La conjoncture politique des 6 premiers mois du gouvernement de Dilma Rousseff

, par Márcio Cândido

Dilma Roussef, ex-guerillera dans les années 70 qui a combattu la dictature, a été élue présidente du Brésil en 2010, et a commencé à gouverner en janvier 2011.

En plus d’être la première femme à occuper ce poste, Dilma Rousseff souffre la pression de l’obligation de poursuivre l’œuvre de son prédécesseur, Luiz Inácio Lula da Silva qui, en 8 ans, a hissé le Brésil à des niveaux socio-économiques jamais atteints auparavant.
En plus de poursuivre le Programme d’accélération de la croissance (PAC), qu’elle avait dirigé en tant que premier ministre du gouvernement Lula, l’un de ses principaux objectifs est l’éradication de la misère au Brésil. Un projet ambitieux, mais réalisable, qui cherche à faire sortir de la pauvreté près de 16 millions de personnes. Mais elle ne peut pas compter sur des forces alliées suffisantes au Congrès national pour lui garantir intégralement l’adoption des politiques publiques nécessaires. Dans ses alliances politiques cohabitent des partis de gauche, minoritaires, et des partis centristes, le plus important d’entre eux étant le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), qui présente un profil historiquement clientéliste.

Parallèlement au plan d’éradication de la misère, Dilma a amplifié le programme Bourse Famille et lancé un programme de grande envergure visant à stimuler l’agriculture familiale : les familles, en plus de recevoir assistance technique et financement pour la production, bénéficieront d’aides pour la préservation de l’environnement.

L’opposition politique objective et organisée n’existant pas, le gouvernement de Dilma doit faire face, comme son prédécesseur, aux assauts des grands médias brésiliens, traités de « putschistes » par certains secteurs de gauche.

Dilma a également dû gérer les accusations d’enrichissement illicite faites contre l’un de ses principaux collaborateurs, l’ex-premier ministre Antônio Palocci, membre du Parti des travailleurs (PT). Palocci a quitté le gouvernement pour stopper la crise qui s’installait et a été remplacé par la sénatrice Gleisi hoffman, également du PT. Ayant des difficultés avec ses alliés politiques, Dilma a également été obligée d’opérer des changements au Ministère des relations institutionnelles, en appelant une autre femme, également sénatrice pour le PT, Ideli Salvatti. Une nouvelle accusation de corruption menée par la presse l’a ensuite obligée à se séparer du ministre des transports et de la direction du Département national des infrastructures terrestres (DNIT), tous liés à l’un des partis alliés, le Parti de la République (PR).

Face à toutes ces difficultés de début de mandat, Dilma Rousseff, même sans le charisme et l’expérience politique de Lula, a maintenu le cap avec fermeté et, avec seulement 80 jours de gouvernement, elle atteignait 73% d’approbation populaire selon des sondages menés par des instituts souvent hostiles au gouvernement.

Enfin, poursuivant de grands travaux d’infrastructures ainsi que dans le secteur énergétique, Dilma a réussi à combattre l’inflation qui, lors du premier mois de son gouvernement, suscitait des inquiétudes tant dans les milieux économiques que sociaux.

Par Márcio Cândido, dirigeant local du Parti des travailleurs (PT), Juiz de Fora, 18 de Julho de 2011

Traduction : Autres Brésils

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