La fragilité de la démocratie au Brésil : Manifeste contre la violence et la répression policière

, par Por que Cantamos ?

L’idée du collectif Pourquoi chanter ? est de dénoncer sur la scène internationale la violence institutionnalisée contre des manifestants au Brésil, discuter la criminalisation des mouvements sociaux, tout en se solidarisant avec leurs luttes. Le groupe est né de l’inquiétude de chercheurs et étudiants, résidant en France, face à la violence policière contre la population manifestante. La première action du groupe, résultat de plusieurs réunions, a été la production collective de ce manifeste.

La fragilité de la démocratie au Brésil : Manifeste contre la violence et la répression policière

La violence avec laquelle la police répond aux manifestations qui se déroulent au Brésil depuis juin dernier montre clairement les limites de la démocratie dans ce pays, ainsi que les restrictions à la liberté de revendiquer ses droits. Avec l’argument réitéré de maintenir l’ordre public, la logique guerrière de la répression considère tout manifestant comme un ennemi et criminalise le mouvement social. Les gouvernements des États qui commandent la police, toujours liés à des intérêts économiques, produisent des chocs d’intérêts et engendrent une vraie crise de légitimité qui s’achève par l’imposition de la force.

Figurant au sixième rang parmi les grandes puissances économiques mondiales, les manifestations révèlent une autre facette de la société brésilienne. La pluralité des voix dans les rues impose le désir de reconnaissance d’une réalité autre que celle du « pays de la Coupe du Monde et des Jeux Olympiques. »
La vague de violence qui s’est emparée du pays depuis le début des manifestations contraste avec les interprétations réductionnistes véhiculées par les médias. Pendant longtemps, les irruptions de la police au domicile des habitants des favelas, accompagnées d’emprisonnements et de morts restent inaperçues, masquées par le récit de la répression au trafic de drogue. La dénégation de cette culture de violence institutionnalisée - après la répression policière envers les manifestations où des travailleurs sont blessés systématiquement, ainsi que des étudiants et, plus récemment, des enseignants - devient insoutenable.

On ne peut accepter l’abus d’autorité des forces de police dans le pays, ni cautionner une telle répression venant de l’État, compte tenu des tristes souvenirs d’une période pas si lointaine.

Ainsi, nous venons exprimer notre total soutien aux évènements qui ont lieu dans les rues de toutes les régions du Brésil. Nous soutenons également les enseignants et leur cause, non seulement parce qu’ils représentent une catégorie de travailleurs qui exercent leurs droits, mais aussi parce qu’ils symbolisent le contexte plus large d’un pays qui cherche à construire une démocratie de fait et une société plus égalitaire et digne.

Nous souhaitons attirer l’attention des organisations internationales de droits de l’homme et de la communauté internationale pour la lutte contre la violence et l’inégalité, à l’ombre de l’image de « pays du football ». De même, nous venons dénoncer, bien au-delà les frontières de notre pays, la violence historique des appareils de sécurité contre les populations pauvres et minoritaires, avec des pratiques d’extermination dans les zones rurales et urbaines.

Pour ces raisons-là, nous rejetons la façon dont les différents niveaux de gouvernement au Brésil ont approuvé les actions de répression policière face aux manifestants. Nous soutenons le débat sur la PEC (Projet d’Amendement Constitutionnel) 51, prévoyant la démilitarisation des forces de police au Brésil, tout en soulignant le grand retard pris par le pays dans ce domaine, comme l’a déjà souligné l’Organisation des Nations Unies. Nous nous engageons à mener des actions pour appuyer ce débat, de le mettre à l’ordre du jour dans les milieux (universitaires et ailleurs) de travail, d’étude et de recherche en France.

Collectif de chercheurs et étudiants brésiliens en France – Paris 2013
Coletivo Por que Cantamos ?
Pesquisadores(as) e estudantes brasileiros(as) reunidos(as) na França
coletivoporquecantamos[a]gmail.com

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