La Tropicalia de la périphérie

, par Tatiana Merlino

C’est un soir de match de l’équipe du Brésil. Il est près de 20h dans le bar Zé Batidão situé dans le quartier de Piraporinha, dans le sud de São Paulo. Il fait froid. Petit à petit, les tables en plastique rouge posées çà et là dans la salle sont occupées par des dizaines de personnes. Ils sont ouvriers métallurgistes, des chauffeurs de taxis, motoboys, secrétaires, professeurs, gardiens d’immeubles, placeurs de voitures, plombiers, et vivent dans les environs du bar et d’autres quartiers de la ville. L’objectif de la rencontre de ces personnes est la littérature. Depuis six ans, ce bar accueille religieusement tous les mercredis de 21 à 23 heures, la Soirée artistique de la Coopérative Culturelle de la Périphérie, la Cooperifa.

Source : Caros Amigos - 10/2009

Traduction : Roger Guilloux et Geni Favre pour Autres Brésils


Entre les tables, autour desquelles se serrent jeunes, vieux et enfants, les serveurs font de l’équilibrisme avec les plats d’escondidinho de carne seca, spécialité de la maison. Avant le début de la soirée, la musique bat son plein. A 21 heures pile, le poète Sérgio Vaz, créateur de ce projet qui réunit les artistes de la périphérie, demande le silence. Une fois les présentations faites, tous se mettent à chanter en chœur : “Povo lindo, povo inteligente... Uhh, Coperifa, uhh, coperifa !” .
Dona Edith, une dame noire aux cheveux blancs, est la première à déclamer ses vers. Elle est assistée par une femme plus jeune - nous avons découvert plus tard que dona Edith est aveugle. Au cours de la soirée artistique du 9 septembre, 50 personnes se sont présentées en public. Certaines plus timides, d’autres plus osées. "C’est la première fois qu’il (qu’elle) se présente" sont annoncés certains sous les applaudissements du public.

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