La pomme que vous mangez a peut-être été récoltée grâce à la surexploitation de la main-d’œuvre autochtone

Traducteur pour Autres Brésils : Sylvain Brunel
Re-lecture : Martine Maury

Dans les vergers du sud du Brésil, les populations autochtones sont soumises à de faibles salaires et à des conditions de vie insalubres.

Lorsqu’il a quitté son village de Paranhos, dans le Mato Grosso do Sul, pour travailler dans les vergers de pommiers de Vacaria, dans le Rio Grande do Sul, cet autochtone Guarani, qui a préféré taire son nom et le nom de son village, n’avait aucune idée du parcours du combattant qu’il allait vivre. A plus de 1000 kilomètres de sa terre, il a dû se battre contre le Covid-19 en comptant sur sa propre chance. La maladie a commencé par s’attaquer à ce dont il avait le plus besoin pour remplir les sacs de pommes : sa force. Ainsi, en raison de la faiblesse due au manque d’appétit et aux douleurs corporelles, la période de travail, qui devait durer de janvier à mai, n’a duré que 23 jours. L’accord prévoyait qu’il gagnerait 70 R$ par jour de travail, ce qui, en fin de compte, lui a rapporté 1 610 R$.

Selon son récit, dans le logement proposé par Rasip Agro Pastoril S/A, l’un des plus grands producteurs de pommes du Brésil, il y avait 12 travailleurs par chambre, répartis en six lits superposés. Une situation qui ne permettait pas, en général, une distanciation sociale adéquate. Lorsque les symptômes se sont manifestés, il a été emmené dans une zone d’isolement. "Ils m’ont emmené dans un endroit sale, plein de moustiques, la salle de bain était immonde. Ils ne nous ont même pas donné de masque. Le premier jour, ils m’ont donné des antibiotiques. On ne m’avait même pas encore diagnostiqué de maladie. Puis j’ai perdu la faim et je suis resté cinq jours sans manger", raconte-t-il.

L’autochtone raconte que les soins fournis par les professionnels de la santé étaient également précaires. "Il n’y avait pas de médecin, il n’y avait qu’une infirmière. Elle venait tous les deux ou trois jours pour vérifier qui était là. Ils étaient une vingtaine en isolement et il y avait une ou deux personnes par chambre. Le Guarani relate qu’il a passé environ huit jours en isolement avant d’être testé pour le Covid-19. "J’étais faible, ils m’ont pris par le bras pour m’emmener à la voiture. Ce jour, ils ont emmené 12 personnes faire le test. Il y en avait quatre dans chaque voiture. C’était ce test rapide sur le doigt. Seul mon résultat était négatif". Cependant, le résultat était faussement négatif.

Au moment de quitter le lieu de l’examen, le message de l’entreprise était clair : "Ceux dont le test est négatif, prenez vos affaires et allez travailler". "Comment pouvais-je aller travailler alors que je n’avais pas mangé depuis des jours et que j’étais très faible ? Lorsqu’il a quitté l’isolement, il a été incapable de retourner au verger. "Je suis arrivé au baraquement, et tout ce que j’ai pu faire a été de déplier ma couverture et de m’allonger. Je ne suis pas sorti de la journée. Le jour suivant, je suis allé au bureau pour demander mon compte. Ils devraient nous traiter comme des êtres humains, mais c’est uniquement le profit qui compte pour eux", dit-il.


Migration et travail

La proposition faite aux travailleurs intérimaires pour la saison des récoltes est qu’ils retournent dans les villes où ils vivent avec les bus mis à disposition par les entreprises. Mais le retour n’est garanti qu’aux travailleurs qui restent jusqu’à la fin de la récolte. Dans le cas contraire, ils sont tenus de payer les frais de retour. C’est ce qui est arrivé à la personne autochtone que nous avons interviewé. Il nous raconte que bien que présentant les symptômes du Covid-19, il a dû faire une quinzaine d’heures de route pour retourner sur la terre où il vit. "J’ai pris trois bus et une voiture qui m’ont ramené au village. J’ai payé presque 500 R$. Le voyage n’a pas été facile.”

Roberto Liebgott, coordinateur du Conseil missionnaire indigène (CIMI) dans le sud du Brésil, affirme que le contingent de travailleurs pour la récolte des pommes est pratiquement composé uniquement d’autochtones, issus d’ethnies telles que les Guarani, les Kaiowá, les Terena, les Kaingang et les Xoklengs. "Ces dernières années, la main-d’œuvre a été recrutée dans les communautés autochtones, en particulier celles qui ont une situation de vulnérabilité économique. Sans accès à aucune sorte d’activité productive qui pourrait leur garantir des moyens de subsistance", explique Liebgott. "La récolte de pommes ou d’autres aliments comme le raisin, l’ail et les oignons, deviennent un type de mode de subsistance de la famille pendant une période de l’année. Ils migrent donc en sachant qu’ils seront absents de leur communauté pendant une longue période", conclut-il.

Les villes qui se distinguent dans la production de pommes dans le sud du pays sont : São Joaquim (SC), Vacaria (RS), Bom Jesus (RS), Caxias do Sul (RS), Fraiburgo (SC) et Bom Jardim (SC). Selon le CIMI, au moins 13 000 autochtones migrent chaque année vers ces villes pour y travailler. Nombre d’entre eux trouvent dans les offres des entreprises un moyen de surmonter les vulnérabilités économiques, sociales et sanitaires auxquelles ils sont confrontés sur leur territoire. Une situation que confirme le Guarani : "Pour ceux qui ont peu étudié, il est difficile de gagner de l’argent. Nous devons travailler de nos mains", dit-il.

Dans une note envoyée à O Joio e O Trigo, le ministère public du travail de Rio Grande do Sul a déclaré qu’“il existe dans les dossiers du MPT-RS huit procédures contre Rasip Alimentos dans son ensemble depuis 2007 pour des motifs divers. Quatre d’entre elles ont été déjà closes définitivement. L’une d’entre elles, datant de 2009, a été enterrée après la signature d’un accord de révision de la conduite de l’entreprise, concernant son obligation pour le décompte des heures de travail. Deux d’entre elles sont en attente d’inspections et de rapports, et une, encore active.

Interrogé sur les notes prises par le Guarani, Rasip ne s’est manifesté qu’après la publication de ce reportage. Dans une note, l’entreprise affirme avoir adopté des protocoles pour éviter la propagation du virus, et indique que les travailleurs soupçonnés d’être infectés ont été isolés et que la version selon laquelle aucune assistance médicale n’a été fournie est "invraisemblable".

"L’entreprise a embauché 2 803 travailleurs saisonniers, dont 1 293 d’origine autochtone, pour la récolte de pommes de cette année, sélectionnés sur la base d’un accord avec la SINE et de normes convenues avec le ministère public du travail (MPT). Il est important de souligner que les vergers sont périodiquement inspectés par le MPT, qui vérifie les conditions de travail. Dans un dernier rapport, la conduite de l’entreprise a été saluée pour le soin apporté à l’application des protocoles de prévention de Covid-19.

"Au sujet du travailleur mentionné dans l’article, qui avait un contrat de travail en vigueur entre le 27 janvier et le 18 février, l’entreprise confirme qu’elle a bien fourni tout le soutien nécessaire. Le 8 février, lorsqu’il a présenté des symptômes suspects, il a été ausculté par le médecin de l’entreprise, qui lui a recommandé l’isolement. Pendant cette période, des infirmiers ont surveillé quotidiennement ses signes vitaux et le 15 février, lorsqu’il a manifesté des douleurs thoraciques, le travailleur a été transporté à l’unité de soins urgents (UPA) de Vacaria, où il a été traité et a reçu un certificat pour une infection virale non spécifiée. Il a été maintenu en isolement entre le 8 et le 17 février, recevant une nourriture adéquate et un soutien de l’équipe médicale.

"A la levée de l’isolement, après avoir été testé négatif pour le virus, il a été examiné par l’équipe et, après l’examen physique, a été autorisé à reprendre le travail. Cependant, de son propre chef, il a démissionné le 18 février. L’entreprise a payé tous les montants liés à la résiliation du contrat de travail, avec les droits du travail prévus, ainsi qu’à l’assuré, et a payé le retour du travailleur dans sa ville (trajet de Vacaria/RS à Paranhos/MS, selon les preuves jointes). Par conséquent, il n’y a pas eu de manquement à l’obligation légale de Rasip concernant le transport, la nourriture et l’assistance médicale au travailleur."

Récolte de pommes à Vacaria (RS) en 2021. Crédit : Fundação do Trabalho do Mato Grosso do Sul.

Tentative de régularisation du recrutement

Le procureur du ministère du travail du Mato Grosso do Sul (MPT-MS), Jeferson Pereira, explique que l’industrie de la pomme a commencé à embaucher de la main-d’œuvre autochtone dans l’État au cours de la première décennie des années 2000. À cette époque, l’embauche se faisait de manière informelle et il n’était pas rare de trouver des situations de travail précaires et/ou des situations analogues à de l’esclavage telles que : le travail des enfants, de longues journées de travail, l’embauche par le biais d’indemnités journalières aux montants dérisoires, des travailleurs non déclarés, des logements précaires et un approvisionnement insuffisant en eau et en nourriture.

Pour tenter d’endiguer cette situation, le MPT-MS a mis en place en 2014 une procédure de recrutement promotionnelle, qui est un instrument juridique visant à régulariser les modalités d’embauche de ces travailleurs et à contrôler les conditions qui leur sont offertes pour effectuer la récolte des pommes. "La procédure est une action stratégique pour le suivi de ces situations [auxquelles sont soumis les travailleurs], voire pour la mise en œuvre de politiques publiques visant à améliorer la condition sociale de ces personnes", explique Pereira.

"Quand l’embauche pour la cueillette des pommes se fait, c’est une opportunité pour les travailleurs de pouvoir avoir un revenu supplémentaire et de générer à la fois de la croissance pour eux, que pour les régions elles-mêmes. Bien que l’embauche ne dure que le temps de la récolte, cela aide beaucoup les travailleurs", déclare le procureur. Malgré les progrès réalisés dans le cadre de la procédure, grâce à des réunions constantes entre les dirigeants autochtones, la Funai, la MPT, la Commission d’État pour l’éradication du travail forcé (Coetrae), la Fondation du travail (Funtrab) et les entreprises contractantes, l’embauche clandestine reste courante et toutes ne passent pas par le crible et le contrôle des organismes publics qui visent à garantir la sécurité du travailleur.

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Actuellement, il existe deux types d’embauche de travailleurs autochtones en tant que "saisonniers" : l’embauche directe par le biais d’"intermédiaires" ou de "chasseurs de têtes", qui sont des représentants des entreprises chargées de sélectionner des groupes pour travailler à la cueillette ; ou par le biais de la procédure promotionelle, une option qui garantit que l’État accompagnera le travailleur autochtone depuis son embauche jusqu’à son retour au village.

La coordinatrice de la Commission d’État pour l’éradication du travail forcé, Coetrae, du Mato Grosso do Sul, Rosália Ferreira da Silva, a déclaré à Joio que cette année, environ 4 500 inscriptions de personnes autochtones ont été envoyées par la Funtrab du Mato Grosso do Sul à des entreprises contractantes - finalement 3 600 ont été employés comme travailleurs saisonniers. L’inscription se fait dans les mairies des communes où vivent les personnes autochtones. Ensuite, le Funtrab collecte les données et les transmet aux entreprises pour qu’elles les trient et les embauchent.

Photo : Gabriel Schlickmann

Problèmes de santé

Une autre personne autochtone du Mato Grosso do Sul, qui n’a pas voulu non plus s’identifier pour ne pas nuire aux autres travailleurs ou à lui-même, a raconté à Joio les difficultés des travailleurs saisonniers qui récoltent les pommes dans les vergers de Fischer - une autre grande entreprise du secteur basée à Fraiburgo, Santa Catarina. Il soutient que cette année, pendant le processus d’embauche, avant de quitter sa bourgade, le chef du village leur faisait comprendre que si la MPT se présentait, il fallait mentir, au cas où ils seraient interrogés sur quoi que ce soit concernant les conditions de travail dans l’entreprise.

Selon l’autochtone, le logement fourni par Fischer ne respectait pas la distance sociale nécessaire en raison de la pandémie. "Dans les logements, il y avait au moins trois équipes, avec environ 37 à 40 travailleurs, qui dormaient dans des couchettes qui étaient les unes à côté des autres. Si quelqu’un attrapait le covid-19, il était mis en isolement", dit-il.

Outre le Covid-19, un autre problème soulevé est le contact direct que les travailleurs ont avec les pesticides utilisés sur les pommiers. "Quand le soleil devient chaud, le poison se dessèche et une poudre blanche reste sur les feuilles [des pommiers] et nous finissons par inhaler le poison. Il [le poison] pue et semble coller à notre corps. L’on passe des jours avec cette odeur", dit-elle. Et il explique que l’inhalation du poison a rendu les travailleurs malades. "Les gens avaient de la fièvre, des maux de tête, des vomissements et des diarrhées".

Toutefois, il explique que de nombreux travailleurs ne consultaient pas la clinique externe de l’entreprise et ne se soignaient pas, étant donné que les soins médicaux et les médicaments étaient payants. Cela pouvait générer une dépense de plus de 100 R$. La consultation médicale était de 35 R$ et les médicaments de 60 à 70 R$, montants déduits du salaire. "Les personnes travaillent en étant malades. Ils choisissent de ne pas se rendre à la clinique, afin de ne pas perdre une journée de travail. Et le travail de la journée coûte le montant à payer pour le service", dit le travailleur.

Le MPT de Santa Catarina a informé qu’une enquête civile a été ouverte en 2019 sur Fischer pour travail forcé. Selon l’agence, l’enquête vise à comprendre "comment les travailleurs recrutés sur la terre autochtone Yvy Katu, située à Japorã (MS), ont été amenés dans les plantations de pommes de l’entreprise". L’enquête, qui regroupe diverses situations signalées par les autochtones, est encore sous le secret de l’instruction. Fischer n’a pas répondu aux questions posées par le journaliste jusqu’à la publication de ce texte.

Récolte de pommes Vacaria (RS) 2021. Crédit : Fundação do Trabalho do Mato Grosso do Sul.

Embauche clandestine

José Carlos Pacheco, président du collectif des travailleurs autochtones du Mato Grosso do Sul et coordinateur adjoint de la Commission d’État pour l’éradication du travail forcé dans le Mato Grosso do Sul, explique que les travailleurs qui se rendent clandestinement dans les vergers - en dehors du cadre de la procédure conforme - sont soumis à d’innombrables risques sociaux. Situation vécue par les Guarani.
"Cette année, six à quatre bus clandestins sont partis. Ces travailleurs sont soumis à un travail de journalier, sans contrat signé. Ils résident dans des logements précaires, payant des loyers exorbitants. Ils travaillent, travaillent et travaillent encore, mais quels droits ont-ils ? "Nous voulons que les autochtones travaillent, mais nous voulons qu’ils repartent d’ici avec un contrat signé, accompagné par la TMP. Légalement".

En février 2020, la Commission s’est rendue dans les États du Rio Grande do Sul et de Santa Catarina pour enquêter sur les conditions de travail des autochtones du Mato Grosso do Sul dans les exploitations pomicoles. Le point critique soulevé par l’équipe était justement l’embauche clandestine. Selon le rapport de la délégation, auquel les journalistes de Joio ont eu accès, en cherchant des informations à Vacaria (RS), l’équipe a trouvé au moins 300 personnes autochtones travaillant comme journaliers dans des conditions précaires à la périphérie de la ville, notamment dans les quartiers de Vila Barcelos, Chácara das Palmeiras et Jardim dos Pampas.

Selon Coetrae, il existe un fort processus de précarisation de la main-d’œuvre dans la région, qui est reconnue comme la deuxième ville qui produit le plus de pommes au Brésil, juste derrière São Joaquim (SC), honorée par Jair Bolsonaro en 2019 comme la "capitale nationale de la pomme". La commission affirme que les travailleurs ne sont pas respectés et ne bénéficient d’aucune garantie en matière de logement, de nourriture et de droits du travail. Le groupe souligne également la nécessité de dénoncer le "fort processus d’exploitation des travailleurs" à Vacaria, car ce qui a été observé "est que la précarité sera un problème récurrent".

L’équipe a rencontré des travailleurs vivant dans des maisons louées par des hommes - appelés sous-traitants ou chats -, à qui chaque travailleur devait payer un certain montant mensuel, non précisé dans le rapport. Les travailleurs saisonniers restaient dans la maison en attendant la demande des plantations, dans l’attente d’être appelés. Dans certaines de ces maisons, des caméras avaient été installées par les entrepreneurs pour surveiller les personnes autochtones pendant qu’elles négociaient avec les propriétaires des vergers le nombre de travailleurs journaliers, les jours de travail dans chaque verger et la valeur de chaque "bac" (une boîte contenant 300 kilos de pommes).

Selon les rapports des travailleurs, ils reçoivent 25 R$ pour chaque bac récolté. De la somme qu’ils gagnent, les entrepreneurs déduisent la nourriture, le logement, les vêtements et le gaz, ne laissant pratiquement rien du salaire. "On ne peut rien rapporter à notre famille", ont fait valoir les personnes autochtones à l’équipe de Coetrae.

Selon la Commission, de tels cas se sont produits dans de petites exploitations qui vendent leurs fruits à de grandes entreprises. "La situation doit être étudiée et identifiée afin que, dans la chaîne de production, nous puissions découvrir qui tire effectivement avantage de cette pratique et que nous puissions en identifier la responsabilité", conclut le rapport.

Photo : Gabriel Schlickmann

Les travailleurs assistés

Selon le sous-secrétariat de l’inspection du travail du gouvernement fédéral, entre 2019 et 2020, les inspecteurs du travail ont dressé 242 procès-verbaux fiscaux dans des exploitations pomicoles dans tout le pays. Parmi celles-ci, 13 étaient des actions de lutte contre le travail forcé dans l’activité économique, et dans six actions le travail forcé a été constaté. Au total, 233 travailleurs ont été aidés. Il convient de préciser qu’aucun de ces sauvetages n’a eu lieu pendant la pandémie.

Face à de telles situations, Pacheco voit d’un bon œil les avancées obtenues par la procédure promotionnelle. La " promo " offre une sécurité, qui n’existait pas auparavant. Dans le passé, le travailleur autochtone quittait sa terre et personne ne savait dans quelle ville il se trouvait, dans quelle entreprise il travaillait. Aujourd’hui, le travailleur autochtone s’inscrit au CIAT [Centre intégré d’assistance aux travailleurs] avant de partir pour la récolte des pommes. De cette façon, nous savons où le travailleur est allé, quel jour et à quelle heure il est parti et où il travaille. Maintenant, il a cette sécurité", déclare-t-il.

À Joio, la Funai a indiqué qu’elle contrôle la situation des peuples autochtones dans le Rio Grande do Sul et à Santa Catarina par le biais des unités décentralisées de l’agence dans la région sud. Dans une note, la fondation explique que "les plaintes concernant les conditions de travail, ainsi que le non-respect de la législation régissant le travail, sont transmises directement par les autochtones aux organes compétents, tels que le tribunal du travail et le ministère public du travail, qui sont capables de traiter la question.

Conformément aux données publiées dans le Boletim Hortigranjeiro (Bulletin Horticulteur), produit par la Compagnie nationale d’approvisionnement (Conab) et publié en juillet de cette année, chaque hectare planté de pommes génère au moins 58 000 emplois dans l’activité. Le bulletin révèle également que, si l’on prend en compte l’ensemble de la filière de la pomme, on estime que plus de 150 000 emplois sont générés, y compris les emplois temporaires. Et ce sont ces travailleurs qui collaborent à la production de plus d’un million de tonnes de pommes, récoltées chaque année au Brésil, selon l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE).

Selon le président de l’Association brésilienne des producteurs de pommes (ABPM), Moisés Albuquerque, environ 20% de la récolte est destinée à l’industrie pour la production de jus, de produits déshydratés, de confitures, entre autres aliments ; entre 70% et 75% est commercialisée sous sa forme naturelle sur le marché intérieur ; et 5% à 10% de la production est exportée vers l’Inde, la Russie, le Bangladesh, l’Union européenne, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. "Cette année, par exemple, nous avons récolté 1,27 million de tonnes et nos exportations devraient clôturer autour de 100 000 tonnes", a déclaré M. Albuquerque.


Leandro Barbosa e Gabriel Schlickmann, envoyés spéciaux pour le “Joio”

Voir en ligne : A maçã que você come pode ter sido colhida com superexploração de trabalho indígena

Photo de couverture © Gabriel Schlickmann

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