Le Brésil résistera-t-il aux tentatives de coups d’Etat ?

, par Marilza de Melo Foucher

Manifestation de sympathisants de gauche en soutien de la présidente Dilma Rousseff, à Brasilia BETO BARATA / AFP

Je viens juste de rentrer du Brésil, un mois à m’immerger dans la réalité complexe de la politique brésilienne. Un mois de silence, observant et écoutant les réactions de uns et d’autres. Je me suis aperçue que l’écriture d’un article dans le contexte actuel de la politique brésilienne est une tâche ardue dans un pays divisé et traumatisé. Cela exige beaucoup de maîtrise de soi et de comportement démocratique pour écouter, comprendre les contradictions et gérer les conflits. En tant que journaliste cet exercice est utile, mais souvent difficile : savoir ne pas perturber un raisonnement logique, dans la chaleur des tropiques il risque de fondre...

La crise politique et les erreurs de PT

Premièrement, nous ne pouvons pas nier que certains dirigeants du Parti des Travailleurs ont fait des erreurs et ont démontré une faiblesse dans l’exercice du pouvoir. Certains se sont laissé corrompre par leurs relations avec le pouvoir. On ne peut pas nier que certains membres du PT ont trahi la philosophie du parti. Nous pouvons également dire qu’ils ont trahi son idéal politique, le PT étant le parti qui s’est le plus battu pour la démocratie au Brésil et pour l’éthique en politique. Le PT a été le seul parti en Amérique latine qui est né d’une pluralité de tendances politiques de gauche et centre gauche, un exercice unique de respect des règles démocratiques au sein d’un même parti. En sachant que la dégénérescence éthique de la politique brésilienne a traversé le XXe siècle, rien ne justifie l’implication de certains membres du PT qui ont adopté la logique corrompue de la démocratie représentative brésilienne. Ces faits ont déçus une grande partie des membres du PT et de sa base militante. Tant et si bien que beaucoup d’entre eux ont quitté le PT et ont fondé d’autres partis plus radicaux, considérés comme plus à gauche, par exemple les partis d’origine trotskyste tels que le PSTU et PSOL et certains qui ont rejoint les partis de centre-gauche, comme le PSB et enfin « REDE » RESEAU. Cependant, malgré les fautes dans sa conduite politique, nous ne pouvons pas nier que ce parti qui a accédé au pouvoir avec la figure emblématique de Lula a changé le visage du Brésil. Même dans le tourbillon où il se trouve aujourd’hui, le PT demeure important. On peut même dire que cette crise politique peut être bénéfique pour le PT pour se reconstruire à partir de ces erreurs.

N’importe quel brésilien a le droit d’être insatisfait du gouvernement, il est libre d’aller dans la rue pour protester, cependant, il ne peut pas contribuer à la destruction de la nouvelle démocratie. Personne ne peut nier les efforts des gouvernements du PT pour renforcer la primauté du droit au Brésil d’assurer aux Brésiliens de meilleures conditions de vie.

Lire la suite sur : Le blog de Marilza de Melo Foucher (Médiapart)

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