition. Au lieu de tirer au fusil ou au pistolet sur les ennemis, ce qui exigeait de la poudre à canon, les maragatos utilisaient l’arme blanche, notamment pour égorger leurs adversaires prisonniers.

Le général Mourão se comporte comme une sorte de maragato. En raison de sa personnalité, mais aussi de son marketing vert-olive, il a assumé un rôle de contrepoint au gouvernement. Toujours au cours du premier semestre de cette année, à une date non encore fixée, il se rendra en Chine, où il participera au sommet des pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).
La Chine, premier partenaire commercial, n’a pas encore oublié les offenses de Bolsonaro, qui, même après son élection, a traité le géant asiatique de prédateur qui, au « lieu d’acheter au Brésil, veut acheter le Brésil ». La principale tâche de Mourão lors de la réunion sera d’apaiser les relations avec la Chine.

D’Etchegoyen à Mourão

Oliveira surmonte les crises depuis le gouvernement de Michel Temer, quand il a travaillé comme conseiller du général Sérgio Etchegoyen au sein du Cabinet de sécurité institutionnelle (GSI). Après les élections, il a commencé à conseiller directement le général Mourão, jusqu’à ce qu’il soit appelé au Secrétariat spécial de communication sociale (Secom) à la mi-janvier, où il assure la liaison entre le Cabinet présidentiel et les journalistes.

Sa tâche consiste maintenant, entre autres requêtes courantes, à aider le gouvernement à approuver le « Déliement des recettes de l’Union » (DRU), dont le manque de flexibilité limite les investissements à 6% du budget, et les réformes de la Sécurité sociale et de la fiscalité. Il doit aussi tenter de montrer à la société que les militaires qui sont arrivés au pouvoir avec Bolsonaro, par analogie avec la métamorphose de Mourão, se sont débarrassés des liens qui ont marqué les générations associées à la dictature.

Le colonel dit que les segments civils qui voient encore les militaires avec un pied dans les années de plomb raisonnent "à travers le rétroviseur" et sont "45 ans en arrière dans le temps". Ceux qui, à la veille des élections, demandaient des solutions radicales, comme l’intervention militaire, font partie, selon lui, des esprits colonisés, des gens désenchantés par la démocratie et en quête de solutions radicales qui ne trouvent plus leur place dans un monde civilisé.

"Le XXIe siècle est le siècle du dialogue. Dans les Forces armées, il n’y a plus d’interventionnisme. Il y a, oui, des légalistes et des constitutionnalistes", assure Oliveira. Même s’il n’en avait pas l’intention, c’est un message aux alliés du gouvernement qui, avides d’une " radicalisation plus dramatique ", font pression ou critiquent les militaires en leur demandant des solutions plus radicales : cela n’a plus lieu d’être, dit-il.

En ce sens, dit le Colonel, Mourão jouera le rôle de facilitateur, exerçant des fonctions étatiques sans faire ombrage au rôle du Président de la République, qui, selon lui, sera le garant de la formulation des politiques publiques. "Le Vice-Président exercera des fonctions d’État, mais il est et sera le second. Il doit loyauté au Président et il agira comme un facilitateur ", a-t-il dit.

Sur le bureau d’Oliveira, au deuxième étage du Palais du Planalto, se trouve le livre « Les 48 lois du pouvoir », de l’Américain Robert Greene, un manuel sur les stratégies de dissimulation et des exercices sur l’art de la politique. Il tient à citer la loi numéro 1 pour illustrer ce qu’il comprend comme étant le rôle du Vice-Président : "Ne pas éclipser l’éclat du maître", ou, dans une interprétation libre, ne pas essayer de briller plus que le soleil.

Plus de militaires en politique

Le nouveau Mourão, inconnu du public jusqu’au début de cette année, n’a pas surpris ses collègues en uniforme qui le connaissaient déjà. "C’est le Mourão que je connais, dit le général Girão, élu député, l’an dernier, par le Parti social libéral (PSL) du Rio Grande do Norte. Girão dit que le vice-président n’exprime que des positions qui étaient déjà connues dans ses rangs. Et il garantit que les militaires profiteront de l’occasion pour renforcer leur participation à la vie politique, cette fois-ci par le vote.

Crédits : Najara Araujo/Câmara dos Deputados
“C’est le Mourão que je connais”, commente le général Girão au sujet des positions du vice-président

"Vous lui posez la question, il répond. Le général Mourão affiche son style. Je suis sûr que le Président Bolsonaro ne se soucie pas de leurs divergences. Il savait qu’il ne s’alliait pas à un personnage décoratif ", dit le sénateur Major Olímpio (PSL-SP), pour lequel les personnes incommodées devront se faire à un Vice-Président qui est à la fois loyal au gouvernement et libre de dire ce qu’il pense. "C’est un homme capable et il a la légitimité du vote. Ce n’est pas une indication politique, dit-il.

La crise déclenchée par le ministre du Secrétariat général de la Présidence de la République, Gustavo Bebianno, a encore renforcé le pouvoir des militaires dans le gouvernement Bolsonaro. Ce sont eux qui ont désigné le huitième ministre militaire occupant le premier rang du gouvernement, le général Floriano Peixoto Vieira Neto, numéro 2 du portefeuille, qui prend désormais définitivement la place de Bebianno. Général trois étoiles, Floriano Peixoto aura sous son commandement un officier militaire de rang supérieur, Maynard Santa Rosa, qui devient numéro 2 au Secrétariat général de la Présidence de la République.

En exonérant Bebianno, le Président montre que le noyau central du gouvernement sera formé par des militaires et par le clan familial, avec ses "trois mousquetaires" (conseiller Carlos, député Eduardo et sénateur Flavio), qui, en fait, avec Jair, sont quatre. Entouré des militaires, Bolsonaro n’avait plus qu’un seul civil au premier rang, le ministre en chef de la Maison civile, Onyx Lorenzoni, coincé entre les généraux et les colonels à chaque étage du Palais du Planalto et à l’extérieur harcelé par la "Lava Jato".

Groupe philosophique

Mourão, Heleno, Carlos Alberto Santos Cruz, du Secrétariat du Gouvernement, Eduardo Villas Boas, commandant de l’Armée jusqu’à la fin du gouvernement Michel Temer, aujourd’hui deuxième du GSI, et Fernando de Azevedo e Silva, ministre de la Défense, font partie du "groupe philosophique" du gouvernement.

Ils sont menés par le Vice-Président, autoproclamé "bouclier et épée" du Président, et distribuent les cartes dans tous les services de l’administration fédérale. Pour compléter l’équipe, Bolsonaro a nommé comme son porte-parole un général en service actif, Otávio Santana do Rêgo Barros, qui utilise dans le briefing aux journalistes les formalités et le visage fermé des casernes, presque le même style grave que Bolsonaro utilise dans les vidéos qu’il balance sur internet.

Crédits : Marcelo Camargo/Agência Brasil
Jair Bolsonaro et le vice-présidente Hamilton Mourão pendant la cérémonie d’investiture

Le militarisme est devenu une force capillaire de forte influence dans tout le pays, occupant tous les postes de confiance de deuxième et de troisième rang dans les états de la fédération, soit environ sept mille postes au total. Sa mainmise ne se limite pas aux grands ministères, comme ceux des Mines et de l’Énergie, de l’Infrastructure et des Sciences et Technologies, commandés respectivement par l’Amiral Bento Albuquerque, le lieutenant Tarcísio de Freitas et le lieutenant-colonel Marcos Pontes. La stratégie, selon l’orientation de Mourão, est de fermer les portes de la politique traditionnelle et, de Brasília jusqu’en "bout de ligne", de placer des militaires de confiance dans toutes les fonctions.

Dans l’Education, le ministre Ricardo Vélez Rodríguez a nommé le colonel Ayrton Pereira Rippel son directeur de cabinet et d’autres postes dans des instances stratégiques telles que le Secrétariat exécutif, l’Institut National d’Etudes et de Recherches (INEP), le Fonds National de Développement de l’Education (FNDE) et la Coordination de Perfectionnement des Personnels Diplômés (CAPES), ont été pourvus sous l’influence des militaires proches de Vélez qui, à son tour, avant d’accepter le poste de ministre proposé par le Président, pour satisfaire son gourou le "philosophe" Olavo de Carvalho [1] , était professeur émérite à l’Ecole de commandement de l’Etat-Major de l’Armée.

A l’Institut national de colonisation et de réforme agraire (INCRA), sur la recommandation de Santos Cruz, le Président a nommé le général Jesus Corrêa, qui s’est donné comme but de gérer la réforme agraire et des zones rurales dans tout le pays ayant explicitement comme objectif d’exclure le Mouvement des Sans Terres (MST) de toute négociation. Selon la mission confiée par le Palais du Planalto, l’INCRA s’occupera également de la démarcation des terres indigènes, une attribution qui, historiquement, appartenait à la Fondation nationale de l’Indien (FUNAI) et n’a jamais été sous l’égide de l’INCRA. Ce changement videra de ses fonctions le général Franklimberg de Freitas, nommé par la ministre Damares Alves pour reprendre le commandement de la FUNAI, poste qu’il avait déjà occupé sous Temer.

Dans les bras des militaires

Gaudêncio Torquato, journaliste et politologue, estime que les élections de 2018 ont poussé le pouvoir dans les bras des militaires. "C’était une "trouvaille" fantastique. Elles n’ont pas sauté en parachute. Mourão a même reçu la Centrale unique des travailleurs (CUT) et se débrouille très bien, encore mieux que Bolsonaro, qui préfère la compagnie de ses fils," dit Torquato, un spécialiste du militarisme, avec une pointe de provocation. "Mourão et Heleno feront le contrepoids et affronteront les noyaux radicaux du propre gouvernement, comme Ernesto Araújo (ministre des Relations extérieures). Ils se consolident en tant que pouvoir modérateur et bouclier protecteur du gouvernement en cas de crise. Leur simple présence empêchera des suggestions d’alternatives en dehors de la Constitution ", selon Torquato.

Le profil du nouveau ministre du Secrétariat général, Floriano Peixoto (dont le nom n’est qu’un homonyme du "Maréchal de Fer", qui fut le premier Vice-Président et le second Président de la République), ne laisse aucun doute qu’en plus des chars, des bottes de cuir et artilleries, il y a un aspect nouveau chez les militaires. Diplômé de l’Académie militaire des Agulhas Negras (AMAN), Floriano est titulaire d’une maîtrise en sciences militaires et d’un doctorat en politique, stratégie et haute administration effectués aux États-Unis au "Command and General Staff College (CGSC)".

Il est également spécialiste des relations avec les agences gouvernementales et les ONG dans des contextes nationaux et mondiaux et instructeur dans des écoles militaires supérieures. Il a été chef des opérations du premier contingent brésilien en Haïti. Entre 2009 et 2010, il a pris le commandement de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti, la MINUSTAH, par où sont également passés les principaux ministres militaires de Bolsonaro.

L’attaché de presse de la Présidence, le colonel Alexandre Lara de Oliveira, ne juge pas opportun de parler de militarisation du gouvernement fédéral. Selon lui, Bolsonaro et Mourão savent qu’il y a un manque de personnel qualifié pour l’administration publique dans le pays et, fidèles à leurs origines, sont allés chercher des professionnels dans les Forces armées, qui est l’une des rares références dans l’éducation formelle.

"Malheureusement, l’éducation au Brésil ne s’est pas développée de manière capillaire. Aujourd’hui, 45,9 % de la population n’a même pas de diplôme d’études secondaires. En dehors des écoles comme la Fondation Getulio Vargas (FGV) et l’Institut Rio Branco, seules les Forces armées ont investi sans discontinuer dans la formation de leurs cadres techniques et intellectuels ", dit-il. Oliveira se souvient que, alors que les collèges investissent dans la formation de base dans des domaines tels que les technologies de l’information et l’informatique, les Forces armées sont allées plus loin et sont devenues des pionnières en cyberdéfense.

Les militaires sont devenus, signe des temps, une sorte de boussole qui indiquera la direction du « bolsonarisme ». Aujourd’hui, ils sont tant au centre du gouvernement que dans la réserve stratégique d’utilisation restreinte si le projet « bolsonariste », pour une raison quelconque, ne fonctionne pas. Et pour plus qu’ils parlent de démocratie, ils cultivent toujours le goût du secret, comme l’a montré le décret de Mourão - lorsqu’il était Président intérimaire - en modifiant la loi sur l’accès à l’information.

Voir en ligne : Agencia Pública

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