La PerifaCon montre le pouvoir imaginaire des périphéries – comme projet de bandes dessinées ‘Narrativas Periféricas’

Du vendredi 26 au dimanche 28 mars 2021, le festival Brotando nas Redes a débattu de l’avenir de la PerifaCon et de la culture geek et pop dans les périphéries brésiliennes. Le festival cherche à promouvoir des relations de “mentors” pour encourager les futurs artistes (écrire et dessins) de bandes dessinées.

Traduction de Luc Duffles Aldon pour Autres Brésils
Relecture de Du Duffles

Deux ans après ses débuts, PerifaCon (en 2019 – le festival a réuni 7 000 participant.es à la Fábrica de Cultura do Capão Redondo dans la zone sud de São Paulo) le Comic Con des favelas, s’est réuni en ligne sur le site web de PerifaCon.
Le festival commence par le panel "les Nerds de la favela" réunissant les créateurs du Festival, Andreza Delgado, Gabrielly Oliveira, Igor Nogueira et Luíze Tavares, avec la médiation de la réalisatrice et actrice bahianaise Vaneza Oliveira, qui a joué le rôle de Joana dans la série brésilienne Netflix 3% [1]. Fans de bandes dessinées, de dessins animés et de films, elles et ils évoquent les défis que représente la réalisation du festival en période de pandémie et parlent de la présence de la culture geek et pop dans les favelas et les périphéries.

Les organisateurs de PerifaCon, de gauche à droite : Gabrielly Oliveira, Igor Nogueira, Luíze Tavares et Andreza Delgado. | Photo : Communication

PerifaCon est né de l’idée de démocratiser l’accès à la culture, en promouvant la production culturelle des favelas et périphéries. L’événement est inspiré du CCXP (Comic Con Experience), le plus grand rassemblement du genre au monde, et se déroule gratuitement pour les amoureux de l’univers geek et valorise la diversité des artistes. En 2020, l’événement a dû être annulé quelques jours avant en raison de l’arrivée de la pandémie.

L’entrepreneure et cocréatrice de PerifaCon, Luíze Tavares, explique à Ponte que la décision d’inscrire le festival Brotando nas Redes à la loi Aldir Blanc [2], pour soutenir la culture pendant la pandémie, est née de la nécessité de réfléchir à l’avenir de PerifaCon et de la culture pop en cette période. "Nous avons également essayé de penser à une programmation plus spécialisée pour les artistes, les illustrateurs, les bédéistes. C’est notre Cycle Narrativas Periféricas, du nom du projet mené avec l’éditeur Mino, qui a lancé six nouveaux bédéistes noirs", dit-il.
Sur les réseaux, un concours dédié à la communauté noire est ouvert au vote populaire pendant les trois jours du festival, et le dimanche soir, le grand gagnant qui remportera 1 000 R$ sera annoncé.

Luíze parle de ses attentes pour l’avenir de PerifaCon.

"J’espère que nous pourrons établir des partenariats avec d’autres géants du divertissement, que nous pourrons continuer à donner plus d’opportunités aux artistes de la périphérie, et surtout de la visibilité au travail réalisé par les gens de la périphérie, tant pour l’artiste que pour le public qui consomme des séries, des films, des bandes dessinées, qui sont aussi dans les périphéries", conclut-elle.

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L’idée de la série Narrativas Periféricas (2020 par Editora Mino) est née en 2019 à Perifacon. Pendant 8 mois, les histoires sont nées sous la coordination de Janaína de Luna, rédactrice en cheffe de la maison d’édition Mino, l’un des principaux éditeurs de bandes dessinées du pays. La série est composée de Thomas - La Vie en Rose, d’Arthur Pigs, 19 ans, qui vit à Jardim Eliza Maria, dans la zone Nord ; Pomo, d’Eryk Souza, 29 ans, qui vit à Cidade Tiradentes, dans la zone Est ; Crianças Selvagens, de Gabú Brito, 27 ans, qui vit à Jardim Noemia, dans la zone Est ; Shin, d’Isaac Santos, 33 ans, résident de Cohab Brasilândia, dans la zone Nord ; Quando a Música Acabar, d’Isaque Sagara, 30 ans, résident de São Miguel Paulista, dans la zone Est, et Para Todos os Tipos de Vermes, de Kione Ayo, originaire de Salvador, mais résidente de São Paulo jusqu’à ce qu’elle obtienne son diplôme de l’Université de São Paulo.

Photo : Editora Mino

Eryk Souza, auteur de Pomo, raconte son inspiration : "Ma bande dessinée est de la science-fiction et parle un peu de sujets liés à ma vie, même si c’est de manière fleurie, c’est comme un autoportrait des expériences et impressions que j’ai eues sur ma sexualité et la relation avec ma famille".

C’est aussi le cas de Gabú Brito, auteur des Enfants sauvages. "L’histoire est une collection d’expériences que j’ai vécues au théâtre, d’opinions que j’ai sur le contexte urbain, la famille, la sensibilité et ce que je considère comme de la poésie. J’ai essayé de mettre beaucoup de symboles et de métaphores dans l’histoire, même si elle est assez simple, elle me rappelle beaucoup de choses. La façon dont les personnages parlent est celle des enfants d’ici, l’argot et les gros mots".

Auteur de Quando a Música Acabar, Isaque Sagara souligne qu’il a réalisé sa bande dessinée pour voir l’endroit où il a grandi représenté dans une bande dessinée. "Je n’ai jamais vu dans les histoires que j’ai lues un quartier qui ressemblait au mien, la rue. C’est mauvais de vivre dans un endroit où on a l’impression que ça n’existe pas, qu’on ne le verra jamais nulle part. C’est une histoire qui parle de drogues, de maladies sexuellement transmissibles et de drames. Je voulais raconter quelque chose de réel, de gens que je connaissais."

"En tant qu’artiste, je me voyais isolé de la société parce que je venais de la périphérie et que peu de gens pensaient à faire quelque chose avec l’art. Cette BD est destinée à montrer que nous sommes capables, que nous avons une voix. Nous ne sommes pas des chiffres, nous ne sommes pas des stéréotypes. Nous sommes pluriels, chacun est un univers", ajoute Issac Santos, auteur de Shin.

Voir en ligne : Brotando nas Redes : PerifaCon lança festival online e gratuito de cultura pop

[1La série 3% est la Première série intégralement brésilienne sur le service de SVoD Netflix (tournage, production et acteurs). Dans les Inrocks, on considère que “3%” est l’une des séries qui a le mieux compris la société actuelle brésilienne

[2Ntd Du nom du Poète Aldir Blanc, considéré comme le plus célèbre parolier de la musique populaire brésilienne et voix emblématique de l’opposition à la dictature ; La loi Aldir Blanc du 29 juin 2020 a pour objectif central l’aide d’urgence aux artistes, aux collectifs et aux entreprises du secteur culturel traversant des difficultés financières pendant la pandémie. Son article 2 comporte trois éléments fondamentaux : le premier est le revenu d’urgence de 600 R$ aux travailleurs culturels ; le second une subvention pour les espaces culturels, et le troisième pour les avis publics, les lignes de crédit et l’acquisition de biens et services. Aldir Blanc est décédé du Covid le 4 mai 2020, après ce que l’on peut décrire comme le résultat de l’autoritarisme et d’une politique de déni caractérisant la gestion Bolsonaro et des militaires face à la pandémie.

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