Le Forum social mondial et le Brésil bouleversés par l’assassinat d’une militante

, par Maxime Lerolle

Le Forum Social Mondial se déroule à Salvador de Baia, dans un Brésil dirigé par le néolibéral et autoritaire Michel Temer. Les assassinats d’activistes s’y multiplient. Et le 14 mars, Marielle Franco, militante des droits civiques, a été abattue dans sa voiture.

Le 13 mars s’est ouvert à Salvador de Bahia le Forum Social Mondial (FSM). Face à la politique néolibérale et anti-écologiste du président Michel Temer, celles et ceux qui résistent et proposent un autre monde s’y rassemblent jusqu’au 18 mars. Corinne Morel Darleux, conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes, membre du Parti de Gauche et chroniqueuse sur Reporterre, est sur place. Au téléphone, elle nous raconte la convergence des « mouvements sociaux et altermondialistes dans une ambiance festive ».

Dans un joyeux mélange, divers ateliers – la base du FSM – dessinent des modèles alternatifs. Ici les écovillages et la permaculture, là les Kurdes du Rojava qui discutent gynéologie – l’étude de l’histoire des femmes – l’écologie sociale du philosophe Murray Bookchin et le confédéralisme d’Abdullah Ocälan, leader du Parti des travailleurs du Kurdistan, là-bas des communautés indigènes décrivent leur résistance face aux barrages dans l’Amazonie… Parmi ces derniers, l’atelier de France Libertés autour du peuple Krenak contre le barrage de Fundaõ sur le fleuve Rio Doce, dont la rupture le 5 novembre 2015 avait détruit plusieurs villages.

« Même si le FSM ne prend pas position en son nom, on y retrouve tous les gens du camp progressiste opposés à la présidence de Michel Temer », explique Corinne Morel Darleux. Toutefois, la règle est qu’aucun parti politique ne soit à l’origine d’un atelier. Des personnalités comme Lula ou Dilma Rousseff peuvent animer des débats, mais non les mettre en place, ce qui garantit le caractère autogestionnaire du FSM.

Un événement brutal a pourtant assombri le FSM. Mercredi 14, alors qu’elle quittait une rencontre de promotion des femmes noires, la militante et conseillère municipale de Rio de Janeiro, Marielle Franco, a été abattue en pleine rue. « Elle a clairement été visée dans sa voiture. On peut légitiment penser à un assassinat politique », dit Corinne Morel Darleux. Figure militante « très représentative des participants et participantes au FSM », à la pointe de la lutte pour les droits de l’homme, des femmes, des Noirs et contre les violences policières dans les favelas, elle avait notamment critiqué la décision du président de la République de confier, le 16 février dernier, la sécurité de Rio à l’armée. Son assassinat est « la preuve que cette politique ne fonctionne pas », conclut Corinne Morel Darleux.

Voir en ligne : Reporterre

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